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04/12/2016

Dombrovskis tempère l’importance du référendum sur l’économie italienne

Euro & Finances

Dombrovskis tempère l’importance du référendum sur l’économie italienne

Valdis Dombrovskis

[EP]

Le vice-président de la Commission estime que quel que soit le résultat du référendum constitutionnel, le projet de budget du pays pourrait enfreindre le pacte de stabilité. Un article de notre partenaire, Milano Finanza.

Le budget italien pourrait ne pas être conforme aux règles européennes, quel que soit le résultat du référendum constitutionnel du 4 décembre.

À l’approche de la réunion de l’Eurogroupe, qui aura lieu le lendemain du vote, Valdis Dombrovskis, commissaire à l’euro et au dialogue social, également chargé de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés de capitaux, tire la sonnette d’alarme.

« Nous sommes en contact constant avec les autorités italiennes sur de nombreux sujets. Indépendamment du référendum, parce que, dans tous les cas, le projet de budget risque d’enfreindre le pacte de stabilité. Et également parce que nous devrons bientôt évaluer le respect des règles sur la dette par l’Italie », a-t-il déclaré.

>> Lire : Passe d’armes entre l’Italie et Bruxelles sur le budget

En outre, a poursuivi le commissaire, l’Italie est également concernée par « des questions liées aux banques », dont un nombre intenable de créances douteuses. « Il s’agit de sujets que nous devrons affronter de toute façon, quel que soit le résultat du référendum », a-t-il souligné.

Les banques italiennes détiennent en effet près d’un tiers des 990 milliards d’euros de créances douteuses de la zone euro, selon des chiffres de la Banque centrale européenne, qui pourrait augmenter temporairement ses achats de dette souveraine italienne si le résultat du référendum constitutionnel de dimanche provoquait une flambée des rendements obligataires. La marge de manœuvre de la BCE sera cependant très limitée si Rome ne sollicite pas un plan d’aide pour l’ensemble du secteur bancaire.

L’Eurogroupe se concentrera sur la proposition de la Commission pour une politique budgétaire exhaustive pour la zone euro. « Des questions ont été formulées sur le cadre légal de cette nouvelle orientation, mais tout s’insère dans le pacte de stabilité », assure-t-il. « Notre action devra également prendre en compte les inquiétudes liées à la durabilité budgétaire. »

Il s’agira donc d’équilibrer les politiques, parce que tous les États ne sont pas dans la même situation. « Les États qui ont une marge budgétaire [comme les Pays-Bas, et l’Allemagne, entre autres] doivent utiliser cette marge, avant tout pour l’investissement », a-t-il conclu.

>> Lire : L’Italie, talon d’Achille de l’Europe

Un référendum qui inquiète

Le 28 novembre, le quotidien britannique Financial Times a publié un article jugeant qu’au moins huit banques italiennes risquaient la faillite en cas de victoire du non. Une inquiétude minimisée par les membres du gouvernement de Matteo Renzi.

« Il est évident que les marchés n’aiment pas l’incertitude [créée par ce référendum, mais] les fondamentaux de l’Italie sont bons », a rappelé Pier Carlo Padoan, ministre des Finances. « Il n’y a rien de nouveau [dans cet article], qui regroupe des exemples connus [de banques en difficulté]. Peut-être parce que [c’était] lundi, ils n’avaient pas grand-chose à dire. »

Même son de cloche du côté du ministre des Transport, Graziano Delrio : « En cas de victoire du ‘non’ au référendum, il y a-t-il un risque pour les banques, comme l’assure le Financial Times ? Absolument pas, pas besoin de dramatiser ».

Le 29 novembre, ce fut néanmoins au tour du Wall Street Journal de se pencher sur le cas du référendum constitutionnel. Une victoire du « non » « serait la victoire ultime pour les politiques anti-establishment pour conclure l’année qui a vu le Brexit et l’élection de Donald Trump, et donnerait un coup de pouce au Mouvement 5 Étoiles », craint le journal.

Pour le quotidien américain, ce scrutin représente « un vote de confiance au gouvernement de Matteo Renzi », et donc une ouverture potentielle pour le mouvement populiste Mouvement 5 Étoiles (M5S). En cas de défaite du « oui », le Premier ministre a en effet prévu de démissionner, et Beppe Grillo, le chef de file du M5S, pense déjà à former un gouvernement. Dans ce scénario, Luigi di Maio, vice-président de la Chambre, pourrait devenir Premier ministre.

Le Wall Street Journal a également rappelé la proposition de Beppe Grillo de faire « un référendum consultatif sur l’adhésion de l’Italie à la zone euro ». Le ministre des Finances a pour sa part comparé les propositions économiques du M5S aux politiques ayant mené à la faillite de l’Argentine.

>> Lire : Italie et Espagne, deux déficits qui ne racontent pas la même histoire

Milano finanza

 

Contexte

Les banques italiennes sont fragilisées par un très grand volume de créances douteuses, qui s’élèverait à quelques 286 milliards d’euros.

Le 4 décembre, les Italiens s’exprimeront sur la proposition de Matteo Renzi de réduire les pouvoirs du Sénat et de transférer au gouvernement central des prérogatives actuellement confiées aux régions. Cette réforme vise à apporter plus de stabilité politique dans un pays qui a connu 60 gouvernements depuis 1946 et à accélérer le processus législatif en réduisant fortement les pouvoirs du Sénat. La Chambre des députés voteraient donc seule la confiance au gouvernement et la majorité des lois dans l’immense majorité des cas.