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23/01/2017

La crise grecque divise les socialistes européens

Euro & Finances

La crise grecque divise les socialistes européens

L’appel de Syriza pour un référendum en juillet a fait émerger de profondes divisions au sein du groupe des Socialistes & Démocrates. Un article d’EurActiv Grèce.

Le 28 juin, les législateurs grecs ont autorisé le Premier ministre, Alexis Tsipras, à tenir un référendum le 5 juillet, mettant ainsi la Grèce sur la voie d’une sortie de la zone euro.

>> Lire : Le référendum grec divise la zone euro

Après l’échec des négociations avec les créanciers et la situation délicate de ce week-end, Athènes a décidé de fermer ses banques jusqu’au 6 juillet, soit le lendemain du référendum..

>> Lire : En direct : une solution pour la Grèce

« Nous regrettons profondément que le Premier ministre Alexis Tsipras ait entrainé son pays et son peuple dans cette situation dramatique. Le comportement du gouvernement grec a été irresponsable durant tout le processus des négociations. Le fait qu’aucun accord n’ait pu été trouvé relève de sa seule responsabilité », a déclaré le 28 juin le président du PPE, Manfred Weber.

Jusqu’à présent, le Parti populaire européen s’est fermement opposé au gouvernement mené par Syriza, le rendant responsable de l’impasse dans lequel se trouve le plan de sauvetage.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a également critiqué le gouvernement grec, mais il semblerait que ses collègues du S&D ne partagent pas son point de vue.

Martin Schulz ne croit pas en un référendum

Martin Schulz a également reproché à Alexis Tsipras de plonger le peuple grec dans une crise profonde et de ne jamais avoir réellement voulu trouver un accord avec ses créanciers.

S’adressant le 28 juin sur la chaine télévisée allemande ZDF, Martin Schulz a déclaré que même des pratiques démocratiques comme un référendum pouvaient être utilisées à des fins politiques et qu’un « non » ne déchargerait pas le gouvernement grec de ses responsabilités.

Le président du Parlement a également rappelé que la proposition des créanciers du 25 juin n’était pas un ultimatum au gouvernement grec, et qu’il lancerait, auprès du président de la Commission, Jean-Claude Juncker, une campagne pour le « oui » pour le référendum grec.

« Les Grecs comme M. Varoufakis me tapent (vraiment) sur les nerfs », a déclaré Martin Schulz au début du mois.

« Ce n’est pas la première fois qu’un responsable du Parlement européen n’est pas à la hauteur de son rôle institutionnel », a déclaré le ministre des Finances grec en réponse aux critiques du social-démocrate allemand.

Pittella : Le référendum ne nous fait pas peur

Pendant ce temps, le président du groupe S&D, Gianni Pittella, a fermement soutenu le Premier ministre grec, écartant tout scénario d’un Grexit.

« Toute possibilité d’un Grexit est inacceptable. L’Europe est forte tant qu’elle agit et parle d’une seule voix », avait-il insisté lors d’une interview avec EurActiv Grèce avant les élections grecques de janvier.

Dans un communiqué de presse publié le 27 juin, le socialiste italien a déclaré que ce n’était pas le moment de punir encore davantage le peuple grec, et que le référendum ne faisait pas peur aux sociaux-démocrates.

« Tout doit être fait pour maintenir le flux financier à l’intérieur du pays. Confronté à une situation sans précédent, il faut donner une chance au peuple grec de choisir son avenir. Un référendum ne nous effraie pas », a-t-il martelé.

Des sources à Bruxelles ont confirmé le 29 juin que Gianni Pittella avait appelé à un sommet européen extraordinaire sur la Grèce, alors qu’il rencontrait les responsables parlementaires.

« Trouver une solution à la crise grecque est de la responsabilité du plus haut niveau des institutions européennes, c’est-à-dire des chefs d’État et de gouvernement », a estimé la vice-présidente du groupe S&D, Maria João Rodrigues.

La division est désormais évidente

Une source des sociaux-démocrates a confirmé le 29 juin à EurActiv Grèce que le différend entre Martin Schulz et Gianni Pittella était maintenant évident.

Une division qui n’est pourtant pas devenue apparente à cause de la position de la délégation nationale grecque.

« Cette division n’est pas remontée à la surface puisque le parti socialiste grec (PASOK) n’a pas soulevé la question », a insisté la source.

Le parti socialiste panhellénique est un membre affilié du S&D en Grèce, et s’oppose fermement à Syriza. C’est le gouvernement PASOK qui a signé le premier accord de renflouement avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international en février 2010.

Fodi Gennimata, la nouvelle présidente du PASOK, reproche au gouvernement de coalition grec son irresponsabilité vis-à-vis du référendum.

« Revenez sur votre décision et organisez tout de suite des élections », a-t-elle déclaré, ajoutant que la véritable question à poser lors d’un référendum serait « dans ou en dehors » de l’UE.   

Par ailleurs, la source du S&D a ajouté que la position de Martin Schulz pouvait bien être attribuée à ses visées politiques pour la chancellerie allemande, et lui a reproché de « se cacher derrière l’intransigeance du PPE ».