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17/01/2017

Athènes, entre calme et inquiétude

Euro & Finances

Athènes, entre calme et inquiétude

Le métro à Athènes. Pas une seule queue devant les distributeurs ou aux guichets des banques. Aucun sentiment de panique. Les Athéniens vaquent à leurs occupations.

[Yorgos Karahalis/Reuters]

Dans les rues d’Athènes, pas de panique, mais l’inquiétude sur l’avenir et les conséquences du blocage de l’économie sont palpables.

Ce 22 juin était un jour « décisif » pour la Grèce. Et c’était un lundi grisâtre sur Athènes. Une morosité qui sans doute correspond bien à l’état d’esprit dominant dans le pays. Mais ce qui frappe avant tout l’observateur arrivant de l’étranger et bercé par le rythme de la « crise grecque », c’est le grand calme qui règne dans la capitale hellénique. Malgré des journalistes étrangers attendant la ruée sur les distributeurs automatiques, ces derniers étaient boudés par les passants. Pas une seule queue devant les distributeurs ou aux guichets des banques. Aucun sentiment de panique. Les Athéniens vaquent à leurs occupations. Les kiosques à journaux qui affichent le unes de la presse comme si le sort du pays ne se jouait pas réellement à quelques milliers de kilomètres d’ici à Bruxelles.

Inquiétudes

Evidemment, cette impression est trompeuse. Le « Bank Run » n’a pas lieu dans la rue, mais sur Internet et il consiste souvent à ordonner des virements sur des comptes étrangers. Les effets du blocage qui paralyse l’économie grecque depuis bientôt cinq mois sont visibles par quiconque s’éloignent des centres touristiques de la ville. Les entreprises fermées sont omniprésentes, sans doute plus qu’en janvier dernier. Et si chacun garde un calme remarquable compte tenu des circonstances, mais sans doute aguerri désormais par des années de récession, on n’en est pas moins inquiet pour un avenir qui reste encore incertain.

Un blocage nocif pour le tourisme

C’est notamment le cas des hôteliers. Alors que la haute saison commence doucement, Giorgos Tsakriris, le président de la chambre des hôteliers de la Grèce, souligne que le blocage a ralenti la croissance des réservations à partir du mois d’avril. Il n’est plus aussi certain que la saison 2015 dépasse la saison record de l’an passé. Il ne cache pas que les risques de Bank Run ou de Grexit inquiètent les touristes étrangers qui craignent de se retrouver piégés. « Beaucoup de touristes ont renoncé à venir en Grèce en se disant : qu’ils règlent leurs problèmes et nous viendront l’année prochaine », affirme-t-il. Pour lui, la priorité pour le secteur – qui pèse pour plus de 18 % du PIB grec et qui a apporté l’essentiel de la croissance en 2014 -, c’est avant tout de mettre fin à l’incertitude. « Ce que je souhaite, c’est que la Grèce cesse de faire la une de la presse internationale », souligne Giorgos Tsakiris.

Lignes politiques se durcissent

Ces cinq mois de blocages n’ont pas créé que des problèmes économiques. Depuis une semaine, l’opposition et les pro-gouvernements ont appelé chacun à deux manifestations sur la place Syntagma au centre d’Athènes. Dimanche 21 juin, c’était les « anti-austérité », tandis que ce lundi 22 juin, c’était les « pro-euros », comme ce sont baptisés les opposants au gouvernement. Cette division n’est pas sans inquiéter non plus. Les lignes se durcissent. Bref, il est temps de sortir de l’impasse. Reste à savoir à quel prix.

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Cet article est initialement paru sur La Tribune.