Les divisions sur le Grexit persistent après l’Eurogroupe

Euclid Tsakalotos

Euclid Tsakalotos [Shutterstock]

La Grèce demandera un nouveau programme d’aide le 8 juillet au Mécanisme européen de stabilité tandis que les États membres se réuniront de nouveau le 12 juillet sur fonds de divisions bien présente sur la question grecque. 

Euclid Tsakalotos, le nouveau ministre des Finances grec, est arrivé à l’Eurogroupe du 7 juillet armé d’un grand nombre de documents sous son bras, mais n’a pas proposé de nouvelle solution pour résoudre la crise.

Le gouvernement devrait toutefois demander un nouveau programme d’aide financière le 8 juillet, selon le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, qui a précisé qu’une conférence téléphonique aurait lieu entre les ministres des Finances après que la Grèce a déposé sa demande.

Il y a une semaine, la Grèce a été incapable de rembourser un prêt de 1,6 milliard d’euros au Fonds monétaire international (FMI). Le pays est ainsi devenu la première économie développée en défaut de paiement vis-à-vis du FMI. Une seconde échéance approche, puisque le 20 juillet la Grèce est censée verser 3,5 milliards d’euros à la Banque centrale européenne (BCE). En cas de défaut, les banques grecques pourraient ne plus recevoir de liquidités.

Depuis six mois, la Grèce et ses créanciers internationaux, le FMI, la Banque centrale européenne et l’UE, discutent des réformes à apporter au deuxième programme de renflouement du pays, à la demande d’Athènes. Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, tente en effet de tenir ses promesses de campagne et de mettre un terme à une austérité qui étouffe le pays.

Les petits pays favorables au Grexit

Avant la réunion de l’Eurogroupe, les ministres des Finances européens, et particulièrement ceux des petits pays de la zone euro, ont exprimé leur frustration vis-à-vis du gouvernement grec et de la victoire du « Non » au référendum du 5 juillet sur les conditions de la troïka.

J?nis Reirs, le ministre lituanien, a notamment estimé qu’une sortie de la zone euro de la Grèce était une solution déjà envisagée par les marchés. « Cela ne serait pas un problème pour l’Europe ou pour la Lituanie », assure-t-il.

Le ministre a ajouté que bien des pays de l’UE, comme la Lituanie en 2008, ont été dans la même situation que la Grèce, mais qu’ils ont résolu la crise en mettant en place des réformes structurelles. « Le peuple lituanien ne comprend pas les Grecs. Ils sont surpris », a-t-il expliqué.

Edward Scicluna, le ministre des Finances maltais, a souligné que l’adhésion de la Grèce à la zone euro pourrait bientôt appartenir au passé. Il a assuré que si cette option avait auparavant été utilisée comme argument ou comme menace, elle était à présent bien possible.

Pas de réévaluation de la dette

Peter Kažimír, le ministre slovaque, estime pour sa part que cette situation qui s’éternise est très dommageable pour la Grèce. L’allégement de la dette constitue le point le plus délicat des discussions de l’Eurogroupe, explique-t-il, ajoutant qu’elle lui semble « impossible ».

Le ministre des Finances finlandais, Alexander Stubb, a déclaré que la réunion de l’Eurogroupe n’avait pas pour vocation de déterminer comment la Grèce pourrait potentiellement quitter la zone euro, mais d’évaluer les besoins financiers à court terme du pays et le rôle de la Grèce dans la zone euro.

Il a également estimé qu’il ne serait pas facile d’alléger la dette grecque. « Nous avons déjà fait cela en 2011-2012. La conditionnalité ne sera pas assouplie », a-t-il assuré.

Selon lui, la solidarité vis-à-vis de la Grèce a été plus loin que ce que quiconque aurait pu imaginer. Il affirme également que 10 % du budget annuel de 50 milliards de dollars de son pays avaient été versés au pays méditerranéen.

Pierre Gramegna, du Luxembourg, a souligné que puisque son pays était en ce moment à la présidence tournante de l’UE, il était de son devoir d’écouter ce que tout le monde avait à dire. « Je sais que la restructuration de la dette est un sujet important pour les Grecs », admet-il.

La réunion de l’Eurogroupe a révélé les divisions entre les commissaires aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, et de son homologue chargé de l’euro, Valdis Dombrovskis. Pierre Moscovici a en effet déclaré qu’une sortie de l’euro pour la Grèce serait un échec, alors que Valdis Dombrovskis a estimé que si le gouvernement grec était incapable de restaurer la confiance, cette option ne pourrait pas être écartée.

Contexte

Dimanche 5 juillet, la majorité des Grecs ont voté pour le « Non » au référendum sur les propositions de réformes des créanciers du pays. Le 7 juillet, un sommet de la zone euro se penchera sur les conséquences du vote.

À Athènes, des milliers de Grecs euphoriques ont envahi la place Syntagma, sous les drapeaux et feux d'artifice, à l'annonce des résultats : 61 % des électeurs avaient rejeté l'accord proposé le 26 juin.

>> Lire : Le « non » grec au référendum ébranle l'Europe

Prochaines étapes

  • 7 juillet : Sommet de la zone euro.