Le dossier grec s’embourbe à l’Eurogroupe

Jeoren Dijsselbloem et Yanis Varoufakis à Bruxelles le 11 février. [European Council]

Jeoren Dijsselbloem et Yanis Varoufakis à Bruxelles le 11 février. [European Council]

Les ministres des Finances de la zone euro doivent se retrouver samedi 27 juin après un échec des négociations jeudi 25.

La réunion de l’Eurogroupe devait permettre de « fusionner » la dernière proposition avancée par Athènes et celle de ses créanciers, la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et l’UE.

Yanis Varoufakis, ministre grec des Finances, a déclaré que si certains États soutenaient la proposition grecque, d’autres refusaient de s’éloigner des exigences des créanciers.

Du soir du mercredi 24 juin au matin du jeudi 25, Alexis Tsipras, Premier ministre grec, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, Mario Draghi, président de la BCE et Christine Lagarde, qui dirige le FMI, ont tenté d’élaborer un programme à présenter aux ministres des Finances de l’Eurogroupe.

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Dans cette nouvelle ébauche d’accord, la Grèce s’est inclinée devant les exigences de ses créanciers en ce qui concerne l’âge de la retraite, qui sera élevé à 67 ans en 2022, au lieu de 2025, comme prévu par la proposition grecque soumise lundi 22 juin.

Malgré cette concession, les ministres des Finances ne semblent pas satisfaits de la nouvelle proposition, qu’ils jugent trop semblable à une autre offre grecque déjà rejetée.

Athènes assure pouvoir réunir 8 milliards d’euros, essentiellement grâce aux impôts des personnes aisées et des entreprises, à l’augmentation de la TVA et à des coupes dans son budget défense.

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Dans leur contre-proposition présentée mardi 23 juin, les créanciers du pays avaient réclamé la suppression de la retraite anticipée, des changements dans l’âge de la retraite, une modification de la TVA et une augmentation des impôts.

Quelques heures avant le début du sommet du sur l’immigration et les réformes de l’UE souhaitées par Londres, Enda Kenny, Taoiseach (Premier ministre) irlandais, a estimé que les modestes ambitions de croissances de la proposition grecque étaient la pierre d’achoppement des réunions des ministres des Finances.

Angela Merkel, la chancelière allemande, a quant à elle déclaré avoir entendu que les dernières négociations avec la Grèce étaient un retour en arrière. Ce sont les mots exacts utilisés plus tôt dans la journée par son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble.

Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, devrait brièvement informer les dirigeants de l’état des négociations avec la Grèce et proposer une nouvelle réunion de l’Eurogroupe samedi 27 juin. Il s’agira de la cinquième réunion des ministres de la zone euro en dix jours.

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Même si cette cinquième réunion aboutit à un accord de principe, celui-ci devra être analysé à la loupe afin de garantir sa légalité.

Le gouvernement grec, élu en janvier, a promis de mettre un terme à l’austérité imposée par les deux plans de renflouement accordés au pays à hauteur de 240 milliards d’euros. Jusqu’ici, il n’a pas cédé aux exigences des créanciers en ce qui concerne les coupes budgétaires et la réforme des retraites.

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Les prêteurs européens et le FMI refusent à présent de débloquer les 7,2 milliards d’euros de la dernière tranche d’aide due à la Grèce avant l’expiration du programme de sauvetage, le 30 juin. Le même jour, la Grèce doit rembourser 1,5 milliard d’euros de prêts au FMI.

La semaine dernière, Donald Tusk, le président du Conseil européen, a averti qu’Athènes courrait le risque d’un « Graccident chaotique et incontrôlable » – une sortie involontaire du pays de la zone euro, et peut-être de l’UE, qu’il a rejoint en 1981.

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Contexte

Le 25 janvier 2015, le parti anti-austérité Syriza a remporté une écrasante majorité lors des élections grecques, sans pour autant atteindre la majorité absolue.

Alexis Tsipras, chef de file du parti et actuel Premier ministre, a provoqué des réactions diverses de la part de ses homologues européens en annonçant « la fin du cercle vicieux de l'austérité ».

Les réformes proposées par Athènes n'ont cependant pas convaincu l'Eurogroupe et les créanciers du pays. La Grèce se trouve aujourd'hui dans une situation extrêmement difficile et n'est pas en mesure d'honorer ses dettes.

Les propositions de réformes devaient permettre de débloquer la dernière tranche du renflouement du pays, soit 7,2 milliards d'euros, mais les créanciers exigent davantage de mesures d'austérité. Alexis Tsipras a été élu sur sa promesse de mettre un terme aux politiques d'austérité, mais sans l'argent du plan de renflouement, le pays ne pourra pas rendre à temps les 1,5 milliard d'euros qu'il doit rembourser au Fonds monétaire international (FMI) d'ici le mardi 30 juin. Un défaut de paiement pourrait forcer le pays à sortir de l'euro, et éventuellement de l'UE.

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Prochaines étapes

  • 26 juin : Sommet du Conseil.
  • 27 juin : Prochaine réunion de l'Eurogroupe.