EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

23/01/2017

Le plan d’aide à la Grèce peut encore évoluer, selon un fonctionnaire européen

Euro & Finances

Le plan d’aide à la Grèce peut encore évoluer, selon un fonctionnaire européen

Alexis Tsipras avec Jean-Claude Juncker et François Hollande.

[European Commission]

Le troisième plan d’aide à la Grèce pourra encore être ajusté en fonction de l’évolution de la situation, a expliqué un haut fonctionnaire européen à l’approche d’une réunion des ministres des Finances. 

Athènes et l’UE sont parvenus à un accord sur un troisième plan d’aide à la Grèce au mois de juillet, après des négociations difficiles. Un haut fonctionnaire bruxellois, a toutefois expliqué que ce mémorandum était un « document vivant », qui pouvait être ajusté aux évolutions constantes de la situation économique.

« Lors du premier examen, on négocie », a indiqué le fonctionnaire, en référence à la série de réunions qui rassemblera Athènes et ses créanciers à partir du 12 octobre. « Les protocoles d’accord des premier et deuxième programmes d’aides [à la Grèce] […] sont des documents vivants qui changent à chaque compte rendu. Il en sera donc de même cette fois-ci, et les changements reflèteront les interactions des autorités grecques et des institutions », ajoute-t-il.

Syriza et Nouvelle Démocratie au coude à coude

Ces déclarations d’un haut fonctionnaire européen ne devraient pas passer inaperçues en Grèce, où les partis politiques se disputent l’attention des électeurs à l’approche des élections anticipées du 20 septembre.

À une dizaine de jours du scrutin, le parti de gauche d’Alexis Tsipras et les conservateurs de Nouvelle Démocratie sont au coude à coude dans les sondages. Les deux partis ont promis de tenter d’obtenir des concessions de la part de l’UE, afin d’améliorer les conditions du renflouement.

Alexis Tsipras, le Premier ministre sortant, a récemment assuré que « la lutte pour l’amélioration du troisième renflouement n'[était] pas encore terminée ». Une partie de la presse allemande s’est empressée d’interpréter cette déclaration comme une indication qu’Athènes envisage une sortie de l’euro.

Le soir du 9 septembre, les principales personnalités politiques des différents partis ont participé à un débat télévisé qui a mis en évidence les divergences manifestes entre les partisans d’une sortie de la zone euro et les opposants à cette idée. Si Syriza et Nouvelle Démocratie sont tous deux opposés à un « Grexit », cette option est préférée par le tout nouveau parti Unité populaire (les frondeurs à la gauche de Syriza) et par le parti néonazi Aube dorée.

>> Lire : Syriza envisage de coopérer avec les socialistes du PASOK

Selon le dernier sondage mené par Pulse, les partis pro-UE remporteraient 70 % des voix, contre entre 25 et 28 % pour les partis anti-UE.

À Athènes, la question des possibles alliances pour former un gouvernement de coalition est sur toutes les lèvres, puisqu’aucun parti ne devrait remporter la majorité absolue à la Vouli, le parlement grec. Nouvelle Démocratie et Syriza pourraient s’allier avec des petits partis, à moins qu’ils ne décident de joindre leurs forces pour éviter un deuxième tour, ce qu’ils préfèreraient tous les deux.

>> Lire : Syriza et ses frondeurs s’écharpent avant le scrutin en Grèce

Recapitalisation bancaire

Les ministres des Finances se réuniront quant à eux à Luxembourg pour parler du secteur bancaire grec, très fragilisé.

Selon un fonctionnaire européen, la situation est cependant en train de s’améliorer. La levée progressive des dispositifs de contrôle des mouvements de capitaux instaurés en Grèce a déjà débuté. C’est une évolution bien plus rapide que ce que l’on a pu voir à Chypre ou en Islande, fait-il remarquer.

Le fonctionnaire européen qui s’est adressé aux journalistes a également expliqué que la recapitalisation des banques grecques était liée au premier examen de la mise en œuvre du programme, qui aura lieu en octobre.

« L’accord alloue 25 milliards d’euros à la capitalisation du secteur bancaire grec […] 10 milliards d’euros ont déjà été versés, et les décisions à prendre pour les 15 milliards restants devraient être prises d’ici le 15 novembre », indique-t-il.

>> Lire : Réouverture de la Bourse d’Athènes sur fond de désaccord entre les créanciers

« La Grèce respectera l’accord »

« Il n’y a aucun plan B pour la Grèce, seulement le plan A, celui de l’accord », assure le haut fonctionnaire, suite à une question sur l’engagement du prochain gouvernement grec.

Il s’est d’ailleurs montré confiant quant à la coopération du prochain gouvernement et au respect de l’accord, assurant que « la Grèce respectera l’accord ».

Contexte

Lundi matin, les dirigeants de la zone euro sont parvenus à un accord en ce qui concerne un troisième plan de sauvetage pour sauver la Grèce de la faillite après plus de 17 heures de négociations à couteaux tirés.

>> Lire : La zone euro s'accorde pour éviter le Grexit

Ce programme est le troisième plan de sauvetage grec en cinq ans. Il sera fourni par le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds permanent de résolution de crise de la zone euro, qui a été mis sur pied il y a cinq ans dans le but de sauver la Grèce de la faillite.

Voici un aperçu des réformes qu'Athènes doit mettre en place :

  • Demande de soutien suivi du Fonds monétaire international après l'expiration du programme existant au début de l'année 2016.
  • Augmentation de la taxe à la consommation et élargir l'assiette d'imposition afin d'augmenter les revenus.
  • Réformes multiples du système des retraites, afin de le rendre plus économiquement viable.
  • Garantie de l'indépendance des agences statistiques du pays.
  • Introduction très rapide de lois assurant des « coupes budgétaires quasi automatiques » si le gouvernement n'atteint pas ses objectifs d'excédent budgétaire.
  • Modernisation du système de justice civile, afin de le rendre plus efficace et moins coûteux.
  • Réforme du marché des produits, comprenant notamment l'ouverture des magasins de dimanche, l'allongement des périodes de soldes, des modifications du régime des pharmacies, des changements des marchés du lait et de la boulangerie, l'élargissement de l'accès aux professions protégées, notamment le transport en ferry.
  • Privatisation de l'exploitant du réseau de transport de l'électricité, ou d'autres mesures ayant le même impact.
  • Réforme du marché du travail. Ce point inclut notamment la révision des règles sur les conventions collectives, les grèves et les licenciements collectifs.
  • Renforcement de la gouvernance bancaire et élimination des prêts non performants.
  • Augmentation considérable du programme de privatisation, notamment avec le transfert de 50 milliards d'euros d'actifs grecs vers un fonds indépendant à des fins de privatisation.
  • Modernisation, renforcement et réduction des coûts de l'administration grecque.
  • Retour à Athènes des représentants des institutions supervisant les réformes : la Banque centrale européenne, le FMI et la Commission européenne, connus sous le nom de « troïka ». Le gouvernement doit consulter ces institutions avant de soumettre des propositions de loi au parlement ou à la consultation publique.
  • Ré-examination, pour modification, de la législation passée ces six derniers mois et qui pourrait être en contradiction avec les programmes de renflouement précédents.

>> Lire : L’accord de renflouement de la Grèce se précise

Prochaines étapes

  • 20 septembre : Élections anticipées.

Plus d'information