EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

21/01/2017

Le « non » grec au référendum ébranle l’Europe

Euro & Finances

Le « non » grec au référendum ébranle l’Europe

Les Grecs se sont prononcé à une large majorité contre le plan des créanciers d'Athènes au référendum de dimanche 5 juillet.

Foto: dpa

Les dirigeants de l’Union européenne engagent lundi 6 juillet d’intenses consultations pour évaluer les conséquences du « non » massif des Grecs au référendum sur le plan des créanciers et élaborer une stratégie pour l’avenir.

Après la victoire du « non » avec 61,31% selon les résultats définitifs, l’incertitude plane sur le maintien de la Grèce dans la zone euro. Dimanche soir, Berlin d’un côté, Paris et Rome de l’autre, ne semblaient pas en phase sur la réaction à apporter, et Athènes faisait mine de ne voir aucun problème à son retour dès lundi à la table des négociations.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande étaient néanmoins « d’accord » pour dire qu’il fallait « respecter le vote » des Grecs, et pour appeler à un sommet de la zone euro, qui aura lieu mardi à 16h à Bruxelles. La Commission européenne disait aussi « respecter le résultat » du référendum.

Grexit, un « scénario réaliste »

Alors que les partisans du « non » manifestaient leur joie à Athènes, Berlin a réagi durement, le ministre allemand de l’Économie Sigmar Gabriel jugeant « difficilement imaginables » de nouvelles négociations dans ces circonstances.

M. Gabriel a même déclaré que le premier ministre grec Alexis Tsipras avait « coupé les derniers ponts » entre son pays et l’Union européenne, dans un entretien au quotidien Tagesspiegel à paraître lundi.

>>Lire : En direct : une solution pour la Grèce?

Le chef de l’Eurogroupe et ministre des Finances des Pays-Bas, Jeroen Dijsselbloem, a quant à lui jugé le résultat du vote « très regrettable pour l’avenir de la Grèce ».

Le ministre slovaque des Finances Peter Kazimir jugeait pour sa part que, désormais, un Grexit – sortie de la Grèce de la zone euro – était « un scénario réaliste ».

Pour un responsable russe, le vice-ministre de l’Économie Alexeï Likhatchev, « on ne peut pas ne pas comprendre » qu’il s’agit d’un « pas vers la sortie de la zone euro ».

Main tendue

Mais M. Tsipras a assuré à ses compatriotes que le résultat du référendum ne marquait pas « une rupture avec l’Europe », mais au contraire « un renforcement du pouvoir de négociation » de son gouvernement. Il a déclaré que « cette fois la dette serait sur la table » de ces négociations.

Et le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a qualifié le scrutin d’« outil pour tendre la main à nos partenaires ». Ce dernier a d’ailleurs annoncé sa démission au lendemain du référendum, expliquant avoir été informé « d’une certaine préférence de certains membres de l’Eurogroupe, et de partenaires associés, (…) pour mon absence des réunions » a-t-il souligné sur son blog.

Reprise des négociations

Deux grandes capitales, Paris et Rome, avaient envisagé la reprise des négociations même en cas de victoire du « non », par les voix du président du Conseil italien Matteo Renzi et du ministre français de l’Économie Emmanuel Macron.

M. Hollande s’est entretenu dimanche soir avec M. Tsipras. Il doit recevoir lundi soir à Paris la chancelière Merkel « pour évaluer les conséquences du référendum en Grèce » avant le sommet européen.

>>Lire : Le défaut de la Grèce plonge l’UE dans l’incertitude

Auparavant, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker doit consulter dans la matinée lors d’une conférence téléphonique Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, Donald Tusk, président du Conseil européen, et Mario Draghi, patron de la Banque centrale européenne (BCE).

Est également prévue une réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, annoncée dès vendredi par le gouverneur de la Banque d’Autriche Ewald Nowotny. Le conseil pourrait notamment examiner une demande envoyée dimanche soir par la Banque de Grèce, qui souhaite que soit remonté le plafond des aides d’urgence (ELA) accordées à Athènes.

Incertitude

L’incertitude sur la suite des évènements était totale. La Grèce n’a plus d’argent, ses banques sont fermées depuis une semaine et fragilisées par les retraits massifs récents de Grecs anxieux.

Dans cette situation périlleuse, le premier ministre Tsipras, issu du parti de la gauche radicale Syriza, pouvait au moins se féliciter d’avoir remporté le pari du référendum, cinq mois après sa victoire aux élections législatives de janvier.

M. Tsipras a adressé dimanche soir un message d’union à ses compatriotes: quel que soit le vote choisi au référendum, « nous ne faisons qu’un », a-t-il dit. Le raz de marée du « non » a emporté avec lui l’ex-premier ministre et leader du parti conservateur Nouvelle Démocratie Antonis Samaras, qui a démissionné de ses fonctions.

L’affaire semblait pourtant loin d’être gagnée au départ pour le jeune Premier ministre, qui aura 41 ans ce mois-ci.

>>Lire : Grèce : les banques seront fermées pendant une semaine

D’une question simple posée aux Grecs, en substance « Approuvez-vous la proposition de réformes mise sur la table le 25 juin par les créanciers du pays (FMI, UE, BCE)? », les créanciers avaient fait un plébiscite pour ou contre un euro auquel les Grecs sont très attachés, à 74%.

Pour parachever la dramatisation de ce scrutin, ils avaient refusé, la semaine dernière, de poursuivre le programme d’aide en vigueur depuis 2012, laissant la Grèce – qui n’a plus reçu d’aide depuis août 2014 – manquer un paiement de 1,5 milliard au FMI, événement financier rarissime.

Mais les Grecs ont semblé dépasser leur anxiété pour dire le « grand non » espéré par M. Tsipras aux créanciers, qui exigent des réformes très dures de la Grèce depuis 2010, en échange de 240 milliards d’euros de prêts ou promesses de prêts, qui ont porté la dette grecque à près de 180% du PIB.

Sur la place Syntagma, des milliers de personnes se sont rassemblées pour manifester leur joie, malgré les incertitudes. Certains chantaient, dansaient, agitaient des drapeaux et scandaient « Oxi » (Non en grec), leurs visages rayonnants. Des stands vendant drapeaux grecs et sifflets se sont montés un peu partout.

George Kotsakis, 55 ans, vêtu d’un jogging au motif des jeux Olympiques d’Athènes 2004, tenait un drapeau grec à la main: « Je suis ravi, c’est merveilleux, la vie sera différente à partir de maintenant », espérait-il.

Dans les autres pays de l’Union européenne, l’inquiétude était de mise dimanche soir. De source proche du ministère italien des Finances, on disait croire que la zone euro serait « en mesure de faire face » à la réaction des marchés lundi.

>> Lire : Le référendum grec divise la zone euro

Le PS portugais mettait en garde contre les effets possibles d’un « séisme grec » sur le Portugal. En Espagne, un conseil interministériel urgent devait se réunir lundi à Madrid.

Mais le chef du parti antilibéral espagnol Podemos, Pablo Iglesias, jubilait. « Aujourd’hui en Grèce la démocratie l’a emporté », twittait-il. Le succès du gouvernement grec a aussi entraîné les félicitations des eurosceptiques, la Française Marine Le Pen et le Britannique Nigel Farage en tête.

Réactions

Allemagne

En Allemagne, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré que les résultats du référendum devaient être respectés, selon son porte-parole.

Angela Merkel se rendra à Paris lundi après-midi pour discuter des résultats du référendum grec avec son homologue français, François Hollande. « La discussion avec le président français débutera à 18h30 et le dîner sera dédié à une évaluation commune de la situation post-référendum et à la poursuite de la coopération étroite entre la France et l’Allemagne sur le sujet », a indiqué le porte-parole d’Angela Merkel.

La balle est désormais dans le camp grec, a ajouté le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, un social-démocrate. « Nous devons tout d’abord accepter les résultats », a-t-il déclaré aux journalistes à Vienne, à son arrivée pour les négociations sur le nucléaire iranien. « Des conclusions doivent être tirées, mais avant toute chose, une décision doit être prise en Grèce et c’est pour cela que la balle et dans leur camp. »

Le ministre de l’Économie, Sigmar Gabriel, a déclaré au Tagesspiegel qu’il était difficile d’imaginer des négociations avec la Grèce sur un nouveau plan de sauvetage après que le pays a clairement rejeté les propositions des créanciers lors du référendum.

« Avec le rejet des règles de la zone euro, des négociations sur un programme qui vaut des milliards d’euros sont à peine concevables », a déclaré Sigmar Gabriel, chef des sociaux-démocrates (SPD), qui partage le pouvoir avec les chrétiens démocrates (CDU) d’Angela Merkel.

Georg Fahrenschon, président de l’association des banques d’épargne allemandes, a déclaré : « Avec leur “non”, les Grecs ont dénoncé les fondements et les règles de l’union monétaire. Par conséquent, la Grèce devrait quitter la zone euro. »

France

Au lendemain du référendum grec, les dirigeants français insistent sur la nécessité de respecter ce vote, mais aussi sur l’obligation pour le gouvernement d’Alexis Tsipras de sortir d’une opposition stérile aux propositions qui lui sont faites.

Les bases d’un dialogue existent, mais c’est à Athènes de « démontrer qu’elle prend au sérieux ce dialogue », a ainsi dit le ministre des Finances, Michel Sapin, sur Europe 1.

L’Union européenne et la Grèce doivent « négocier dans la solidarité » après le non grec au référendum, a estimé lundi le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui a par ailleurs raillé Nicolas Sarkozy qui s’est « planté sur toute la ligne » dans le dossier grec.

« Le peuple grec a répondu clairement à une question qui ne l’était pas en disant, quatre mois après l’élection de Tsipras, qu’ils étaient contre l’austérité. Il fallait vraiment méconnaître la situation des Grecs pour croire que le oui allait l’emporter. En Europe, beaucoup y croyaient, ils se sont lourdement trompés », a déclaré M. Cambadélis sur France Info.

Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a pressé lundi le gouvernement grec de faire de « nouvelles propositions » après le rejet par référendum du plan des créanciers, estimant que « personne », chez les « dirigeants responsables », ne veut de la sortie de la Grèce de la zone euro.

Italie

En Italie, la peur de la contagion est beaucoup moins présente qu’en 2010 lorsque la première crise grecque a éclaté. La zone euro « est capable de faire face à une crise de confiance et à d’éventuelles attaques spéculatives », a indiqué dimanche une source proche du ministère des Finances italien. « L’incertitude sur l’avenir de la Grèce risque d’affoler les marchés financiers », a pourtant reconnu la source, ajoutant que l’économie italienne était en train de se redresser, mais que la zone euro pouvait éviter la contagion du drame de la dette grecque.

Le Premier ministre, Matteo Renzi, a estimé qu’il était « évident » que les négociations devaient reprendre dès lundi, déclarant au journal romain Il Messaggero que la crise grecque ne pouvait pas se terminer comme ça.

Selon lui, « il est impossible de sauver la Grèce sans l’engagement du gouvernement grec, c’est-à-dire sans une réforme des retraites, sans lutte contre l’évasion fiscale. Le nouveau marché du travail dépend de tout cela ».

L’Italie, « compagnon d’infortune » de la Grèce il y a trois-quatre ans, ne l’est plus, et les Italiens « ne doivent pas avoir peur » des effets négatifs de cette crise, a assuré samedi le président du Conseil italien, Matteo Renzi. « Cessons de décrire l’Italie comme le malade de l’Europe, nous ne le sommes plus », a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne de télévision privée TG5, à la veille du référendum organisé en Grèce.

« L’Italie n’a pas peur de conséquences spécifiques. Si l’Italie et la Grèce ont été des compagnons d’infortune, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous sommes ceux qui résolvent le problème, nous ne sommes plus le problème », a-t-il poursuivi.

Le ministre des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, a déclaré qu’il espérait parvenir à un accord avec la Grèce . « Nous pouvons désormais essayer de travailler sur un accord, mais le labyrinthe grec n’a pas d’issue avec une Europe faible qui n’a pas de croissance », a-t-il tweeté.

Pays-Bas

Avant le vote de dimanche, le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a mis en garde les membres de son parti travailliste néerlandais : « Même si le gouvernement à Athènes aimerait que les gens pensent différemment [le référendum] pose bien la question de l’appartenance de la Grèce à la zone euro. »

Luxembourg

Au Luxembourg, le Premier ministre, Xavier Bettel, pense qu’une solution peut être trouvée. « Le gouvernement grec doit expliquer comment il envisage la suite, tout en respectant les procédures européennes. Les négociations ne sont pas faciles, mais l’Europe est forte et je suis confiant à l’idée que nous trouverons une solution », a affirmé Xavier Bettel, dont le pays vient juste de prendre la présidence tournante de l’UE, dans un communiqué envoyé à Reuters.

Malte

Pour le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, les populations des pays créanciers, comme Malte, attendent désormais que leurs représentants protègent leurs intérêts. « Le gouvernement grec a voulu protéger les intérêts de son peuple en utilisant la méthode qu’il estime être la meilleure.

Slovaquie

Le ministre slovaque des Finances, Peter Kazimir, a déclaré que la perspective de voir la Grèce sortir de la zone euro est désormais réalisable. “Le cauchemar des ‘architectes de l’euro’ de voir un pays quitter le club semble désormais être un scénario réaliste après le ‘non’ de la Grèce”, a-t-il écrit sur son compte Twitter. “Le refus des réformes ne veut pas dire que la Grèce aura son argent plus facilement”, a-t-il ajouté.

Finlande

Le ministre finlandais des Affaires étrangères, Timo Soini, a déclaré que l’avenir de la Grèce dans la zone euro dépendait de la volonté des contribuables européens à payer.

“Force est de constater que quand les Grecs votent, ils votent pour que les impôts d’autres pays membres de la zone euro payent pour eux”, a déclaré Timo Soini, dont le pays fait partie d’un club de pays de la zone euro résolument proaustérité.

Pays baltes

La présidente lithuanienne, Dalia Grybauskaite, a déclaré que le vote grec avait “encore plus compliqué la situation”. Quant au Premier ministre estonien, Taavi Roivas, il a tweeté : “Ce n’est pas très prometteur pour l’avenir du peuple grec...”

Le Premier ministre letton, Laidmota Straujuma s’est également exprimé sur Twitter en disant qu’un “non” grec rendrait toute future négociation très difficile. Son porte-parole, Aiva Rozenberga, a plus tard déclaré à l’AFP que si les Grecs voulaient revenir, l’Europe gardait la porte ouverte aux négociations ».

Russie

Moscou n'a pas manqué de commenter l'issue du référendum. Alexei Likhachev, ministre adjoint de l'Économie, a estimé que la Grèce avait « fait un premier pas vers une sortie de la zone euro ». L'apparente volonté d'Alexis Tsipras de se rapprocher de Vladimir Poutine a été très critiquée dans l'UE.

Parlement européen et partis politiques

Sergueï Stanichev, président du Parti socialiste européen, a déclaré que l'Europe devrait se montrer solidaire avec la Grèce et faire des efforts pour l'aider à rester dans la zone euro.

« La grande majorité des Grecs ne souhaitent pas quitter l'Europe. Il est évident que les politiques d'austérité totale des conservateurs ont augmenté les inégalités et nuisent à l'emploi et à la croissance. En tant que socialistes européens, nous luttons depuis des années pour une approche différente. Je reste opposé à une sortie de la zone euro et au Brexit. »

Rebecca Harms et Philippe Lamberts, co-présidents du groupe des Verts au Parlement européen, se sont étonnés des déclarations de Martin Schulz, président du Parlement européen.

« Ces remarques qui spéculent sur l'issue du référendum, espérant une victoire du « Oui », suivie par la démission du Premier ministre Alexis Tsipras et par un éventuel remplacement du gouvernement grec légitime, élu démocratiquement, par un gouvernement de technocrates sont complètement déplacées. […] Malgré l'engagement de M. Schulz à l'intégration européenne et sa contribution aux négociations de la crise grecque, et bien que nous reconnaissons la frustration légitime qui ont pu causer l'attitude des personnes impliquées, les déclarations de cette interview sont injustifiables. Et d'autant plus étant donné la position de M. Schulz en tant que président du Parlement européen. »

Syed Kamall, qui préside le groupe des Conservateurs et réformistes européens (CRE) au Parlement, estime qu'une sortie de l'euro serait le pire scénario pour la Grèce.

« La voix du peuple grec se fait entendre ce soir et elle ébranlera l'idée de certains dirigeants européens qui pensent que les peuples des nations européennes voteront toujours aveuglément pour l'intégration et accepteront toujours l'offre proposée. »

Le groupe des Libéraux et Démocrates (ALDE) estime qu'il revenait à présent à Alexis Tsipras de présenter un plan de réforme sérieux, avertissant que la victoire du « Non » pourrait aboutir à une sortie involontaire de la zone euro.

« Tsipras a remporté le référendum en Grèce, mais il a perdu sa crédibilité dans le reste de l'Europe », assure Guy Verhofstadt. « Il doit comprendre qu'il n'y a que dans les rêves qu'on reçoit de l'argent sans contrepartie. Il doit montrer qu'il peut faire plus que simplement rejeter des propositions. »Cette semaine montrera si Tsipras est « un dirigeant qui offre des solutions ou un faux prophète », sans idées propres.

« L’avenir de la Grèce n’est pas le seul enjeux ici. Il s'agit de l'avenir de l'Europe. S'il se montre sérieux et propose un plan de réforme crédible par écrit le plus rapidement possible, nous devrions donner une seconde chance aux négociations, une période d'apaisement afin de trouver un accord à long terme pour la Grèce et pour l'Europe. »

Gabi Zimmer, présidente du groupe de gauche GUE/GVN, dont fait partie Syriza, a également réagi. « Le Non du référendum signifie que les Grecs [...] disent oui à des négociations sur la restructuration de la dette et sur l'abandon d'une partie de celle-ci. Ils disent oui à l'intégration européenne et oui à la démocratie européenne. »

« Vous, le peuple grec, avez rejeté Schäuble et tous ceux qui veulent diviser la zone euro et l'UE. [...] Les Grecs ont renforcé la position de leur gouvernement pour les négociations futures avec les créanciers. Il est temps qu'Angela Merkel et François Hollande assument leurs responsabilités et laissent la politique et la démocratie l'emporter sur les règles du marché financier néolibéral. »

Les eurosceptiques se sont réjouis de ce que Marine Le Pen, a qualifié de rejet de « l'oligarchie de l'Union européenne ».

« La victoire du Non au référendum grec ce soir est la victoire du peuple contre l’oligarchie de l’Union Européenne ! C’est un Non de liberté, de rébellion face aux diktats européens qui veulent imposer la monnaie unique à tout prix, via l’austérité la plus inhumaine et la plus contre-productive », déclarait-elle le 5 juin dans un communiqué.

En Grande-Bretagne, Nigel Farage, qui dirige le parti eurosceptique pour l'indépendance du Royaume-Uni, UKIP, a félicité les Grecs d'avoir « relevé le coup de bluff de l'UE ». « Le projet européen est en train de mourir. Il est fantastique de voir le courage du peuple Grec face aux intimidations politiques et économiques de Bruxelles », a-t-il affirmé.

Les eurosceptiques italiens et néerlandais ont également rejoint le chœur de liesse après ce revers pour l'UE.

En Espagne, Pablo Iglesias, qui dirige le parti d'extrême gauche Podemos, et est proche d'Alexi Tsipras a tweeté : « Aujourd'hui en Grèce, la démocratie a gagné ».

Contexte

Le parti anti-austérité Syriza a remporté une victoire écrasante lors des élections anticipées du 25 janvier dernier en Grèce, mais n'a pas obtenu une majorité absolue au parlement.

Son chef de file, Alexis Tsipras, a affirmé que le « cercle vicieux de l'austérité » était terminé, déclenchant ainsi des réactions variées au sein de l'UE.

Les proposition de réformes avancées par Athènes n'ont pas convaincu l'Eurogroupe et les créanciers du pays, et la Grèce, qui ne peut plus honorer ses dettes, se retrouve dans une situation plus précure que jamais.

>> Lire : La victoire de Syriza brave l'austérité en Europe