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04/12/2016

La Commission se réjouit du retour de Luis de Guindos

Euro & Finances

La Commission se réjouit du retour de Luis de Guindos

Luis de Guindos [Conseil de l’UE]

Les responsables européens à Bruxelles ont salué la reconduite de Luis de Guindos au poste de ministre espagnol de l’Économie. Il est considéré comme un envoyé « extrêmement compétent » du gouvernement espagnol.

Luis de Guindos est un représentant « très actif, clair et analytique » des intérêts espagnols, a commenté un responsable de l’Eurogroupe le vendredi 4 novembre. Il est donc dans l’intérêt de l’Espagne de maintenir Luis de Guindos à son poste, a-t-il ajouté.

Ancien conseiller chez Lehman Brothers, Luis de Guindos était pressenti pour continuer en tant que ministre espagnol de l’Économie et de la Compétitivité. Le Premier ministre Mariano Rajoy (Parti populaire) ne lui a pas proposé la vice-présidence, comme l’avaient suggéré certaines rumeurs et n’a pas non plus prolongé son portefeuille des Finances.

La Commission européenne a également accueilli la nouvelle positiviement. « Il est le représentant le plus crédible de la stabilité budgétaire et économique de l’Espagne », a déclaré Juho Romakkaniemi, chef du cabinet du vice-président de la Commission, Jyrki Katainen, sur Twitter.

>> Lire : L’Espagne et le Portugal tentent d’éviter les sanctions de Bruxelles

Des sources proches du commissaire aux affaires économiques, Pierre Moscovici, ont affirmé qu’il entretenait une « très bonne relation » avec Luis de Guindos. Le commissaire socialiste a en effet tourné la page du conflit autour des chiffres du déficit avec le gouvernement espagnol de droite l’année dernière.

Pierre Moscovici avait fait l’objet de vives critiques de la part des membres du Parti populaire lorsqu’il s’est opposé aux prévisions de déficit publiées par le gouvernement espagnol.

« J’ai été victime d’un coup monté par le gouvernement espagnol », avait affirmé Pierre Moscovici dans une interview en avril dernier, expliquant que les responsables politiques nationaux l’utilisaient comme un « bouc émissaire ».

Le fait que ministre de l’Économie conserve son poste a également été qualifié d’« excellente nouvelle » par les responsables allemands. La même source a rappelé la bonne coopération entre Luis de Guindos et le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

Programme chargé à Bruxelles

Bruxelles accaparera une grande partie de l’agenda de Luis de Guindos pour la première semaine de son nouveau mandat. Lundi 7 novembre, il expliquera à ses collègues de l’Eurogroupe comment le gouvernement minoritaire compte atteindre l’objectif de déficit de 3,1 % du PIB l’année prochaine.

Le nouveau gouvernement minoritaire du Parti populaire doit adopter plus de 5 milliards d’euros (0,5 % du PIB) de coupes budgétaires et de nouvelles taxes, comme l’ont exigé les institutions européennes l’été dernier.

La Commission européenne a autorisé Madrid à soumettre une ébauche de plan budgétaire pour 2017 sans les ajustements demandés étant donné qu’il s’agissait d’un gouvernement intérimaire. L’exécutif a toutefois demandé au nouveau gouvernement d’envoyer un nouvel avant-projet budgétaire dès qu’il entrerait en fonction.

Le mois dernier, Luis de Guindos s’est déclaré confiant pour atteindre un accord avec le parti libéral Ciudadanos et avec les socialistes « assez rapidement » pour présenter le budget amendé pour 2017 d’ici à début décembre.

L’Eurogroupe est censé discuter de la situation de l’économie espagnole le 7 novembre. Le lendemain, Luis de Guindos s’exprimera devant les eurodéputés pour expliquer les mesures prises par Madrid pour équilibrer les comptes publics cette année et pour éviter la suspension d’une partie des fonds structurels. Cette dernière avait été envisagée comme sanction pour l’infraction de l’Espagne et du Portugal aux règles budgétaires.

>> Lire : Les eurodéputés s’opposent à une sanction « immorale » de l’Espagne et du Portugal

 

 

Contexte

En 2013, l'Espagne a obtenu un délai de trois années supplémentaires pour ramener son déficit en dessous des 3 % du PIB. Malgré cette troisième faveur qui lui a été accordée depuis 2009, le déficit était encore à 5,1 % du PIB en 2015.

>> Lire : Les sanctions de l’UE planent toujours sur les déficits de Lisbonne et Madrid

Les dernières prévisions de la Commission européenne montrent que le déficit espagnol sera à 3,9 % du PIB cette année et à 3,1 % en 2017.

En avril, l'exécutif et la BCE ont conclu que les progrès nécessaires à la consolidation budgétaire en Espagne s'étaient « arrêtés » et qu'une partie des réformes structurelles mises en place au début de la crise s'étaient inversées.

Prochaines étapes

  • 7 novembre: Réunion de l'Eurogroupe.
  • 8 novembre: Conseil ECOFIN et réunion du Parlement européen avec le ministre espagnol Luis de Guindos et le ministre portugais Mario Centeno.

Plus d'information

Commission européenne

  • Décision du Conseil établissant qu'aucune action suivie d’effets n'a été engagée par l'Espagne et par le Portugal en réponse à la

recommandation du Conseil du 21 juin 2013

Conseil de l'UE