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27/08/2016

Immigration et crise économique au cœur des préoccupations des Européens

Euro & Finances

Immigration et crise économique au cœur des préoccupations des Européens

37% des Européens font confiance à l'Union européenne.

(Credit: [Vepar5]/Shutterstock)

L’image que les Européens ont de l’Union européenne s’est améliorée au cours des six derniers mois, selon une enquête Eurobaromètre. L’immigration et la situation économique de l’UE restent les principaux sujets de préoccupation.   

Les Européens ont une image plus positive de l’Union européenne. C’est ce que révèle une enquête Eurobaromètre publiée le 17 décembre. Il s’agit de la première enquête Eurobaromètre depuis la prise de fonction de la Commission Juncker le 1ernovembre dernier.

Réalisée auprès de 32.598 citoyens d’États membres de l’Union et de pays candidats, l’enquête indique une « amélioration des principaux indicateurs politiques ». En effet, globalement le nombre de citoyens ayant une image positive de l’Union européenne (39%) et faisant confiance à l’UE (37%) a augmenté au cours des six derniers mois. En effet, ce n’est qu’en Belgique, en Bulgarie et en Grèce que le taux de personnes ayant confiance en l’UE a légèrement baissé. A l’inverse, c’est en Espagne (+ 14 points), au Luxembourg (+ 18 points) et en Slovaquie (+ 14 points) que le taux a le plus augmenté.

« On constate que le regain se confirme un peu, mais il faut retenir que l’image négative baisse », explique Charles de Marcilly, responsable du bureau bruxellois de la Fondation Robert Schuman. En effet, globalement, le sentiment négatif à l’encontre de l’UE a perdu trois points pour passer de 25 à 22 %. En revanche, le nombre de personnes ayant le sentiment que leur voix compte dans l’UE a diminué passant de 42 % à 40 %. Au lendemain des élections européennes de mai dernier, ce taux avait connu un pic.

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Cependant, ces chiffres sont à nuancé lorsque l’on regarde chaque État de plus près. Ainsi, la France et le Portugal ont perdu respectivement 10 et 12 points. Ces deux pays accusent la plus forte chute parmi les 28. A présent, moins d’un Français sur deux et un Portugais sur quatre estiment que sa voix compte dans l’UE. De plus, le nombre de citoyens optimistes pour l’avenir de l’UE reste stable (56 %).

La Commission Juncker apporte un nouveau souffle

Il semble également que la nomination de la nouvelle Commission encourage les citoyens à accorder davantage leur confiance dans l’UE. « Le plan d’investissement de Jean-Claude Juncker a été présenté moins d’un mois après la prise de fonction de la Commission. Cela montre une différence de rythme politique. Il y a une volonté d’efforts mobilisateurs et de montrer que la Commission peut prendre ses responsabilités. C’est ce qu’on attend d’une telle autorité », estime le représentant bruxellois.

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« Ces six mois ont montré qu’il y a une volonté de prendre le taureau par les cornes et d’identifier les vrais leviers de croissance tels que le budget, l’accompagnement des réformes structurelles, l’investissement et l’harmonisation fiscale », précise Charles de Marcilly.

L’économie et l’immigration, les deux grandes préoccupations des Européens

Selon l’enquête, la situation économique de l’Union européenne est encore une grande source de préoccupation chez les citoyens. En effet, encore 46 % des citoyens européens estiment que « le pire reste à venir » alors que seulement 22 % d’entre eux se disent optimistes pour les douze prochains mois. En revanche, dans l’ensemble, les attentes des Européens envers l’euro restent stables avec plus de la moitié des citoyens d’opinions positives à l’égard de l’euro (56 % dans l’UE, 67 % dans la zone euro). « On voit que l’euro n’est pas critiqué en tant que tel. Il y a une confiance dans le rôle protecteur de la monnaie unique », indique Charles de Marcilly.

De même, l’immigration est également un sujet de préoccupation des Européens. 71 % des Européens affirment être favorables à une politique migratoire européenne commune. « Face aux images dramatiques des migrants en Méditerranée, les Européens ont compris qu’il faut une réponse commune sur la question migratoire. La réponse ne peut pas être nationale. C’est un bon signe ». 

La plupart des Européens (52 %) ont une opinion positive de l’immigration des personnes provenant d’autres États membres de l’UE. En revanche, ce nombre chute lorsqu’il s’agit des migrants issus de pays non-membres de l’UE. En effet, il n’atteint plus que 37 %.

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Pour continuer garder la confiance des citoyens les décideurs européens doivent à présent montrer les résultats de leurs politiques. « Rien n’est gagné. Les Européens vont être jugés sur leur capacité à apporter la croissance. On a besoin de résultats pour que les chiffres du prochain Eurobaromètre soient encore meilleurs », conclut Charles de Marcilly.

Contexte

Depuis l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009, les pouvoir du Parlement européen n’ont cessé de croître. Pour la première fois, les élections européennes ont permis aux électeurs des 28 États membres de l’UE d’élire les 751 députés qui ont élu Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, le 15 juillet dernier.

Depuis les premières élections européennes en 1979, la participation n'a cessé de chuter, preuve d’un désintéressement des électeurs pour l’Union européenne. Cependant, le taux de participation s’est stabilisé en mai dernier avec 43,1 % de participation au scrutin de mai 2014. En France, une légère hausse de ce taux a été remarquée.

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