Le prix de la guerre, le prix du sang et les petits boutiquiers de l’Europe

BCE

Face au terrorisme et ses conséquences, que valent les critères de Maastricht ? La guerre a un prix, le sang n’en a pas…Une analyse de notre partenaire La Tribune.

Comment la France peut-elle faire la guerre contre des terroristes aussi déterminés avec un boulet financier tel que les critères de Maastricht qui la contraignent sur le plan budgétaire et l’empêchent d’assurer pleinement la sécurité des Français ainsi que sa pleine souveraineté? Alors que certains grands pays européens se sont un à un défilés pour éviter d’accompagner la France sur les théâtres d’opérations comme au Mali pour lutter contre le terrorisme international de Daech, comment l’Europe peut-elle continuer à donner des leçons à la France sur le respect des critères de Maastricht après les sanglantes attaques terroristes de Paris qui ont fait près de 130 morts?

Ce débat, les Français y ont droit. Car ils viennent de payer très chèrement le prix du sang, la France ayant choisi de faire la guerre au terrorisme international au Mali, en Irak et en Syrie notamment. Contrairement à d’autres pays. Mais la guerre a un prix. Pour 2015, le surcoût des opérations extérieures (OPEX) devrait s’élever à 1,2 milliard d’euros et celui des opérations intérieures (OPINT) à 180 millions. Mais ça, c’était avant les attaques du vendredi 13 novembre.

Trois solutions : soit les pays européens acceptent de partager le prix de cette guerre avec la France, soit on retire certaines dépenses de défense du périmètre maastrichtien, soit, encore plus simple, les critères de Maastricht sont au moins gelés, sinon abolis, pour faire face à l’état d’urgence face à Daech.

Un budget de la défense étranglé

Le budget de la défense reste contraint en dépit d’un nouvel effort budgétaire au printemps dernier. Et selon le délégué général pour l’armement (DGA), Laurent Collet-Billon, il ne reste plus grand-chose dans les caisses du programme 146 (budget d’équipement militaire). Au soir du 6 octobre, « nous avions 217 millions d’euros de crédits de paiement : nous envisageons de mettre de côté 200 millions d’euros pour payer notamment les PME ; il reste donc 17 millions utilisables pour les autres dépenses ordinaires », a-t-il précisé le 7 octobre aux députés de la commission de défense. Pour le dire crûment, que dalle…

Et pourtant, tous les responsables militaires ont très tôt – et ce, bien avant les attentats de janvier – averti que la guerre contre Daech serait longue et dure… Donc coûteuse. En novembre 2014 déjà, le chef de l’état-major de l’armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser, affirmait que « l’adversaire n’est plus seulement aux portes de l’Europe, il en a franchi le seuil ». Mais, face à cette urgence maximale, certains grands pays ont continué à se voiler la face, jouant encore et toujours les gardes-chiourmes des critères de Maastricht. Vendredi 13 novembre, la France en a payé le prix, le prix du sang. Jusqu’à quand le Traité de Maastricht prévaudra-t-il sur la sécurité des Français et des Européens ?

La Tribune

stop-ttip-creditmehr-demokratie-flickr

La Tribune