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30/09/2016

Les Panama Papers poussent l’Allemagne à agir contre l’évasion fiscale

Euro & Finances

Les Panama Papers poussent l’Allemagne à agir contre l’évasion fiscale

De nombreuses personnalités ont été impliquées dans l'affaires des Panama Papers.

[Matthew Straubmuller/Flickr]

Après la publication des « Panama Papers », l’Allemagne a annoncé qu’elle comptait amender les textes sur le blanchiment d’argent en vue d’obliger les sociétés offshore à révéler l’identité de leurs propriétaires.

« Il faut en finir avec le secret », a dit le ministre de la Justice Heiko Maas au quotidien allemand le Süddeutsche Zeitung, ajoutant que plus de transparence s’imposait dans le cadre de la lutte contre l’évasion fiscale et le financement du terrorisme.

Plusieurs pays dont la France et le Royaume-Uni ont également annoncé lundi l’ouverture d’enquêtes sur des soupçons de fraude après les révélations sur la création au Panama par des milliers de personnes, y compris des dirigeants politiques et des chefs d’entreprise, de sociétés écrans destinées à faciliter l’évasion fiscale ou le blanchiment d’argent.

Sociétés offshore

« Nous devons imposer un interdiction mondiale aux sociétés offshore et aux fondations dont les propriétaires bénéficiaires restent anonymes », a déclaré le ministre de l’Économie Sigmar Gabriel au même quotidien.

>>Lire : Le commissaire Cañete mis en cause dans les Panama Papers

Même si un « registre national de la transparence » n’aurait aucun poids face à des sociétés offshore basées par exemple au Panama et dans les Antilles, son but serait de signaler à l’Union européenne et aux autres organisations internationales que l’Allemagne est entrée en action et que d’autres devraient suivre, écrit le Süddeutsche Zeitung, citant des sources gouvernementales

Lutte contre l’évasion fiscale

De son côté, le commissaire européen, Pierre Moscovici, a appelé les pays de l’UE à accélérer la lutte contre l’évasion fiscale.

« Ces Panama Papers ne doivent pas être un frein, mais un accélérateur. Il faut aller plus vite et plus fort en matière de transparence », a expliqué le commissaire à un groupe de journalistes après une intervention à Paris.

« Je souhaite que la proposition de directive européenne qui est sur la table pour lutter contre l’évasion fiscale (…) reçoive rapidement l’accord unanime des États », a-t-il affirmé, en allusion aux textes présentés fin janvier à Bruxelles.

Respecter les règles 

« Il y a un message des Panama Papers: on est toujours rattrapé par la patrouille et plutôt que d’être rattrapé, exposé et stigmatisé, il vaut mieux respecter les règles », a affirmé M. Moscovici, en référence à ceux dont les noms sont cités par la presse.

Pour combattre ces pratiques, la Commission européenne a présenté deux directives. La première concerne l’échange automatique d’informations entre administrations fiscales des pays de l’UE sur les activités des multinationales. Ces dernières seront obligées de détailler leurs résultats et leur charge fiscale pays par pays.

Avec la seconde directive, la Commission veut « taxer les profits dans le pays dans lequel ils sont générés ».