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17/01/2017

Les politiques allemands tancent la Grèce avant le référendum

Euro & Finances

Les politiques allemands tancent la Grèce avant le référendum

La chancelière allemande a déclaré que malgré la situation en Grèce, l’Europe était stable et essayait d’attendre « calmement » le référendum grec.  Le ministre allemand des Finances a quant à lui accusé Athènes de « tergiverser sans raison et sans aucun sens ». Un article d’EurActiv Allemagne.

Malgré la crise de la dette grecque, Angela Merkel a déclaré que l’Europe n’était pas en train de s’effondrer.   « Oui, nous traversons une zone de turbulence et les enjeux sont grands. Le monde a les yeux rivés sur nous », a affirmé Angela Merkel devant le Bundestag le mercredi 1er juillet.

 « Mais l’avenir de l’Europe n’est pas engagé », a-t-elle assuré. L’Europe est « une union qui s’appuie sur l’État de droit et la responsabilité. Si nous oublions cela, l’euro s’effondrera et l’Europe avec », a déclaré la chancelière.   

Les 18 autres membres de la zone euro ne devraient pas craindre une catastrophe, car l’Europe est devenue plus robuste, a-t-elle expliqué. Un compromis à tout prix n’est pas une solution, a-t-elle dit, ajoutant que pour trouver un compromis, il faut faire preuve de bonne volonté.

Angela Merkel a également indiqué que les négociations sur un nouveau programme de renflouement pour la Grèce n’auraient pas lieu avant le référendum du 5 juillet.

« Il faut patienter calmement », a suggéré la chancelière. « Un nouveau programme ne peut pas être négocié avant le référendum » Une fois que le programme actuel expire, cette discussion ne sera toutefois plus possible sans un mandat du Bundestag.

 >> Lire : Le défaut de la Grèce plonge l’UE dans l’incertitude

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a quant à lui tenu des propos sévères à l’encontre du gouvernement grec, qui selon lui pourrait détruire « la crédibilité du projet européen ».

« Tergiverser dans cette situation n’a aucun sens », a déclaré le ministre des Finances sur un ton dur, critiquant l’approche d’Athènes.

Les dirigeants de la Grèce doivent clairement indiquer ce qu’ils veulent, a prévenu Wolfgang Schäuble en vue du référendum. Ce sera « extrêmement difficile » de trouver une solution aux problèmes du pays, a-t-il déclaré.

Sans un minimum de confiance, il sera impossible de trouver une solution et de renforcer l’union monétaire, a affirmé le ministre. Cette confiance n’existe pas quand un partenaire ne met pas en place les réformes ou n’adhère pas aux accords, a-t-il souligné.

Sigmar Gabriel : Syriza gouverne « aux dépens des autres »

Sigmar Gabriel, chef de file du parti social-démocrate (SPD) allemand a également formulé des reproches à l’encontre du gouvernement grec de gauche radicale. Selon le vice-chancelier, le gouvernement Syriza place les intérêts nationaux avant ceux de l’union et poursuit une politique « aux dépens des autres ».

Un des principes européens est que « tout le monde a le droit de recevoir de l’aide », mais qu’il faut ensuite « s’assurer que le besoin d’aide dans le pays n’est pas permanent », a souligné Sigmar Gabriel.

Pendant ce temps, les responsables de l’opposition appellent Angela Merkel à reprendre rapidement les négociations pour un accord sur la dette grecque, et ce, malgré la tenue du référendum.

>> Lire : Tsipras poursuit sa campagne pour le «non» au référendum

« Trouvez une solution de dernière minute », a déclaré Gregor Gysi, président du groupe parlementaire Die Linke, représentant la gauche radicale, en implorant la chancelière.

Ces jours-ci, Angela Merkel porte « une énorme responsabilité historique », a-t-il estimé. Elle doit maintenant décider si elle veut apparaitre dans l’histoire comme « le sauveur de la vision européenne » ou comme « la destructrice », a-t-il commenté.

Gregor Gysi a ajouté que les gouvernements français et autrichien voulaient continuer à négocier avec la Grèce. Angela Merkel refuse, car elle espère que le gouvernement hellénique va s’effondrer, a-t-il souligné.

>> Lire : Les pro-Syriza déplorent le manque de soutien de la France à la Grèce

 « Un Grexit serait catastrophique », a continué Gregor Gysi. Cela déclencherait un effet domino, a-t-il prévenu, et personne ne sait vraiment ce qui se passerait.

Si l’euro finit par couler, prévient le responsable de gauche, l’Allemagne souffrira énormément, car la faiblesse des devises dans d’autres pays risquerait alors de peser sur les exportations allemandes.

Contexte

Le parti anti-austérité Syriza a remporté une victoire écrasante lors des élections anticipées du 25 janvier dernier en Grèce, mais il n'a pas obtenu une majorité absolue au parlement.

Son chef de file, Alexis Tsipras, a affirmé que le « cercle vicieux de l'austérité » était terminé, déclenchant ainsi des réactions variées au sein de l'UE.

Alexis Tsipras a annoncé que la dette publique grecque n'était pas viable et a demandé sa restructuration. La dette représente 177 % du PIB du pays.

 >> Lire : La victoire de Syriza brave l'austérité en Europe