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19/01/2017

La Commission lance l’alerte sur le déficit espagnol

Euro & Finances

La Commission lance l’alerte sur le déficit espagnol

Mariano Rajoy [Partido Popular/Flickr]

Le gouvernement espagnol est « un peu trop optimiste » vis-à-vis de ses prévisions de croissance pour 2016. Madrid devrait donc faire des efforts supplémentaires pour réduire son déficit en 2015, ainsi qu’en 2016, selon la Commission européenne.

Alors que le Premier ministre, Mariano Rajoy, célébrait la fête nationale (Día de la Hispanidad), l’exécutif a confirmé l’avertissement donné par le commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, la semaine dernière. Selon la Commission, le déficit de l’Espagne devrait baisser à 4,5 % du PIB en 2015 et à 3,5 % en 2016, alors que Madrid table plutôt sur 4,2 % et 2,8 % respectivement. La Commission a appelé Madrid à présenter un nouveau projet de budget « le plus tôt possible ».

>> Lire : Mariano Rajoy affiche sa confiance sur la réduction du déficit espagnol

Depuis le 6 octobre, date à laquelle la Commission devait théoriquement rendre son avis sur le projet de budget espagnol, l’exécutif ne cesse d’envoyer des signaux contradictoires à Madrid. Si, dans son avis, la Commission « invite » le gouvernement espagnol à prendre les « mesures nécessaires dans le cadre de la procédure budgétaire nationale » en cours jusqu’à la fin du mois, l’un des vice-présidents de la Commission, Valdis Dombrovskis, a répété qu’il attendait un projet de budget remanié « le plus rapidement possible, une fois que le nouveau gouvernement sera en place ».

Puisqu’il n’est de toute façon pas possible d’avoir une vue d’ensemble du paysage économique espagnol sans les nouvelles données des autorités régionales, Valdis Dombrovskis ne semble pas en vouloir au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy pour son inaction. Des représentants de l’UE ont quant à eux souligné que les paroles du vice-président n’empêchaient pas le dirigeant espagnol d’adopter de nouvelles mesures avant que le parlement ne soit dissous le 26 octobre. Les élections générales espagnoles se tiendront le 20 décembre.

>> Lire : Le jeu politique espagnol se complexifie autour de quatre partis

« Si la hausse rapide des recettes fiscales observée jusqu’en août se poursuit, les résultats liés au déficit seront meilleurs que prévu », conclut tout de même l’analyse de la Commission. Cette dynamique positive n’est cependant que provisoire et ne change pas la trame de fond, ont commenté les représentants de l’UE.

Selon le ministre espagnol de l’Économie, Luis de Guindos, la grande quantité de recettes dégagées des impôts sur les sociétés et sur le revenu ces derniers mois, ainsi que les économies réalisées grâce à un pétrole peu couteaux et à des taux d’intérêt bas, suffiront à combler l’écart entre les estimations de l’Espagne et celles de la Commission.

La publication de cet avis survient dans le contexte des élections générales à venir, pour lesquelles le Parti populaire au pouvoir est se trouve au coude à coude avec les socialistes. Valdis Dombrovskis a confirmé que les autorités espagnoles avaient contacté la Commission pour interrompre la publication de l’opinion la semaine dernière, car Madrid voulait que plus d’informations soient prises en compte dans l’analyse.

Le commissaire a rappelé que l’analyse se fondait sur des données objectives et que la décision du collège se faisait sans « influence politique ». Pendant ce temps, Pierre Moscovici, socialiste français, a insisté sur le fait que son opinion négative pour l’Espagne s’appuyait sur des « faits », et a nié être influencé par ses différences idéologiques avec le gouvernement conservateur espagnol.

Prochaines étapes

  • 20 décembre : élections générales en Espagne