Deutsche Bank sera-t-elle sauvée par les grands groupes allemands?

Siège de la Deutsche Bank. [canadastock/Flickr]

Selon le Handelsblatt, de grands groupes allemands envisageraient, en cas de besoin, de participer à une augmentation de capital de la Deutsche Bank. Une option permettant d’éviter tout recours à l’argent public.  Un article de notre partenaire, La Tribune.

Les grands groupes allemands du Dax-30, l’indice vedette de la Bourse de Francfort, pourraient, en cas de besoin, venir en aide à la Deutsche Bank. Selon les informations du Handelsblatt, le quotidien allemand des affaires, « quelques-uns de ces groupes » auraient examiné la possibilité d’une participation directe à une augmentation de capital de Deutsche Bank. Le journal ne cite aucun groupe en particulier, mais depuis que la banque francfortoise est en difficulté, les milieux patronaux allemands ne cessent d’insister sur la nécessité de sauvegarder l’existence d’une banque d’affaires allemande pour accompagner les exportateurs d’outre-Rhin.

La banque de Francfort pourrait aussi s’appuyer sur son principal actionnaire, la famille royale du Qatar dont les holdings disposent de plus de 11 % des actions de la banque et qui, selon Reuters, seraient prêts à participer à une nouvelle levée de fonds. Ces deux appuis permettraient de contourner les réticences du marché à renflouer la première banque allemande.

>> Lire : La faillite de la Deutsche Bank entrainerait une nouvelle crise mondiale

Mise en Bourse de Deutsche AM ?

Selon Bloomberg, les besoins de capitaux frais de Deutsche Bank devraient s’élever à 5 milliards d’euros si le montant de l’amende encourue aux Etats-Unis sur la responsabilité de la banque dans la crise des Subprimes ne changeait pas. Le Financial Times du vendredi 7 octobre évoquait la possibilité, pour faire face à ces besoins, d’introduire en Bourse la filiale de gestion d’actifs de la banque, Deutsche AM. Mais même dans ce cas, il faudra davantage de fonds : Deutsche AM, qui est une filiale saine, est évaluée au mieux à 2,5 milliards d’euros. La banque ne pourra pas s’en séparer entièrement pour conserver ses revenus, mais pourrait la céder en partie. Il manquera donc alors encore plusieurs milliards d’euros.

Efforts politiques

Parallèlement, le gouvernement fédéral allemand semble consentir des efforts considérables pour éviter une sanction trop élevée pour Deutsche Bank. Reuters annonçait hier que Berlin négociait directement avec Washington sur le sujet et que l’autorité allemande des marchés financiers, la BaFin, avait renoncé à la sanctionner sur une affaire de détournement de fonds russes. La priorité outre-Rhin semble donc être au sauvetage « indirect » de la Deutsche Bank avec l’appui public, mais sans l’argent public. Une démarche qui est politiquement motivée. La vraie question restera cependant la même : ce sauvetage s’accompagnera-t-il d’un changement de modèle économique pour la banque ou restera-t-elle ce qu’elle est ? Dans ce dernier cas, le sauvetage risque de n’être qu’une rustine de plus.