Angela Merkel défend une confiance « restaurée » avec la Grèce

Alexis Tsipras (centre), avec Angela Merkel et François Hollande. [European Council]

La chancelière allemande a affirmé que la confiance avait été restaurée avec le gouvernement grec, qui a capitulé face à ses créanciers. Les critiques sur la ligne dure de l’Allemagne défendue par l’Allemagne reste nombreuses. 

L’Eurogroupe a tenu un sommet marathon de ce week-end, avec des négociations entamée dimanche après-midi et conclues ce matin. À l’issue de ces 19 heures de discussions, la zone euro a accepté de mettre en place un programme de sauvetage à hauteur de 86 milliards d’euros si le premier ministre, Alexis Tsipras, parvenait à imposer des réformes sévères.

En vertu de cet accord, la Grèce devra mettre sur pied un fonds de 50 milliards d’euros d’actifs grecs à privatiser. L’argent ainsi récolté servira à recapitaliser les banques grecques, en manque de liquidités, qui sont fermées depuis le 29 juin. 

« Confiance restaurée »

« Le gouvernement grec s’est montré prêt à mettre les réformes en place. Nous avons donc à nouveau confiance en le gouvernement grec, ce qui n’était pas le cas depuis des mois », a assuré la chancelière, qui attend à présent que le programme soit soumis au vote du parlement grec le mercredi 15 juillet.

Depuis des mois, les tensions sont en effet à leur comble entre Athènes et ses créanciers, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et l’UE. Le gouvernement grec de gauche a accepté d’appliquer certaines réformes prévues par le deuxième programme d’aide du pays, en 2012.

Malgré le référendum, ces dernières semaines ont montré que les Grecs veulent faire partie de la « famille européenne », a estimé Angela Merkel.

>> Lire : La zone euro s’accorde pour éviter le Grexit

La chancelière allemande a affirmé ce matin que l’option du Grexit n’avait jamais été discutée. De nombreux observateurs s’attendaient toutefois à ce que la proposition faite à la Grèce soit inacceptable pour Alexis Tsipras, ce qui aurait forcé le pays à quitter la zone euro. Il a néanmoins été question, à l’initiative de Wolfgang Schäuble, d’une sortie temporaire de l’euro pour la Grèce.

Le troisième programme de renflouement de la Grèce, qui inclut donc le nouveaux fonds de monétarisation des actifs, correspond aux programmes précédents négociés avec d’autres États membres, comme l’Irlande ou l’Espagne, souligne la chancelière.

?>> Lire notre couverture en direct : une solution pour la Grèce ?

Les réformes doivent à présent être validées par la Vouli, le parlement grec. Athènes doit également rembourser environ 7 milliards d’euros de prêts à la BCE et au FMI d’ici lundi (20 juillet).  La réunion de l’Eurogroupe d’aujourd’hui devrait déterminer de la manière dont le pays pourra s’acquitter de ces paiements.

La chancelière écarte les tensions dans la zone euro et les rumeurs d’un divorce franco-allemand, assurant avoir passé de nombreuses heures avec le président français, François Hollande, et le président du Conseil, Donald Tusk. « Nos intérêts sont différents, mais nous nous sommes restés unis », affirme-t-elle.

Divisions entérinées

Pour autant, de nombreux observateurs affirment que les négociations difficiles menées au cours des derniers jours ont ouvert une brèche non-négligeable dans la construction européenne. « L’attitude de Schäuble [durant les négociations] a été indescriptible », a accusé une source grecque, citée par l’AFP.  

Les commentaires des parties de gauche radicale ont également jeté la pierre à l’Allemagne. Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Pierre Laurent, a ainsi estimé que Berlin souhaitait « l’humiliation politique du peuple grec ». 

Prochaines étapes

  • 13 juillet : Réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles. Les ministres parleront des paiements grecs.