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26/09/2016

Les appels à la suspension du traitement de Barroso se multiplient

Euro & Finances

Les appels à la suspension du traitement de Barroso se multiplient

Barroso et ses 22 fonctions -Corporate Europe

Le principal syndicat européen, et de nombreux politiques, demandent à la Commission européenne de prendre une « décision appropriée ».

Le principal syndicat des fonctionnaires européens, U4U, a appelé le collège des commissaires à prendre « une déclaration forte et surtout une décision appropriée », après l’annonce du nouveau contrat liant l’ex-président de la Commission, José Manuel Barroso, et la banque d’affaires Goldman Sachs. Une lettre ouverte envoyée à tous les fonctionnaires européens précise les interrogations du syndicat.

« Cette nomination au service d’intérêts financiers particuliers d’un ancien chef de l’exécutif européen soulève des questions éthiques. En particulier quand on se rappelle que J.-M. Barroso a présidé la Commission durant la crise dite des subprimes, en réalité une crise bancaire, dans laquelle Goldman Sachs a joué un rôle important »

Les critiques pleuvent sur l'arrivée de Barroso à Goldman Sachs

L’ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso va rejoindre la banque d’affaires américaine Goldman Sachs, provoquant un concert de critiques notamment en France et au Portugal.

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Le syndicat s’inquiète notamment de savoir si le commissaire a consulté le collège comme l’y invite le Code de bonne conduite, et si le comité d’éthique a rendu un avis.

Juridiquement, l’ex président n’est toutefois tenu de se prémunir de tout conflit d’intérêts durant une période de 18 mois suivant la fin de sa fonction. Depuis début mai, l’homme politique portugais n’est donc plus censé répondre au collège actuel.

En appelant à une « décision appropriée », le syndicat fait référence au traitement de l’ex-président. Les anciens présidents de la Commission européenne ont en effet droit à 60 % de leur salaires, soit 15.000 euros par mois, durant trois ans, comme le rappelle le site Bruxelles 2. Un salaire qui devrait théoriquement être associé à une contrainte relative aux conflits d’intérêts. Le nouveau poste de M. Barroso, annoncé exactement 20 mois après la fin de sa mission de président de la Commission européenne, pose clairement les limites de cette règlementation.

Appel à la suspension du traitement de l’ancien président

Très remontés sur le sujet, les eurodéputés français ont rappelé que tous les commissaires, et a fortiori le président de la Commission, s’engageaient, durant leur fonction, et après cessation de celles-ci,à respecter « les obligations découlant de leur charge, notamment les devoirs d’honnêteté et de délicatesse quant à l’acceptation, après cette cessation, de certaines fonctions ou de certains avantages ». En se référant au Traité de Lisbonne, les élus ont trouvé matière à attaquer l’ancien édile sur ses nouvelles fonctions.

Pervenche Berès, chef de la délégation socialiste, a aussi rappelé sa proposition en date de 2010 de boycotter Goldman Sachs. La délégation a ensuite demandé une révision du code de conduite pour porter à 5 ans (et non pas 18 mois) les règles anti-pantouflage.

Au centre, Jean Arthuis a opté pour l’humour

La bronca contre la nomination de Barroso s’est aussi répercutée dans les rangs du gouvernement français. Dès vendredi, le commissaire au commerce extérieur, Mathias Fekl, condamnait le comportement d’un « représentant d’une vieille Europe que notre génération va changer ».

À l’extrême droite, le Front national s’est emparé de critiquer également la nomination