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03/12/2016

La croissance européenne attendue en petite forme pour 2017

Euro & Finances

La croissance européenne attendue en petite forme pour 2017

Pierre Moscovici durant la présentation des prévisions économiques du 9 novembre.

[Commission européenne]

Face à l’intensification des risques internes et mondiaux, dont le Brexit l’économie européenne sera moins florissante que prévu en 2017.

Le 9 novembre, la Commission européenne table désormais sur des prévisions économiques  peu réjouissantes pour les trois prochaines années.

Quelques heures après l’élection du candidat républicain Donald Trump aux États-Unis, l’exécutif européen prévenait déjà que « l’incertitude et la vulnérabilité étaient très largement répandues ».

>> Lire : Davos voit dans l’instabilité la nouvelle norme mondiale

Le commissaire aux affaires économiques, Pierre Moscovici, a déclaré aux journalistes que « de nombreux citoyens se sentent exclus » de la reprise économique. Voilà pourquoi réduire l’écart entre les gagnants et les perdants de la mondialisation devrait être une priorité.

Pierre Moscovici a fustigé le discours de Donald Trump de ces derniers mois mais a toutefois expliqué que ses critiques visaient le candidat. « Je pense et j’espère que les choses seront différentes [maintenant qu’il est président], c’est souvent comme ça que les choses se passent », a-t-il ajouté.

Il a rappelé qu’il y avait « bien entendu des attentes de ce côté de l’Atlantique » en ce qui concerne les défis mondiaux auxquels l’UE et les États-Unis veulent s’attaquer, tels que l’économie, le commerce, la sécurité et le changement climatique. « J’espère que les États-Unis resteront un partenaire de confiance de l’UE. »

Anti-mondialisation

À l’échelle mondiale, les incertitudes géopolitiques sont généralisées et « la nouvelle tendance anti-mondialisation » donne de l’espace au mouvement protectionniste et aux incertitudes politiques avec dans leur sillage, des risques économiques », écrit Mario Buti, directeur général des affaires économiques et financières de la Commission, dans les prévisions économiques.

Selon lui, la croissance prévue du PIB « pourrait ne pas être suffisante pour éviter que l’impact cyclique de la crise ne devienne permanent. »

La Commission revoit à la baisse ses prévisions de croissance de 0,3 % pour l’année prochaine pour la zone euro et l’UE dans son ensemble. L’exécutif espère ainsi une croissance du PIB dans la zone euro de 1,7 % en 2016, de 1,5 % en 2017 et de 1,7 % en 2018. Les prévisions du printemps prédisaient une croissance de 1,6 % en 2016 et de 1,8 % en 2017.

La croissance du PIB dans l’UE sera de 1,8 % cette année, de 1,6 % en 2017 et de 1,8 % en 2018. Au printemps dernier, la Commission prévoyait 1,8 % en 2016 et 1,9 % en 2017.

Effets du Brexit

Quant aux sources d’instabilité, le document de la Commission souligne l’incertitude ayant émergé du référendum sur le Brexit. Par ailleurs, « Une période prolongée d’incertitude pourrait multiplier cet impact négatif. »

Les effets néfastes immédiats du référendum sur le Brexit ont été moins intenses que prévu au Royaume-Uni. La Commission a revu ses prévisions de croissance à la hausse, avec 1,9 % pour cette année.

Toutefois, la Commission divise carrément ce pourcentage par deux pour l’année prochaine et estime que la croissance du Royaume-Uni ne sera que de 1 %.

« Cela montre quel pourrait être l’impact d’un Brexit face à des entreprises inquiètes qui annulent leurs investissements », a expliqué Pierre Moscovici.

Pour les experts de la Commission, le résultat du référendum pourrait être vu comme « un indicateur des risques politiques accrus dérivant de l’opposition à la mondialisation et aux accords de libre-échange ».

L’exécutif s’inquiète aussi de la situation des banques européennes étant donné leur faible rentabilité.

À l’étranger les risques ont aussi augmenté, notamment à cause des « ajustements désordonnés » de l’économie chinoise et de « l’aggravation de conflits géopolitiques ».

Croissance moins soutenue

Ces prévisions maussades ont pesé sur les prévisions de rendement des économies européennes. La Pologne (3,4 %) et l’Espagne (2,3 %) seront les pays qui connaîtront la croissance économique la plus rapide l’année prochaine.

Toutefois, l’Espagne sera le seul pays de la zone euro ayant un déficit supérieur à la limite des 3 % du PIB en 2017.

L’économie de l’Allemagne, moteur économique de l’UE, risque d’être moins vive que celle de ses voisins, puisque les prévisions prédisent 1,5 % de croissance en 2017.

La reprise en France continuera à un rythme modéré. Son déficit devrait chuter de 3,3 % du PIB en 2016 à 2,9 % en 2017.

L’Italie devrait quant à elle enregistrer une croissance économique en dessous des 1 % jusqu’en 2018. Les dépenses additionnelles engendrées par la crise des réfugiés et par les tremblements de terre contribueront « en 2016 et en 2017 à une dégradation de l’équilibre structurel », a prévenu la Commission.

>> Lire : Italie et Espagne, deux déficits qui ne racontent pas la même histoire

Pierre Moscovici a déclaré que l’institution comprenait « les difficultés économiques et sociales » du pays et prendrait en compte ces circonstances « de manière équitable ».

Prochaines étapes

  • 16 November: European Commission's opinion on draft budgetary plans for 2017.

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