EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

22/01/2017

L’accord de renflouement de la Grèce se précise

Euro & Finances

L’accord de renflouement de la Grèce se précise

Alexis Tsipras et François Hollande

[European Council]

Si les attentes d’Alexis Tsipras et de François Hollande se réalisent, Athènes devrait recevoir jusqu’à 86 milliards d’euros de prêts de l’UE et du FMI dans les semaines à venir.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a déclaré jeudi au président français François Hollande qu’Athènes et ses créanciers « peuvent et doivent » trouver un accord sur la dette juste après le 15 août.

« Les deux dirigeants se sont accordés pour dire que les négociations peuvent et doivent être conclues immédiatement après le 15 août », ont indiqué les services de M. Tsipras dans un communiqué.

M. Tsipras et M. Hollande se sont rencontrés en Egypte en marge de la cérémonie d’inauguration de l’élargissement du canal de Suez.

Les représentants des bailleurs de fonds de la Grèce, la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international, sont à Athènes depuis une semaine pour mettre sur pied un plan de renflouement via un prêt de plus de 80 milliards d’euros sur trois ans.

Cet accord doit intervenir avant le 20 août, date à laquelle la Grèce doit rembourser 3,4 milliards d’euros à la BCE.

Les discussions « sont dans leur dernière ligne droite », avait affirmé mercredi M. Tsipras. La Grèce a remboursé jeudi 186,3 millions d’euros au FMI et évité ainsi un nouveau défaut de paiement vis-à-vis de l’institution, en pleine négociation sur un troisième plan d’aide au pays.

Athènes a par ailleurs payé les intérêts dus au FMI le 6 août. C’est la première fois depuis début juin que la Grèce, en grandes difficultés financières, honore un remboursement vis-à-vis du FMI dans les délais impartis.

Après avoir demandé un sursis, le pays avait fini, le 30 juin, par faire défaut sur sa dette vis-à-vis du Fonds, l’un de ses créanciers internationaux depuis 2010 aux côtés des Européens.

Une nouvelle échéance avait été manquée par Athènes à la mi-juillet portant les arriérés de paiement du pays vis-à-vis du FMI à deux milliards d’euros.

Un prêt d’urgence des Européens avait toutefois permis à Athènes d’apurer sa dette vis-à-vis du FMI le 20 juillet et de pouvoir à nouveau prétendre à l’aide financière de l’institution.

Des représentants du FMI, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE) sont à Athènes depuis une semaine pour mettre sur pied un plan d’aide de plus 80 milliards d’euros qui doit être bouclé avant le 20 août.

Le Fonds a toutefois prévenu qu’il ne renflouerait pas le pays tant qu’Athènes n’aura pas accepté un plan de réformes complet et que les Européens n’auront pas consenti à alléger la dette grecque, qui avoisine les 320 milliards d’euros.

>> Lire : Le FMI conditionne son aide à la Grèce à un allègement de la dette

Après ce paiement, Athènes doit encore au total rembourser au FMI quelque 22 milliards d’euros, selon le site de l’institution.

Le prochain paiement, de quelque 306 millions d’euros, est prévu pour le 1er septembre.

>> Lire aussi : Pourquoi le nouveau plan d’aide à la Grèce est déjà un échec

Contexte

Les créanciers internationaux de la Grèce ont accepté en juillet de négocier un accord censé sauver le pays de la faillite et lui éviter une sortie de l’euro. En contrepartie, Athènes s’est engagée à mettre en place d’importantes réformes, comme la suppression de la retraite anticipée, par exemple, d’ici le mois d’octobre.

>> Lire : Le Parlement grec valide le plan d'austérité proposé par Tsipras

Les impôts, le système de justice et la corruption sont également dans le viseur des créanciers, qui soutiennent par ailleurs une large campagne de privatisation, pour laquelle un fonds de garantie a été créé.

>> Lire : La zone euro s'accorde pour éviter le Grexit