EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

11/12/2016

La BCE prête à tout en cas de Brexit

Euro & Finances

La BCE prête à tout en cas de Brexit

Mario Draghi a confié aux eurodéputés qu'il est « très compliqué » de prévoir comment le Brexit se répercutera sur les marchés et l'économie de la zone euro. Photo : Patrick Seeger/dpa

Foto: Patrick Seeger/dpa

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a déclaré le 21 juin que la BCE était prête, quelle que soit l’issue du référendum au Royaume-Uni. Il avertit cependant qu’il est indispensable de préserver les liquidités pour éviter la panique des investisseurs.

Malgré la course serrée entre les pro-Brexit et les pro-UE, Mario Draghi a confirmé que la BCE et le FMI avaient tenu « de nombreuses réunions » pendant lesquelles aucune prévision et aucun engagement n’ont toutefois été préparés en vue du référendum.

« Prévoir l’issue de ce référendum n’est pas chose aisée », explique-t-il à la commission du Parlement europérn des affaires économiques et monétaires. Il ajoute néanmoins que la BCE, dont le siège est à Francfort, « s’est préparée à toutes les éventualités ».

En revanche, aucun détail n’a été distillé. Draghi a également prévenu qu’il était difficile d’évaluer si les mesures de la BCE seraient suffisantes pour éviter les turbulences provoquées par un vote Brexit.

« Il n’est pas évident de prévoir toutes les conséquences que le vote britannique aurait sur les marchés et les économies de la zone euro. » détaille-t-il. « Nous surveillons tous les développements financiers, légaux et politiques » pour gérer le risque et s’y préparer a-t-il annoncé aux eurodéputés pour répondre à leurs nombreuses questions.

Mario Draghi a déclaré qu’en cas de Brexit, la priorité serait de stabiliser les marchés et fournir beaucoup de liquidités pour éviter que les investisseurs paniquent. « Nous avons signé des accors de swap avec d’autres banques centrales et des accords de liquidité ont également été mis en place », rassure-t-il.

>> Lire : Juncker estime que le Brexit ne tuera pas l’UE

Le secteur financier se prépare aussi. John Cryan, directeur du plus grand créditeur la Deutsche Bank, a averti le 21 juin que « les jours précédents et suivants le référendum représentaient un test sévère pour les marchés des capitaux.

« Je vous assure cependant que la Deutsch Bank est parfaitement préparée. Je suis convaincu que la BCE sera très attentive au maintien de la stabilité des marchés », a-t-il mentionné à Berlin.

Remise sur pied rapide

Mario Draghi a salué le fait que la reprise est plus vigoureuse depuis le déut de l’année et devrait connaître une remontée, certes modérée, mais stable dans les prochains mois.

Si les investissements reprennent, grâce à aux bénéfices des sociétes et les conditions de financements, il souligne cependant que ‘l’incertitude reste élevée » en raison de la situation économique et géopolitique actuelles, t notamment le référendum britannique.

Alors que l’inflation commencé à reculer, la BCE s’attend à suprasser l’objectif des 2 % dans les trois ans.

L’audience de Mario Draghi a eu lieu pendant le second lancement de micro-crédits pour les ménages et les entreprises pour donner un nouvel élan à la faible croissance économique.

Le discours a été prononcé après que la cour constitutionnelle a approuvé le programme d’achats des obligations de la BCE pour contrer les bouleversements sur le marché. Le programme d’opération monétaire sur titres a été décidé par Mario Draghi au faîte de la crise pour honorer sa promesse de « faire tout ce qui est en son pouvoir » pour sauver l’euro.

>> Lire : La BCE défendra son programme d’opérations monétaires sur titre

Les juges allemands ont déclaré qu’en accord avec la constitution du pays, les opérations monétaires sur titres , inutilisées jusqu’alors, étaient légales.

«La décision de la cour allemande confirme le jugement rendu par la Cour de justice européenne qui avait déclaré que le programme d’opération monétaire sur titre était compatible avec l’UE et relevait de notre mandat », souligne le président de la BCE.

>> Lire : L’Allemagne renvoie la question de la BCE devant la Cour européenne

« La Commission européenne apporte tout son soutien à la BCE pour qu’elle s’acquitte de son mandat, tout en respectant son indépendance », affirme pour sa part l’exécutif européen dans un communiqué.

 

 

 

Contexte

Le Royaume-Uni votera le maintien de son appartenance à l’UE le 23 juin.

 

Le 20 février, le Premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé le référendum, après une réunion de deux heures où il avait détaillé le contenu de l’accord qu’il avait convenu lors du sommet de l’UE à Bruxelles un jour plus tôt.

 

En direct: Le Royaume-Uni quitte l'Union européenne

Le référendum sur le Brexit se tiendra le 23 juin 2016. Les britanniques devront se prononcer  à cette occasion sur le maintien de leur pays au sein de l'Union européenne. Suivez les dernières actualités en direct sur EurActiv

EurActiv.fr

 

Parallèlement la BCE a accepté le 6 septembre de lancer un nouveau programme d’achats des obligations, potentiellement illimité, pour réduire les difficultés des États dans la zone euro à emprunter de l’argent et tirer un trait sur la crise de l’endettement.

 

Le président de la BCE, Mario Draghi, a expliqué que ce nouveau projet, dirigé sur le marché secondaire, réglerait les problèmes de distorsions sur le marché des obligations et les peurs « infondées » des investisseurs quant à la survie de l’euro.

 

Mario Draghi a affirmé que la BCE n’aiderait que les pays ayant signé et mis en application des conditions strictes, vendu des obligations au fond de sauvetage européen et, idéalement, ayant impliqué le FMI dans la mise au point et le contrôle des conditions.