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17/01/2017

Athènes en quête d’un nouveau prêt

Euro & Finances

Athènes en quête d’un nouveau prêt

Alexis Tsipras à Athènes.

[Giannis Angelakis/Flickr]

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a appelé mardi les créanciers de son pays « à se mettre d’accord », faute de quoi les remboursements de dette ne pourront plus être effectués très longtemps. 

« Depuis quatre mois [date de l’arrivée au pouvoir du gouvernement Tsipras] nous avons rempli nos obligations vis-à-vis des créanciers en puisant jusqu’au fond de notre économie, on ne peut pas faire cela indéfiniment et nos créanciers le savent », a lancé le ministre sur CNN. « Donc il commence à être temps qu’ils se mettent d’accord » et « fassent le dernier quart du chemin, puisque nous en avons déjà fait les trois autres quarts », a-t-il ajouté.

Contrairement au ministre de l’Intérieur Nikos Voutsis qui avait assuré dimanche qu’il n’y avait plus d’argent pour payer le FMI en juin, M. Varoufakis a continué à laisser planer l’ambiguïté sur la date à laquelle le pays pourrait ne plus faire face à ses obligations. « Je suis optimiste de nature, donc je dirais que nous ferons ce paiement (en juin, ndlr) car nous aurons un accord d’ici là ».

Une question de bon sens

À la question de savoir si le paiement de juin était directement lié à l’accord, M. Varoufakis a répondu évasivement : « Il faut parvenir à un accord […] chacun sait que l’État grec ne peut pas continuer à faire de gros paiements au FMI sans un accord […] c’est une question de bon sens ».

Le ministre assure cependant qu’il reste de l’argent dans les caisses, malgré les « énormes sacrifices faits par le peuple grec.

>> Lire : La Grèce s’engage à accélérer les réformes à l’issue du mini-sommet

Des spécialistes de la dette grecque ont néanmoins indiqué à l’AFP que le mois de juin serait très difficile. Or, un total de près de 1,6 milliards d’euros doit être remboursé par la Grèce au FMI le mois prochain. Si le premier versement prévu, de 300 millions d’euros, est effectué sans heurt le 5 juin, les négociateurs auront une semaine de plus pour parvenir à un accord.

Selon une source au ministère allemand des Finances, les déclarations d’Athènes, jugées « encourageantes », rendent peu probable un défaut sur ce premier paiement.

Possible intervention américaine

En outre, une part importante des 7,2 milliards de prêts au cœur de la négociation en cours entre la Grèce et ses créanciers doit venir du FMI. Le quotidien grec Ta Nea assurait d’ailleurs mardi que le Premier ministre Alexis Tsipras et le secrétaire américain au Trésor Jack Lew avaient évoqué, lors d’un entretien téléphonique vendredi, la possibilité d’une intervention des États-Unis auprès du FMI pour aider à l’avancée des négociations.

Alors que le dossier grec risque de se retrouver à l’agenda de la réunion des ministres des Finances et banquiers centraux du G7, jeudi et vendredi en Allemagne, les négociations techniques ont repris mardi à Bruxelles entre les représentants de la Grèce et ceux des institutions créancières.

« Nous escomptons que ce travail difficile se poursuive dans les jours à venir pour accélérer le processus » de négociations, a indiqué mardi Margaritis Schinas, le porte-parole de la Commission européenne, restant évasif sur les délais dans lesquels les négociations pourraient aboutir.

À l’Europe d’agir

Si la menace d’un défaut de paiement est de plus en plus tangible, le gouvernement grec refuse de revenir sur ses promesses de campagne et d’abandonner son attitude anti-austérité.

« Nous avons fait ce que nous pouvions, il revient aujourd’hui à l’Europe de faire de même », a souligné le Premier ministre grec, qui assure que le pays commence à voir le bout du tunnel.

Sortir de l’UE

Pour certains membres de Syriza, le temps est néanmoins venu de sortir de la zone euro.

« Qui dit qu’une sortie de l’euro et un retour à notre monnaie nationale serait un désastre ? », interrogeait le ministre de l’Énergie, Panagiotis Lafazanis, lors d’une réunion du parti.

Son groupe au sein du parti, la Plateforme de gauche, a rédigé une lettre exhortant le gouvernement à ne pas honorer sa dette vis-à-vis du FMI si les créanciers du pays persistent dans leur « attitude de chantage ».

Cette opinion n’est cependant pas partagée par tous, comme l’illustrent les propos de l’eurodéputé Dimitris Papadimoulis, qui appelle Syriza à accepter des « compromis difficiles » afin d’atteindre un accord et d’éviter une rupture des négociations.

>> Lire aussi : Varoufakis, le ministre des finances star de l’analyse économique

Prochaines étapes

  • 5 juin : prochaine échéance de remboursement de la Grèce au FMI.