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26/09/2016

La BCE prête à employer d’autres outils non conventionnels

Euro & Finances

La BCE prête à employer d’autres outils non conventionnels

Foto: EP

Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a une nouvelle fois défendu l’efficacité des mesures non conventionnelles de politique monétaire annoncées cet été lors de son audition au Parlement européen.

La Banque centrale européenne (BCE) se tient prête à employer d’autres outils non conventionnels pour soutenir l’inflation et la croissance dans la zone euro, a déclaré lundi son président Mario Draghi.

S’exprimant devant la Commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, à Bruxelles, Mario Draghi a également dit qu’il prévoyait que la deuxième tranche de refinancements ciblés à long terme (TLTRO), en décembre, suscite davantage d’engouement de la part des banques.

Le montant des prêts alloués jeudi dernier par la BCE aux banques de la zone euro a été inférieur aux estimations, alimentant les anticipations de mesures de relance plus radicales, comme l’augmentation de la masse monétaire par des rachats d’actifs. Un tel programme d’assouplissement quantitatif (QE) susciterait une forte résistance de l’Allemagne.

Mario Draghi a affirmé lundi que le Conseil des gouverneurs « demeurait tout à fait résolu à parer aux risques face aux perspectives d’inflation à moyen terme ».

« Par conséquent, nous nous tenons prêts à employer d’autres outils non conventionnels dans les limites de notre mandat et à modifier la taille et/ou la composition de nos interventions non conventionnelles si nécessaire face au risque d’une période trop prolongée d’inflation basse », a-t-il dit.

Le total de 82,602 milliards d’euros alloués dans le cadre de la première tranche des TLTRO se situe « dans la marge anticipée », a affirmé Mario Draghi.

Le président de l’institut d’émission a fait remarquer que les banques auraient en décembre l’opportunité d’épuiser leurs quotas de TLTRO initialement alloués. « À dessein, les opérations de septembre et de décembre doivent être évaluées conjointement », a-t-il dit à Bruxelles.

Selon une enquête Reuters publiée lundi, la deuxième tranche de ces refinancements ciblés à long terme, prévue en décembre, suscitera une demande plus nourrie que celle de septembre mais une bonne partie des 400 milliards d’euros qui seront proposés risquent à nouveau de ne pas trouver preneur.

Nouvel appel en faveur des réformes structurelles  

Mario Draghi a estimé que l’annonce du programme de TLTRO avait déjà eu un « effet positif sur le sentiment des marchés financiers » et que la BCE considérait ces prêts comme un outil puissant de diffusion de la politique monétaire et de stimulation des flux de crédit à l’économie réelle.

Mais, a-t-il ajouté, « aucun stimulant monétaire – ou budgétaire – ne peut avoir le moindre effet notable s’il ne s’accompagne pas de réformes structurelles. »

« Des réformes structurelles courageuses et améliorer la compétitivité des entreprises sont cruciaux pour améliorer les conditions d’activité des entreprises », a-t-il poursuivi. « Les réformes structurelles, ainsi, sont le complément primordial de la politique accommodante de la BCE et contribuent à une diffusion bien plus efficace de la politique monétaire ».

>>Lire : Discours de Mario Draghi à Jackson Hole sur le chômage en zone euro

Ces propos font suite à ceux tenus fin août à Jackson Hole, aux États-Unis. Dans un discours qui a fait date, Mario Draghi avait déclaré qu’il pourrait être « bénéfique pour l’orientation générale de la politique (économique) » que la politique budgétaire joue un plus grand rôle aux côtés de la politique monétaire de la BCE. Il avait ajouté : « Je crois qu’il y a des marges de manoeuvre pour cela ».

En Allemagne, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble avait alors saisi l’occasion de répéter que les réformes structurelles étaient la clé du retour à la croissance et décliner les appels à augmenter les dépenses publiques pour soutenir la demande intérieure.

Le levier de l’assouplissement quantitatif a notamment été utilisé par la Réserve fédérale américaine et la Banque du Japon pour faire redémarrer l’économie en procédant à des rachats massifs de dettes privées et souveraines.

Alors que la Fed a aujourd’hui quasiment bouclé son programme de rachats d’actifs, l’économie de la zone euro, qui a calé au deuxième trimestre, ne parvient pas à se redresser après la crise de la dette souveraine.