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24/09/2016

La Grèce compte alourdir les taxes sur le tourisme pour le sortir du gouffre

Euro & Finances

La Grèce compte alourdir les taxes sur le tourisme pour le sortir du gouffre

Exclusif. Le gouvernement grec va davantage taxer le tourisme pour atteindre ses objectifs de réduction du déficit. En cas de succès, Athènes compte négocier le renforcement de la protection sociale avec ses créanciers.

Le gouvernement grec et le Fonds monétaire international (FMI) s’affrontent sur des mesures d’austérité supplémentaires, qui pèseraient 3,6 milliards d’euros, au cas où Athènes n’atteindrait pas son objectif de 3,5 % de surplus budgétaire en 2018.

Le gouvernement Tsipras est prêt à mettre en place un mécanisme de correction automatique en cas de drapage du déficit, mais refuse de faire entrer des mesures spécifiques dans la législation, ce qui serait contraire à la constitution du pays.

Dans ce dossier, la Commission européenne défend Athènes. « Nous n’avons pas besoin d’un paquet précis et détaillé, mais d’un mécanisme qui indique clairement comment prendre ces mesures le cas échéant », a d’ailleurs déclaré le commissaire aux affaires économiques, Pierre Moscovici.

>> Lire : Athènes adopte de nouvelles mesures d’austérité avant l’Eurogroupe

Taxation indirecte

Le gouvernement entend soumettre une deuxième série de mesures fiscales au Parlement., selon les informations d’EurActiv. Une source au sein de l’exécutif indique que ces changements portent notamment sur les activités liées au tourisme, qui devrait de développer davantage. Le tourisme représente 20 % du PIB grec et est considéré comme « l’industrie lourde » du pays.

Ces mesures incluent des augmentations directes de taxes sur les boissons alcoolisées, le tabac, le café, les jeux d’argent et les logements touristiques.

« Pour atteindre, de manière prioritaire ses objectifs fiscaux, le gouvernement adoptera une législation entrainant des économies représentant respectivement 0,75 %, 2,25 % et 3 % du PIB en 2016, 2017 et 2018 », selon un document obtenu par EurActiv.

« Cet été, nous attendons environ 20 millions de touristes […] notre objectif politique est d’augmenter les revenus via les taxes liées au tourisme », a expliqué une source au sein du gouvernement. « Ces taxes nous permettront d’atteindre un excédent budgétaire de 3,5 % en 2018, il ne faudra aucune mesure supplémentaire. »

« Tsunami fiscal »

Selon le document consulté par EurActiv, en cas de dépassement de cet objectif et de sécurisation des objectifs budgétaires, le gouvernement pourrait passer un accord avec ses créanciers pour renforcer la protection sociale.

L’exécutif entend hausser la taxe d’accise sur la bière et les boissons alcoolisées et supprimer une exemption de 50 % appliquée aux alcools des îles du Dodécanèse. Le café, le tabac, les cigarettes et les e-cigarettes devraient aussi être davantage taxés.

L’introduction d’une taxe d’occupation (sur la location des chambres) dans les hôtels de plus de deux étoiles est également au programme, tout comme le remplacement de la taxe de 5 centimes sur les jeux de loterie par une taxe de 35 % sur les revenus nets des jeux.

« Arrêt de mort » de l’économie

Kyriakos Mitsotakis, leader du parti de droite Nouvelle Démocratie, a vivement critiqué les intentions d’Alexis Tsipras, assurant que ces mesures n’étaient pas des réformes, mais signaient « l’arrêt de mort » de l’économie grippée du pays.

Il a accusé le Premier ministre d’être politiquement « immoral » et de saboter l’économie grecque. « Les mesures supplémentaires de 3,6 milliards d’euros exigées par le FMI sont une clause de non-fiabilité du Premier ministre et du gouvernement », s’est-il plaint.

« Il faudra de nouvelles mesures […] la Grèce est discréditée un peu plus tous les jours et se transforme en État failli, avec toutes les conséquences géopolitiques. »

>> Lire aussi : Vers un nouveau mémorandum en Grèce?

Prochaines étapes

  • 9 mai 2014 : Réunion extraordinaire de l'Eurogroupe sur le renflouement grec.