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01/10/2016

Hollande et Merkel planchent sur une proposition pour la zone euro

Euro & Finances

Hollande et Merkel planchent sur une proposition pour la zone euro

8e Conseil économique et financier franco-allemand, à Bercy, le 9 février 2016.

[Ministère de l''Economie et des finances ]

Les deux dirigeants devraient dévoiler une proposition commune d’ici la fin 2016, une fois gommées quelques divergences d’approche sur l’approfondissement de la zone euro.

«?En ce moment où l’Europe est confrontée à des défis majeurs, nous avons une responsabilité commune pour faire avancer l’Europe?». Pour le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schauble, les choses sont claires : quelles que soient les divergences, il est urgent d’aller de l’avant.

Connu pour être un fervent défenseur de la rigueur budgétaire et monétaire, le ministre s’est exprimé lors du 48ème Conseil économique et financier franco-allemand, une instance de discussion entre les deux pays qui se réunit deux fois par an.

Des points à éclaircir

«?François Hollande et Angela Merkel feront une proposition commune d’ici la fin de l’année 2015 sur l’intégration de l’union économique et monétaire?», a de son côté assuré le ministre des Finances Michel Sapin, dévoilant une annonce qui devrait être un mi-chemin entre le souhait de François Hollande de voir naître un véritable budget de la zone euro, adossé à un Parlement de la zone euro, et celle, plus prudente, d’Angela Merkel.

>>Lire : France et Allemagne poussent pour plus d’intégration économique en UE

Car si la volonté de travailler ensemble semble présente, la concrétisation se fait attendre.

Depuis la publication, fin juin dernier, du rapport des 5 présidents sur le futur de l’intégration de l’union économique et monétaire, aucune des propositions mises sur la table par les dirigeants de l’Europe n’a pu être traduite concrètement, faute de consensus politique entre les États membres. La Commission européenne a bien proposé des pistes à l’automne, mais les membres de la zone euro semblent divisés sur la suite.

>>Lire : Le rapport des 5 présidents propose d’accélérer l’intégration économique et monétaire

Ainsi, le dernier pilier de l’union bancaire, qui doit concerner la garantie des dépôts bancaires, fait toujours défaut, principalement en raison d’un désaccord majeur entre la France et l’Allemagne.

C’est sur ce sujet notamment que les ministres ont tenté d’aplanir leurs différences. «?Il n’est pas possible d’avancer sur la solidarité si l’on n’a pas la solidité des banques?», a martelé le président de la banque centrale allemande, Jens Weidman.

Ce à quoi Michel Sapin a répondu par une formule proche, estimant «?qu’on ne pouvait être plus solidaire que si les risques étaient faibles?», et qu’il fallait avancer en parallèle sur les deux dossiers.

La mise en place d’une garantie des dépôts supposerait en effet qu’un pays comme l’Allemagne puisse voler au secours de banques espagnoles en cas de besoin. Or, le risque de défaut des banques des pays du Sud semble plus important, ce qui fait peur au plus grand pays de l’UE.

Plus d’intégration pour sauver la croissance

Les ministres des deux pays ont aussi insisté sur le besoin de plus d’intégration européenne pour sauver la croissance, tranchant ainsi avec les tentations anti-européennes d’autres membres du gouvernement.

>>Lire :  Le doute sur l’Europe progresse au gouvernement

Les deux parties ont enfin profité de cette rencontre pour demander à la Commission européenne d’accélérer sur le calendrier de la directive anti-blanchiment, qui doit théoriquement entrer en vigueur mi 2017, ainsi que sur la lutte contre le commerce des biens culturels illicites. Une démarche qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le financement du terrorisme, après les attaques de janvier et novembre 2015 à Paris.

Contexte

A partir des années quatre vingts, les gouvernements français et allemands renforcent leur coopération dans les domaines économiques et financiers. Le Conseil franco-allemand économique et financier (CEFFA) réunit les ministres de l'Economie et des Finances des deux pays et les gouverneurs des deux banques centrales, alternativement en France et en Allemagne. Son objectif :

renforcer la coopération entre les deux pays,
harmoniser leurs politiques économiques et œuvrer à une convergence fiscale accrue au sein de l’Union,
rapprocher leurs positions sur les questions d’ordre économique et financier, au regard notamment des réunions du G20, de l'Eurogroupe et du conseil Ecofin comme la stabilité de la zone euro, la réforme des institutions financières internationales, l'organisation des marchés financiers en Europe...

Le Conseil économique et financier franco-allemand (CEFFA) résulte du protocole additionnel au traité de l’Elysée, à l’occasion des 25 ans du Traité, le 22 janvier 1988.

Plus d'information

Conseil économique et financier franco-allemand