Le Bundestag donne son feu vert aux négociations sur un troisième plan d’aide à la Grèce

Les députés de la chambre basse du Parlement allemand, le Bundestag, ont donné vendredi, à une large majorité, leur feu vert à des négociations sur un troisième plan d’aide à la Grèce, de plus de 80 milliards d’euros.

Au total 439 des 598 votants, sur les 631 députés que compte l’assemblée allemande, ont voté « oui » à la demande du gouvernement de pouvoir négocier cette nouvelle aide, a annoncé le président du Bundestag, Norbert Lammert. Cent dix-neuf députés ont voté « non » et 40 se sont abstenus.

Dans le camp conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU/CSU), 65 députés ont fait défection (60 « non » et cinq abstentions), plus que la cinquantaine prévue et le double des refus enregistrés lors du dernier vote sur la Grèce en février. Plusieurs députés ont fait part de leurs doutes quant à la volonté d’Athènes de véritablement tenir les engagements pris.

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Chez le partenaire de la coalition social-démocrate (SPD), le soutien à la Grèce a en revanche été très franc. L’opposition a voté en rangs dispersés, la plupart des Verts préférant s’abstenir.

C’était la sixième fois depuis 2010 que les députés allemands se penchaient sur une aide à la Grèce.

Ce feu vert allemand était la dernière condition au début des négociations proprement dites sur le programme et la chancelière, Angela Merkel, et son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, étaient venus plaider avec force pour un « oui », la première arguant que l’alternative était d’aider à nouveau Athènes ou bien le « chaos assuré ».

Les députés avaient interrompu leurs vacances pour une séance exceptionnelle. M. Lammert leur a dit en clôturant la séance qu’ils pourraient être appelés à se réunir à nouveau avant la reprise officielle des sessions le 8 septembre.

Le Bundestag devra approuver à nouveau, comme d’autres Parlements européens, le plan d’aide une fois que ses modalités et son volume auront été décidés.

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Première économie européenne, l’Allemagne est le plus gros contributeur aux plans d’aide mis en place pour les pays de la zone euro. Encore majoritairement opposés à une nouvelle aide au début du mois, les Allemands étaient à 53 % favorables au nouveau plan selon un sondage publié vendredi.

Sous la pression de Berlin, la nouvelle perfusion financière sera conditionnée à des conditions draconiennes, sous forme de réformes structurelles de l’économie grecque.