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04/12/2016

Draghi ne compte pas abandonner le rachat de dette

Euro & Finances

Draghi ne compte pas abandonner le rachat de dette

Rentabilité des banques, inflation faible et dépendance de la reprise vis-à-vis des politiques monétaires accommodantes sont les trois risques auxquels est confrontée la zone euro, selon Mario Draghi. Un article de notre partenaire, Milano Finanza.

Le 8 décembre, le conseil d’administration de la Banque centrale européenne (BCE) devra décider de poursuivre, ou non, son programme d’assouplissement quantitatif, soit le rachat d’obligations à hauteur de 80 milliards d’euros par mois jusqu’en mars 2017.

Le programme a pour but de rapprocher l’inflation de son objectif de 2% du PIB européen. À titre de comparaison, elle s’élevait le mois dernier à 0,5%.

Ces derniers temps, l’activité des banques européennes s’est « améliorée », alors que les prêts non productifs et dégradés « ont chuté, bien que modestement », « même s’ils restent élevés dans certains pays », a indiqué Mario Draghi, président de la BCE, lors d’une réunion au siège de l’institution, à Francfort, le 18 novembre.

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Selon lui, « le problème réside aujourd’hui davantage dans la rentabilité des banques que dans la solidité de leurs bilans ».

En ce qui concerne l’état général de la zone euro, Mario Draghi estime que « nous avons toutes les raisons d’être plus confiants dans la force de la reprise aujourd’hui qu’il y a un an, mais nous ne pouvons pas être [trop] optimistes sur les perspectives économiques ».

>> Lire : Les défis du programme de rachat d’obligations de la BCE

« Outre les risques géopolitiques qui existent toujours, trois facteurs poussent à la prudence : la rentabilité des banques européennes, la faiblesse relative des dynamiques inflationnistes et la dépendance de la reprise vis-à-vis de politiques monétaires accommodantes », a-t-il poursuivi.

« Nous avons besoin d’un secteur bancaire solide pour soutenir la reprise économique », a-t-il insisté. « Il y a cependant une leçon à tirer de la décennie passée : pour être suffisamment robuste, le secteur doit être bien régulé. »

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Et le banquier italien d’expliquer qu’« il existe un consensus sur l’une des causes principales de la crise financière mondiale, une déréglementation excessive du secteur financer sur 20 ans ». C’est pourquoi la « re-réglementation du secteur fait partie du programme de reprise », et que « davantage de progrès doivent être réalisés pour corriger les erreurs d’avant la crise ».

Si la tendance actuelle est encourageante pour l’économie de la zone euro, la reprise «  reste largement dépendante d’une série de conditions financières qui dépendent elles-mêmes de la continuation du soutien monétaire », met-il en garde.

La BCE compte donc continuer d’utiliser tous les instruments disponibles pour redresser l’inflation et la rapprocher de son objectif de 2% du PIB.

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