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04/12/2016

Brexit: quelle ville va profiter de l’aubaine?

Euro & Finances

Brexit: quelle ville va profiter de l’aubaine?

Les banquiers de la City s'apprêtent à déménager.

[IR Stone/Shutterstock]

Par une grande campagne d’affichage à la gare londonienne de St Pancras et à l’aéroport de Heathrow, le conseil général des Hauts-de-Seine, qui abrite La Défense, tente de récupérer les banquiers de la City. Mais la concurrence est rude. Un article de notre partenaire, La Tribune.

Les candidats sont tous sur la ligne de départ, prêts à en découdre. À peine les résultats du référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne proclamés, plusieurs villes européennes se sont mises en ordre bataille. Le but ? Devenir la nouvelle place financière forte européenne au détriment de la City de Londres en attirant les banquiers qui y travaillent. Dans les starting-blocks, les favoris : Francfort, Dublin, Paris. Revue de des détails des points forts et des points faibles de chaque ville.

Paris (La Défense)

Ainsi, la région parisienne, et le département des Hauts-de-Seine, dans lequel se trouve le quartier d’affaires de La Défense, a lancé le 17 octobre 2016 une campagne de promotion afin d’attirer les cadres et entreprises britanniques. Si le choix du nom, « Tired of the Fog ? Try the Frogs » (« Fatigué du brouillard ? Essayez les grenouilles », en Français) pourra laisser perplexe quelques banquiers de la City dans le contexte actuel, la campagne a le mérite de mettre en avant les atouts de la Défense.

  • Points forts

Et cela passe par une série de chiffres. 500 entreprises dont 40% sont étrangères, 3,5 millions de m2 de bureaux et surtout 275 000 m2 disponibles immédiatement, à une valeur locative trois fois moins élevée que celle de Londres. « Aussi regrettable que puisse être la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, nous devons être pragmatiques et faire valoir les forces de notre territoire » : Patrick Devedjian, président du conseil départemental des Hauts-de-Seine assume pleinement sa volonté de surfer sur le Brexit pour booster son quartier d’affaires. Au-delà des infrastructures, l’image de la vie à Paris, sa beauté, son art de vivre, sont forcément susceptible de séduire des éventuels expatriés.

  • Points faibles

Le média économique américain Bloomberg ne va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de lister les potentiels freins à des investisseurs britanniques en France. Pêle-mêle : les 35 heures qui impactent la productivité, les licenciements trop compliqués à effectuer, les taxes trop élevées… Tout y passe. S’il est difficile de mesurer le réel impact des différentes mesures évoquées, cela traduit en tout cas l’image renvoyée par la France en matière de droit du travail.

Une campagne de communication de grande ampleur ne suffira donc pas à convaincre les banquiers de la City. En effet, d’autres villes sont également sur le coup. Et elles ont de solides arguments à faire valoir. Francfort et Dublin seraient les villes les mieux placées selon le média économique américain Bloomberg.

>> Lire : Brexit oblige, les fintech londoniennes songent à traverser la Manche

Francfort

La ville allemande est la quatrième place financière d’Europe de l’Ouest, derrière Londres, Zurich et Luxembourg. Elle fait donc logiquement partie des favoris à la succession. Et ses membres semblent plutôt confiants sur ce point. Hubertus Väth, directeur de Frankfurt Main Finance, a lancé une campagne Twitter et un site destiné à vanter les mérites de la ville seulement deux heures après la proclamation du résultat du référendum. « Nous pensons que nous récupérerons la plus grosse partie des emplois de Londres », confie-t-il à Bloomberg. Il va même jusqu’à avancer une prédiction plutôt ambitieuse : 10 000 emplois pourraient être déplacés de Londres vers Francfort dans les cinq prochaines années.

  • Points forts

La cinquième ville la plus peuplée d’Allemagne pourra compter sur quelques atouts solides dans cette entreprise, outre le fait qu’elle est déjà considérée comme un place financière majeure : elle fait partie de la première puissance européenne au niveau économique, et donc de l’Union européenne. Investir dans un pays de l’UE est une perspective qui séduit de plus en plus les investisseurs américains et asiatiques. Francfort serait donc le choix de la sécurité pour les entreprises et les banquiers de la City.

  • Points faibles

Les seuls points négatifs relevés par Bloomberg sont la taille de la ville, trop petite pour un Londonien, et un côté provincial  « un peu ennuyeux »…

Dublin

  • Points forts

Une ville comme Dublin pourrait donc tirer son épingle du jeu. Classée juste derrière Paris au classement européen, elle a le mérite d’être une capitale, d’avoir l’anglais comme langue officielle et d’être proche de Londres géographiquement parlant. L’agglomération y est plus importante qu’à Francfort, avec 1,8 millions d’habitants, tout en restant plus petite que celle de Londres, pouvant ainsi séduire en se plaçant comme un entre-deux raisonnable. De plus, l’Irlande accueille déjà 500 entreprises financières internationales, employant 35.000 personnes. La fiscalité du pays, qui a séduit des géants de l’internet comme Facebook et Google, est un autre pouvoir d’attraction pour la capitale irlandaise. Enfin, la qualité de vie dublinoise et le montant des loyers pour les logements sont deux autres atouts majeurs.

  • Points faibles

En contrepartie, le centre de Dublin ne propose presque plus de locaux professionnels libres, ce qui fait fatalement monter le niveau des loyers. Autre inconvénient pour une société voulant s’y installer : le manque de main d’œuvres avec les compétences nécessaires pour exercer des postes à haute responsabilité.

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