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06/12/2016

La Commission s’interroge sur la réduction du déficit espagnol

Euro & Finances

La Commission s’interroge sur la réduction du déficit espagnol

Luis de Guindos. [La Moncloa Gobierno de España/Flickr]

Les mesures annoncées par le gouvernement espagnol « sont un pas dans la bonne direction ». Mais la Commission européenne s’interroge sur leur efficacité. Un article d’Euractiv Espagne.

L’exécutif européen a souligné dans un communiqué que le progrès nécessaire à la consolidation budgétaire s’était arrêté en Espagne, et qu’une partie de l’ajustement structurel mis en place ces dernières années s’était inversé.

En 2015, la plupart des régions, ainsi que la sécurité sociale, étaient loin de remplir les objectifs budgétaires, et les avantages liés à une croissance dynamique et des intérêts bas « n’ont pas été utilisés pour accélérer la réduction du déficit », a souligné la Commission.

>> Lire : L’Espagne détrône la France de son rôle de cancre de la zone euro

Par conséquent, l’Espagne n’a pas du tout respecté son objectif de déficit à 4,2 % du PIB  et son déficit général se trouve parmi les plus importants de la zone euro, a rappelé l’exécutif.

Dans ses recommandations, la Commission européenne demandait à l’Espagne d’adopter des mesures pour réduire le déficit excessif à temps et de manière durable.

Le gouvernement a donc décidé d’entreprendre une coupe de 2 milliards d’euros dans le budget de 2016 et a réduit le niveau de dépense des communautés autonomes.

Luis de Guindos, ministre de l’Économie et de la Compétitivité, présentera devant la commission Économie du Congrès une nouvelle trajectoire de réduction du déficit public dans le but d’atteindre les objectifs de Bruxelles, un calendrier de réformes pour l’Espagne et un nouveau cadre macroéconomique.

>> Lire : Bruxelles ne fléchit pas sur les règles budgétaires

La Commission a également rappelé que le chômage était encore au-dessus de 20 % malgré une forte baisse en 2015 et que le pourcentage de personnes sans emploi n’ayant pas travaillé depuis plus de deux ans était élevé, soulignant ainsi le risque de voir le chômage de longue durée devenir structurel.

L’exécutif a également observé un retour des emplois à durée indéterminée après la crise en Espagne, mais note que la dualité du marché du travail « reste élevée ».

Concernant la stabilisation du secteur financier, la Commission assure qu’elle se poursuit et que les banques ont un vaste accès aux liquidités et la solvabilité et la qualité de leurs actifs ne cessent de s’améliorer.

Maintenir la rentabilité à moyen terme et privatiser deux entités contrôlées par l’État, les banques BMN et Bankia, sont toujours les objectifs premiers, a indiqué la Commission.