Le couple franco-allemand réclame à Tsipras une proposition ambitieuse

François Hollande et Angela Merkel se sont retrouvés en amont du sommet de la zone euro pour accorder leurs violons [Présidence de la République]

Après le « non » fracassant des Grecs au référendum, Angela Merkel et François Hollande se sont retrouvés lundi soir à Paris pour appeler conjointement Alexis Tsipras à mettre sur la table de nouvelles propositions pour relancer les négociations entre Athènes et ses créanciers. 

Les Grecs doivent faire de nouvelles propositions pour permettre aux négociations de reprendre avec le reste de la zone euro, ont affirmé ensemble le président François Hollande et la chancelière Angéla Merkel, à l’issue d’une rencontre à Paris le 6 juillet.

>>Lire : Le « non » grec au référendum ébranle l’Europe

« La porte est ouverte aux discussions et il revient maintenant au gouvernement d’Alexis Tsipras de faire des propositions sérieuses », a martelé le président français, insistant sur l’urgence de la situation et la nécessité de conserver la « dignité » de l’UE.

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Prudente, Angela Merkel a rappelé que l’autre inconnue de ces négociations à venir était « l’attitude des 18 autres pays » par rapport au vote grec. « Nous disons effectivement que la porte reste ouverte aux discussions et c’est la raison également pour laquelle les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro se réunissent demain. » a-t-elle poursuivi. Mais la chancelière a également insisté sur la nécessité pour Athènes de formuler des « propositions tout à fait précises » et « sérieuses ». 

>>Lire : En direct : une solution pour Grèce?

Mais si le président français a insisté sur la nécessité pour la Grèce de mettre rapidement ses propositions sur la table des négociations, la chancelière a adopté une position plus ferme face à Athènes, en rappelant que « les conditions préalables pour rentrer dans de nouvelles négociations sur un programme concret du mécanisme européen de stabilité ne sont pas encore réunies. »

Appel commun

L’appel des deux poids lourds de la zone euro, qui étaient resté silencieux depuis le non grec lors du référendum du 5 juillet, donne le « la » de la position européenne à quelques heures d’un sommet décisif de la zone euro consacré à la Grèce. En rentrouve la porte à une reprise des négociations. 

>>Lire : Le « Non » grec place Angela Merkel au pied du mur

Les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro se retrouvent en effet cette après-midi pour un sommet consacré à la situation grecque. Et devront définir « une position à partir des propositions qui seront faites par la Grèce » a rappelé François Hollande.

De son côté, le Premier ministre français Manuel Valls a également lancé un appel en faveur du maintien de la Grèce au sein de la zone euro. « La France fait tout et fera tout pour que la Grèce reste dans la zone euro car c’est sa place, au cœur même de la construction européenne », a-t-il déclaré le 7 juillet. 

Au sein d’une zone euro divisée sur l’avenir d’Athènes, entre les partisans d’une ligne dure et ceux tentés par une nouvelle tentative de négociation et opposés au Grexit, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker a également lancé un appel pour sauver l’unité de l’euro.  « Ma volonté, mon souhait, est d’éviter un Grexit », a-t-il déclaré.

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Le refus des Grecs de donner leur bénédiction à la série de mesures d’austérité proposées par les créanciers internationaux du pays en échange de la poursuite du plan d‘aide au pays a réactivé la crise entre Athènes et la troïka.

Contexte

Le parti anti-austérité Syriza a remporté une victoire écrasante lors des élections anticipées du 25 janvier dernier en Grèce, mais n'a pas obtenu une majorité absolue au parlement.

Son chef de file, Alexis Tsipras, a affirmé que le « cercle vicieux de l'austérité » était terminé, déclenchant ainsi des réactions variées au sein de l'UE.

Les proposition de réformes avancées par Athènes n'ont pas convaincu l'Eurogroupe et les créanciers du pays, et la Grèce, qui ne peut plus honorer ses dettes, se retrouve dans une situation plus précure que jamais.

>> Lire : La victoire de Syriza brave l'austérité en Europe

Prochaines étapes

  • 6 juillet : rencontre entre François Hollande et Angela Merkel à Paris
  • 7 juillet : sommet de la zone euro consacré à la Grèce