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19/01/2017

La France tente de relancer l’investissement

Euro & Finances

La France tente de relancer l’investissement

Manuel Valls

Le gouvernement français a annoncé des mesures fiscales destinées à relancer l’investissement, alors que le plan Juncker se fait attendre.

Faute d’un plan de relance rapide au niveau européen, la France a lancé mercredi 8 avril une série de mesures destinées à relancer l’investissement en France. Soit 2,5 milliards d’euros sur 5 ans, destinés à inciter les entreprises à parier sur l’avenir. Le plan Juncker représente 126 fois cette somme. Selon la théorie économique, il est censé permettre à la croissance de redémarrer en Europe, là où elle a pris le plus de retard faute d’argent frais.

La mesure se traduira principalement par des mesures allégeant le niveau d’impôt. La principale mesure est comptable : les entreprises pourront amortir leurs investissements industriels de 140 % de leur montant. Ce qui leur permettra d’alléger leur niveau d’imposition.

La banque publique d’investissement verra aussi ses fonds propres renforcés, pour accentuer son rôle de soutien aux PME.

Enfin les collectivités territoriales se verront proposer des prêts à taux zéro de la part de la Caisse des Dépôts et Consignations. Le Premier ministre n’est toutefois pas revenu sur la baisse des dotations aux collectivités locales, décidée dans le cadre de l’effort budgétaire réclamé par Bruxelles.

Un enjeu crucial pour la France

La relance des investissements s’avère cruciale en France. Si le pouvoir d’achat et le niveau de consommation sont plutôt stables, le niveau d’investissement représente le principal frein pour le retour de la croissance, selon les économistes. Les investissements devraient être stables ou en hausse de 0,1 % au premier trimestre de cette année, selon l’INSEE.

La France s’est engagée à consacrer 8 milliards d’euros au plan Juncker, au travers de la Caisse des Dépôts et de la BPI ; ces investissements présentent l’intérêt d’être défalqués du calcul du déficit budgétaire, et ne devraient donc pas entamer les prévisions de retour à l’équilibre du compte de résultat de la France, pour 2017.

La France prévoit une croissance d’environ 1 % pour 2015, une estimation qui n’a pas été revue à la hausse mercredi, malgré l’optimisme de certains experts. Le recul de l’euro par rapport au dollar, ainsi que la faiblesse relative du baril de pétrole par rapport à l’année dernière, devraient rendre les objectifs de réduction de déficit plus facile à atteindre.

Les mesures d’allègement des impôts des entreprises annoncées hier ont aussi été assorties de mesures sociales, dont la création d’un compte d’activité personnel pour les salariés. Le Premier ministre a également critiqué le patronat qui tarde à remplir ses engagements en matière d’emploi, malgré les promesses. Ces mesures plus sociales sont directement destinées à rallier l’aile gauche du parti socialiste, qui menaçait de ruer dans les brancards lors du congrès du Parti, prévu début juin à Poitiers.

Réactions

La confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) a salué mercredi une « vraie bonne mesure » après l'annonce par Manuel Valls d'un coup de pouce fiscal de 2,5 milliards d'euros aux entreprises pour favoriser leur investissement.

« Cette mesure financièrement significative pourra générer une réduction d'impôt sur les sociétés allant jusqu'à 13% de la valeur de l'investissement », s'est félicité l'organisation patronale, pour qui « son impact sera donc réel et tangible pour les entreprises en capacité d'investir » a précisé l'organisation.

«Mesures en faveur de l'investissement : des initiatives positives qui ne doivent pas faire oublier que la véritable problématique est la poursuite du rétablissement des marges des entreprises», a expliqué le Medef dans un communiqué.

Contexte

Le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé un plan de mobilisation de 300 milliards d'euros pour relancer l'économie européenne.

Jyrki Katainen, commissaire européen en charge de l'emploi, de la croissance, de l'investissement et de la compétitivité, veut y inclure un partenariat public-privé afin d'augmenter la capacité de prêts de la Banque européenne d'investissement (BEI) et d'autres prêteurs de l'Union. Il veut ainsi accroitre le niveau d'investissement des États membres dans l'infrastructure et continuer à développer le marché unique.

Les détails du plan ont été révélés le 25 novembre 2014. Les capitaux de la BEI, basée au Luxembourg, sont au centre du projet, qui inclut la création d'un fonds européen pour les investissements stratégiques et d'autres outils qui permettent à la BEI de faire des investissements plus risqués.

La solidarité avec les pays du sud de l'Europe les plus sévèrement touchés par la crise et les mesures d'austérité représente une grande partie du plan Juncker.

>> Lire : La Commission dévoile son plan d'investissement de 315 milliards d'euros