Le risque de Grexit fait dégringoler les marchés, à l’exception du bitcoin

L’hypothèse de Grexit suscite la nervosité sur les marchés. Seule la monnaie virtuelle en profite.

Les marchés asiatiques ont fortement baissé dans la nuit de mardi à mercredi 9 juillet, au lendemain d’un sommet européen faisant craindre un effondrement économique de la Grèce. L’indice Nikkei a reculé de près de 4 %, tandis que l’euro reculait fortement face au dollar. Les matières premières s’affichaient également en retrait, avec une chute de 2 % pour le baril de brent à 56,20 dollars le baril.

Seules les bitcoins, la monnaie électronique, jouent les valeurs refuges. Certains Grecs ont en effet décidé de transférer leurs actifs en bitcoin, surtout après l’ouverture de distributeurs dans la capitale grecque. S’il est inscrit à la hausse, le cours du bitcoin n’est toutefois pas au plus haut, loin de là. Après un pic à plus de 1100 dollars en janvier 2014, le bitcoin vaut désormais 264 dollars, soit 100 de plus qu’en janvier dernier.

La monnaie électronique ne représente toutefois pas un refuge en soi ; c’est plutôt sa capacité d’offrir du cash qui est appréciée, alors que les banques ont limité les retraits à 60 euros par jour et par personne en Grèce.

>>Lire : Paris veut mettre le bitcoin à l’agenda européen

En revanche, la monnaie électronique n’a jamais été aussi populaire. En juin, 120.000 transactions ont été effectuées en une seule journée, soit 10 fois plus qu’il y a 4 ans. Certaines places de marché où s’échange la monnaie virtuelle en ont d’ailleurs profité pour augmenter leurs tarifs de transaction, comme Coinbase.

Un scénario de Grexit tout prêt

Réunis mardi au sommet à Bruxelles, les pays membres de la zone euro se sont donnés jusqu’au week-end pour s’accorder sur un plan d’aide susceptible de maintenir au sein de la monnaie unique une Grèce au bord de l’effondrement économique. Mais pour la première fois, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a précisé que le processus d’un Grexit avait été étudié et était prêt si besoin. « Nous avons un scénario de Grexit prêt dans le détail ». L’homme politique a ajouté qu’il ne le souhaitait pas, mais qu’il ne pouvait rien faire si le gouvernement grec ne répondait pas aux demandes de ses partenaires européens.

Christian Noyer craint le chaos

Le gouverneur de la Banque centrale française, Christian Noyer, a indiqué mercredi sur Europe 1 que la BCE ne pouvait soutenir éternellement

Sans accord politique avec la Grèce sur un programme de réformes, la Banque centrale européenne (BCE) ne pourra pas continuer à soutenir les banques grecques, a déclaré mercredi sur Europe 1 le gouverneur de la Banque de France.

« L’économie grecque est au bord de la catastrophe, il faut absolument un accord dimanche prochain, c’est le dernier délai. Après ça sera trop tard et les conséquences seront graves », a-t-il déclaré. « Je crains que s’il n’y a pas d’accord dimanche ce soit l’effondrement de l’économie grecque et le chaos. »

Contexte

Le bitcoin est une monnaie virtuelle dont les montants en circulation représentent actuellement environ 7 milliards de dollars. Selon Bitstamp, l'une des principales plateformes d'échange de bitcoins, son cours s'établissait mercredi à 685 dollars environ.

Créés en 2009, les transactions effectuées en bitcoins sont anonymes et les échanges s’effectuent sur des places informatiques qui ne sont pas soumises à la réglementation.

Aujourd’hui, le bitcoin fait face à une crise sévère, depuis la faillite fin février de l’une des principales plates-formes d'échange de la monnaie virtuelle, le japonais MtGox, victime d’un vol informatique oules pirate on dérobé une grande quantité de bitcoins.

Plusieurs pays on entamer un encadrement de la monnaie, comme l’Allemagne ou le japon ; mais les réflexions au niveau européen restent embryonnaires