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19/01/2017

L’Eurogroupe peine à trouver un accord sur la Grèce

Euro & Finances

L’Eurogroupe peine à trouver un accord sur la Grèce

Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe.

(European Parliament)

Les ministres des finances se sont rencontré le soir du 24 juin pour obtenir un accord sauvant la Grèce d’une sortie de l’euro. Une réunion interrompue sans accord après seulement 90 minutes.

L’Eurogroupe doit se retrouver jeudi à 13 heures le 25 juin, après une rencontre infructueuse mercredi.

Les parties prenantes espéraient arriver à un accord le soir du 24 juin afin de présenter celui-ci aux dirigeants européens lors du sommet du Conseil qui se déroule à Bruxelles le 25 juin. Ce sommet devait théoriquement débuter à 16 heures.

>> Voir aussi notre couverture en direct : une solution pour la Grèce ?

La réunion de l’Eurogroupe a eu lieu après que le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a négocié pendant six heures avec les créanciers de son pays à Bruxelles : la Commission européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne.

Les équipes des trois organes de la « troïka » doivent arriver à un accord quant à la révision du plan de renflouement de la Grèce pour que les fonds soient débloqués.

Les débiteurs refusent pour l’instant de libérer la dernière tranche du renflouement du pays, soit 7,2 milliards d’euros, tant qu’Athènes n’impose pas davantage de mesures d’austérité à son peuple et ont violemment rejeté les propositions soumises lundi par la Grèce en corrigeant le document à l’encre rouge.

Sans l’argent du plan de renflouement, la Grèce ne pourra pas honorer le paiement de 1,5 milliard d’euros dus au FMI ce mardi 30 juin. Un défaut de paiement pourrait forcer le pays à sortir de l’euro, et éventuellement de l’UE.

Retraites, TVA et impôt sur les sociétés

Comme aucun accord n’a pu être mis en place avant la réunion de l’Eurogroupe, les ministres des Finances de la zone euro ont ajourné leur rencontre jusqu’à aujourd’hui (25 juin). Les points principaux qui fâchent les créanciers sont les mesures sur les dépenses militaires, sur l’impôt des entreprises et sur les taxes de vente (TVA).

Aujourd’hui, Alexis Tsipras doit rencontrer le président de la Commission, Jean-Claude Juncker. Ensemble, ils tenteront de rédiger un accord qu’ils présenteront à une réunion des ministres des Finances de la zone euro plus tard dans la journée et qui pourrait, le cas échéant, être sanctionné par les chefs d’États de l’UE lors du sommet de jeudi et vendredi.

Les négociateurs grecs « ne sont pas d’accord » avec les dernières propositions d’accord avancées par leurs créanciers. Ils estiment que celles-ci auraient des conséquences injustes et disproportionnées sur les travailleurs et les retraités. Selon une source au sein du gouvernement grec, les dernières propositions du FMI et de l’UE « épargnent les plus riches ».

Elles comprennent notamment des conditions restrictives pour les retraités et une taxe sur la valeur ajoutée encore plus élevée que ce que proposait Athènes au début de la semaine. L’UE et le FMI soutiennent également un impôt des sociétés de 28 %, soit plus faible que ce que ne voudrait imposer Athènes, qui compte sur une fourchette de 26 à 29 %.

Alexis Tsipras a condamné l’attitude de ses créanciers, assurant que certaines de leurs exigences étaient toutes nouvelles. « Cette position étrange peut indiquer deux choses : soit ils ne souhaitent pas d’accord, soit ils servent des intérêts particuliers en Grèce », a-t-il affirmé.

>> Lire : Katrougalos : « En 2015, nous voulons financer les dépenses de l’État grec par nos propres revenus»

Réunion d’urgence

Lundi, lors d’un sommet extraordinaire, les Grecs ont soumis un plan de dernier recours aux dirigeants de la zone euro. C’est ce plan qui est à présent négocié. Il est centré sur les taux de TVA, les mesures liées à la retraite anticipée, une hausse des taxes et la réduction de l’écart budgétaire du pays.

Avant la rencontre, les ministres des Finances ont vivement critiqué Athènes, qui a avancé deux propositions de dernière minute dans la nuit de dimanche.

Alexander Stubb, ministre des Finances de la Finlande, estime que la Grèce n’a toujours pas mis de vraie proposition sur la table.

Peter Kažimír, ministre des Finances et vice-Premier ministre slovaque, s’est quant à lui déclaré « curieux de voir à quoi ressemblera la zone euro quand nous [en] aurons fini ».

Michael Noonan, ministre des Finances irlandais a pour sa part souligné que même si un accord était trouvé avant l’échéance du 30 juin, cela ne réglerait pas la crise financière grecque et ne restaurerait pas la confiance des créanciers.

La ministre belge Johan Van Overtveldt n’a pas hésité à rendre la Grèce responsable de l’échec de son deuxième plan de renflouement, accusant le Premier ministre actuel et le gouvernement précédant de ne pas avoir mené à bien les réformes prévues.

>> Lire : Athènes, entre calme et inquiétude

Contexte

Le 25 janvier 2015, le parti anti-austérité Syriza a remporté une écrasante majorité lors des élections grecques, sans pour autant atteindre la majorité absolue.

Alexis Tsipras, chef de file du parti et actuel Premier ministre, a provoqué des réactions diverses de la part de ses homologues européens en annonçant « la fin du cercle vicieux de l'austérité ».

Les réformes proposées par Athènes n'ont cependant pas convaincu l'Eurogroupe et les créanciers du pays. La Grèce se trouve aujourd'hui dans une situation extrêmement difficile et n'est pas en mesure d'honorer ses dettes.

Les propositions de réformes devaient permettre de débloquer la dernière tranche du renflouement du pays, soit 7,2 milliards d'euros, mais les créanciers exigent davantage de mesures d'austérité. Alexis Tsipras a été élu sur sa promesse de mettre un terme aux politiques d'austérité, mais sans l'argent du plan de renflouement, le pays ne pourra pas rendre à temps les 1,5 milliard d'euros qu'il doit rembourser au Fonds monétaire international (FMI) d'ici le mardi 30 juin. Un défaut de paiement pourrait forcer le pays à sortir de l'euro, et éventuellement de l'UE.

>> Lire : En direct : une solution pour la Grèce ?

Prochaines étapes

  • 25 juin : Réunion de l'Eurogroupe.
  • 25-26 juin : Sommet du Conseil.