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02/12/2016

François Baroin atténue les craintes qui pèsent sur l’économie française

Euro & Finances

François Baroin atténue les craintes qui pèsent sur l’économie française

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Pour couper court aux inquiétudes, le ministre de l’Économie est revenu sur les engagements français en matière de déficit et a livré un couplet apaisant sur l’Italie et le fonds de secours européen. Des propos qui interviennent au moment où les taux d’emprunt français et allemand varient du simple au double.

Ces derniers jours, la France a eu son lot de mauvaises nouvelles : annonce malheureuse de Standard and Poor’s, remise en cause de son triple A par une étude, croissance revue à la baisse par la Commission européenne, grand écart entre les taux d’intérêt français et allemand… Le gouvernement a donc fort à faire pour rétablir la confiance.

C’est ce à quoi s’est employé François Baroin, ministre de l’Économie, dans une interview aux Echos publiée le 16 novembre. « La clef, c’est de sortir ce doute de la tête des marchés, de faire la preuve de notre capacité à réduire les déficits », a-t-il expliqué. Le budget prévu pour 2012 a été conçu de telle manière que « même à 0,5% de croissance, nous pourrions faire face » en tenant les objectifs de réduction de déficit, veut-il croire.

Pas de nouveau plan de rigueur

Paris s’appuie sur des prévisions pourtant fort différentes de celles annoncées par Bruxelles (1%, contre 0,6% respectivement). Mais « la Commission n’avait pas intégré les annonces du 7 novembre » dans son analyse, signale-t-il. Par conséquent, le pays ne s’acheminerait pas vers un troisième plan de rigueur.

Le ministre a également commenté la situation, très mouvementée, qui sévit en Italie. « Nous attendons des mesures d’économies et de réduction de la dette dans le respect du calendrier proposé. Tout ce qui se passe depuis 15 jours va dans le bon sens », tempère-t-il.

Même tonalité sur le Fonds européen de stabilité financière, dont la force de frappe n’est peut-être pas aussi impressionnante qu’annoncée. « Wolfgang Schaüble [le ministre des Finances allemand] et moi-même avons beaucoup pesé la semaine dernière pour accélérer le calendrier opérationnel du Fonds », explique François Baroin. « Il faut a minima atteindre l’objectif de 1000 milliards fixé dans l’accord du 27 octobre (et) les nouvelles modalités d’intervention seront prêtes avant la première quinzaine de décembre”, prédit-il.

L’Allemagne, de son côté, n’a pas besoin de se livrer à ce genre d’exercice. Elle reste plus que jamais la valeur sûre de l’Europe. Signe de la défiance croissante des marchés, le spread de taux d’intérêt à 10 ans entre la France et son voisin d’Outre-Rhin a atteint 190 points de base le 15 novembre. Le taux de rendement des obligations françaises se situe désormais à 3,68% contre 1,77% pour le Bund allemand. Un niveau record depuis le lancement de la monnaie unique en 1999. Il y a quelques mois, cet écart se situait autour de 40 points de base et il était presque nul avant la crise. 

Malgré l’annonce de nouvelles mesures d’austérité et d’un rebond de la croissance au troisième trimestre, la France peine à rassurer les marchés financiers, qui craignent toujours une contagion des crises grecque et italienne. 

Inquiétudes européennes

Le cas de la France n’est pas isolé. Plusieurs pays européens ont vu hier leur spread avec l’Allemagne se creuser, en raison des craintes d’une entrée en récession.

L’écart de rendement entre le papier autrichien et allemand à dix ans est monté à 168 points de base, et son équivalent néerlandais a atteint un pic depuis avril 2009, à 56 points de base.

Le spread avec l’Italie reste supérieur à 500 points de base, malgré la démission de Silvio Berlusconi.