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30/09/2016

La Commission craint que la Grèce ne se « fourvoie »

Euro & Finances

La Commission craint que la Grèce ne se « fourvoie »

Alexis Tsipras

[Wikimedia.de]

A la veille d’élections législatives qui pourraient voir la gauche radicale prendre le pouvoir en Grèce, le président de la Commission a demandé au pays de tenir ses engagements. Selon une source à la Commission, toute renégociation de la dette aura un coût pour la zone euro.

A quelques jours des élections, la tension monte à la Commission sur le dossier grec. Le gouvernement issu des élections législatives anticipées de dimanche prochain devra respecter les engagements pris par Athènes et poursuivre les réformes, a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

« L’Europe soutiendra la Grèce. Mais l’Europe attend aussi de la Grèce qu’elle respecte ses engagements pris vis-à-vis de ses partenaires », a-t-il ajouté.

A six jours des législatives anticipées, les sondages donnent le parti de la gauche radicale Syriza en tête des intentions de vote.

La Commission hésite depuis le début de la campagne électorale en Grèce entre une position théoriquement neutre, et les commentaires très critiques de son président.

>>Lire aussi : La Commission soutient le candidat de droite à la présidentielle grecque

« Si un peuple a envie de se fourvoyer, c’est son choix »

« Il faut laisser le processus électoral se dérouler » a affirmé un haut responsable économique de la Commission à EurActiv, tout en ajoutant « si un peuple a envie de se fourvoyer, c’est son choix ».

Concrètement, la Commission n’a pas l’intention d’effacer la dette de la Grèce, et souhaite que le pays reste dans la zone euro. Mais les responsables ne cachent pas leur crainte de voir arriver un nouveau chef de gouvernement de gauche radicale.

« Il faut réaliser qu’il va y avoir un jour d’après, le 26 janvier. Avec Samaras, c’était simple ; avec Tsipras, on ne sait pas faire. On va rentrer dans un débat. Mais attention, le FN trouve que Tsipras est formidable, certes…mais le jour où on efface effectivement la dette de la Grèce, ce sont les européens qui la paieront, y compris les Français ! » assure le haut responsable.

Le FN soutient la gauche radicale

Le 29 décembre dernier, Marine Le Pen avait affirmé sur son blog qu’un «heureux vent de démocratie» soufflait en Grèce, évoquant la victoire du peuple et de ses représentants contre l’oligarchie européenne et la grande finance.

Le parti d’Alexis Tsipras veut renégocier la dette publique grecque et revenir sur les politiques d’austérité mises en place dans le cadre des plans d’aide financière.

L’échéancier de la dette grecque, représentant le remboursement des 240 milliards d’euros versés au pays depuis le début de la crise, court jusqu’en 2022. « Toute renégociation de ce calendrier aura un coût pour la zone euro» assure-t-on du côté de la Commission.

Le scrutin de dimanche sera étroitement surveillé par les partenaires européens de la Grèce et les marchés financiers.

Contexte

2014 marque la fin d'une douloureuse période de récession de six ans pour la Grèce, qui a eu recours au marché obligataire deux fois après un exil de quatre ans. A la veille d'élections présidentielles anticipées, les investisseurs craignent pourtant que la crise ne refasse surface.

Le 8 décembre, les ministres de la zone euro ont décidé d'accorder à la Grèce une extension de deux mois du plan de sauvetage, plutôt que l'extension de six mois à laquelle Athènes s'opposait. Ces deux mois devraient permettre au pays de finaliser son rapport de fin de renflouement avant de close une fois pour toutes le chapitre du renflouement.

Depuis cet été, tous les sondages indiquent que des élections immédiates verraient le parti Syriza remporter le scrutin. Le parti de gauche est d’ailleurs le grand gagnant des élections européennes du mois de juin.

>> Lire : Victoire historique de la gauche en Grèce

Prochaines étapes

  • 25 janvier 2015 : élections législatives anticipées Grèce