EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

04/12/2016

Dijsselbloem rappelle à la Commission sa mission de gendarme budgétaire

Euro & Finances

Dijsselbloem rappelle à la Commission sa mission de gendarme budgétaire

Le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem et le commissaire aux affaires économiques, Pierre Moscovici.

[Conseil européen]

Pour le président de l’Eurogroupe, la Commission devrait se concentrer en priorité sur l’application des règles budgétaires plutôt que sur les questions de relance budgétaire au niveau de la zone euro.

Devant la commission affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Jeroen Dijsselbloem, qui est aussi le ministre néerlandais des Finances, a souligné que le rôle de l’exécutif était de faire appliquer le pacte de stabilité et de croissance, c’est-à-dire les règles de l’UE contrôlant les dépenses des États membres.

« Il y a un certain contraste entre les recommandations sur la souplesse budgétaire et le maintien des règles sur la trajectoire budgétaire émanant du pacte », a-t-il déclaré. « Ces deux choses sont contraires. La première responsabilité de la Commission est de faire respecter le pacte », a-t-il insisté auprès des eurodéputés.

Le 16 novembre dernier, la Commission européenne a concédé un petit geste budgétaire aux 19 membres de la zone euro. Une proposition survenue dans un contexte d’instabilité politique et de troubles sociaux en Europe.

>> Lire : Bruxelles concède un timide geste budgétaire pour contrer le populisme

« Nous avons besoin et nous avons l’occasion d’agir sur le front budgétaire à ce moment précis, pour rééquilibrer le système politique globale de la zone euro », indiquait la communication de la Commission.

Les ministres des Finances de la zone euro devraient discuter de ce sujet durant leur prochaine rencontre le 5 décembre.

La critique du ministre néerlandais se situe dans le droit fil des commentaires de son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, qui était aussi en désaccord avec l’appel de l’exécutif pour plus de dépense. Selon ce dernier, la décision de la Commission est « politique » et « ne rentre pas dans les cordes de son mandat ».

L’Allemagne est l’un des seuls pays qui pourraient accroitre ses dépenses dans l’économie européenne. Wolfgang Schäuble a toutefois précisé que Berlin avait mené les investissements de la zone euro ces dix dernières années.

Plan Juncker pour réanimer l’UE

Dans le cadre de sa stratégie pour ranimer l’économie européenne, l’exécutif cherche aussi à accroitre les capacités financières du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) et à le prolonger sur la durée.

Le but de la Commission est de mobiliser au moins 500 milliards d’euros d’investissement d’ici à 2020, principalement en utilisant des fonds privés. Les ministres européens des Finances sont censés prendre une décision à ce sujet le 6 décembre.

La Commission considère que les défauts mis au jour par les évaluations indépendantes suite à la première année du plan Juncker ont été traitées dans la proposition de révision présentée en septembre dernier.

La Cour des comptes de l’UE et EY, une entreprise de conseil, ont remis en question la valeur ajoutée du projet et appelé à une meilleure coordination entre les fonds du FEIS et d’autres enveloppes européennes.

>> Lire : Les critiques sur l’efficacité du plan Juncker se multiplient

Le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen, a déclaré dans une interview avec Reuters que le projet attirait l’argent privé en Europe. Il a estimé que le programme sur trois ans et à 315 milliards d’euros pouvait créer quelque 1,2 million d’emplois.

Selon ses estimations, le FEIS a mobilisé environ 154 milliards d’euros d’investissement total et a soutenu environ 380 000 PME.