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19/01/2017

Le FMI insiste pour que l’UE allège la dette grecque

Euro & Finances

Le FMI insiste pour que l’UE allège la dette grecque

Pour Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, une restructuration de la dette est "nécessaire".

[Fonds monétaire international/Flickr]

La participation du Fonds monétaire internationale au  plan d’aide à la Grèce ne sera possible que si l’UE s’engage à alléger massivement la dette du pays, jugée insoutenable par l’institution. 

Le FMI ne remettra plus la main à la poche sans un allègement de la dette de la Grèce, auquel nombre de pays européens les Européens se sont jusqu’ici montrés opposés.

« Nous avons été très clairs sur le fait que (…) nous avons besoin d’une solution concrète et ambitieuse au problème de la dette » pour accorder de nouveaux prêts à Athènes, a déclaré sous couvert d’anonymat un haut cadre du Fonds monétaire international en présentant un rapport sur la dette grecque.

>>Lire : Le FMI se montre conciliant sur la crise grecque

Ce document, publié dans l’urgence après des fuites dans la presse, avait été remis aux dirigeants européens samedi, deux jours avant la conclusion d’un préaccord avec la Grèce prévoyant un troisième plan d’aide de 82 à 86 milliards d’euros sur trois ans en échange de réformes drastiques.

Le diagnostic du FMI est sans appel: la dette grecque est « totalement non-viable » et devrait approcher les 200% de son produit intérieur brut dans les deux prochaines années, contre un ratio d’environ 175% actuellement.

>>Lire : En direct : une solution pour Grèce ?

Or, aux termes de ses règles internes, le Fonds ne peut accorder des prêts à un pays que si sa dette est considérée « viable, avec une très forte probabilité ».

L’institution de Washington, qui avait contourné ses propres règles pour renflouer la Grèce en 2010 et en 2012, semble décidée à ne pas rééditer l’expérience.

Depuis plusieurs semaines, elle appelle donc les Européens à alléger la dette faramineuse du pays, qui frôle les 320 milliards d’euros, afin de la rendre plus « viable ».

Mais, pour l’heure, ses demandes n’ont guère été entendues par des Européens qui sont de loin les premiers créanciers de la Grèce.

« Un peu faible »

L’accord arraché in extremis lundi, qui exige noir sur blanc la présence du FMI aux côtés des Européens, se contente ainsi d’indiquer que des « mesures additionnelles » d’allègement de dette pourraient être envisagées si Athènes tient ses engagements.

« Ce n’est pas très concret, c’est un peu faible », a balayé le haut responsable du FMI, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse téléphonique.

Le rapport du Fonds utilise un langage plus nuancé, mais ne dit guère autre chose. « La dette de la Grèce ne peut désormais être viable qu’avec des mesures d’allègement de la dette qui vont beaucoup plus loin que ce que l’Europe a envisagé de faire jusque-là », indique le document.

>>Lire : Angela Merkel défend une confiance « restaurée » avec la Grèce

Le FMI soumet trois options aux Européens. La première consisterait à étendre de 10 à 30 ans le « délai de grâce » pendant lequel la Grèce n’aurait pas à rembourser sa dette aux Européens.

La seconde, plus vague, résiderait dans des « transferts annuels » de fonds qui iraient directement alimenter le budget de la Grèce.

La troisième est sans aucun doute la plus controversée: il s’agirait d’un « effacement de dette » pur et simple dont les Européens, Berlin en tête, ne veulent pas entendre parler.

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La chancelière allemande Angela Merkel a ainsi plusieurs fois assuré qu’une réduction classique de la dette grecque était « hors de question ».

Dans un précédent rapport publié avant le référendum grec du 5 juillet, le Fonds avait pourtant déjà évoqué cette option, chiffrant à 53 milliards d’euros la perte sèche encourue par les Européens au cas où Athènes ne tiendrait pas ses objectifs budgétaires.

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Une dégradation de la conjoncture en Grèce serait également lourde de conséquences financières pour les Européens, prévient le Fonds dans son rapport.

« Des financements supplémentaires exceptionnels pourraient être nécessaires de la part des États membres » en sus des 85 milliards d’euros envisagés par le FMI et retenus, peu ou prou, par la zone euro dans son préaccord avec la Grèce.

À terme, ce rapport pourrait bien relancer le débat sur l’engagement du FMI en Grèce, qui est exigé par l’Allemagne, mais âprement combattu par Athènes.

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Pour l’heure, la question est en suspens: le FMI est de fait dans l’incapacité légale de prêter le moindre centime à la Grèce depuis que le pays a fait défaut vis-à-vis de l’institution le 30 juin.

« Nous ne pouvons pas engager de discussions sur un programme tant que ces arriérés n’auront pas été épurés », a rappelé le responsable du FMI mardi.

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