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01/10/2016

Manuel Valls s’engage auprès de Bruxelles

Euro & Finances

Manuel Valls s’engage auprès de Bruxelles

Manuel Valls

Le premier ministre français a confirmé que la France respecterait ses engagements européens en matière de réduction du déficit, mettant ainsi fin au flou entretenu sur les intentions du nouveau gouvernement.

La question du respect par la France de ses engagements budgétaires semble être tranchée. Le 16 avril, à l’occasion de la présentation du détail du plan de 50 milliards d’euros d’économies d’ici 2017, le premier ministre a réaffirmé la tenue de l’objectif de repasser sous la barre des 3 % de déficit d’ici 2015.

Une semaine après son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, le Manuel Valls est revenu sur l’épineuse question du déficit budgétaire.  « Le troisième objectif, c’est la réduction de notre déficit public. […]Nous devons casser cette logique de la dette qui, progressivement, sournoisement, est en train de nous lier les mains » a affirmé le premier ministre, rappelant que la dette française était passée de 50 % du PIB en 2002 à 90 % dix ans plus tard.

« La France, je l’ai dit, tiendra ses engagements. Non pas par un quelconque entêtement, mais parce que tenir ses engagements, c’est la base de la crédibilité et de la confiance » a-t-il poursuivi.

>>Lire : Avertissement de Bruxelles sur le déficit français

Une attitude qui tranche avec la succession de déclarations politiques qui ont suivies la cinglante défaite du parti socialiste aux élections municipales de mars. Depuis le revers électoral, la négociation d’un nouveau délai pour honorer les engagements budgétaires semblait d’actualité.

Sous le coup d’une procédure pour déficit excessif, la France s’était engagée à ramener son déficit annuel sous la barre des 3 % du PIB à l’horizon 2015, après avoir obtenu un délai supplémentaire de deux ans auprès de la Commission européenne.

Le calendrier s’accélère

Le gage de bonne volonté de Paris arrive à quelques jours de la remise du programme de stabilité, que le gouvernement français doit présenter le 23 avril avant d’être voté le 30 par les députés.  

Un programme qui devra détailler le plan d’économie de 50 milliards d’euros dont les grandes lignes ont été annoncées hier. D’ici 2017, l’État et ses agences participeront à hauteur de 18 milliards d’euros, les collectivités locales devront économiser 11 milliards, tandis que  21 milliards proviendront de la protection sociale.

La France devra aussitôt transmettre cette feuille de route à la Commission européenne, qui attend de pied ferme les détails du plan d’économie français pour élaborer ses recommandations.

Période électorale

Du côté de la Commission européenne, plusieurs commissaires – dont Olli Rehn, commissaire aux affaires économiques et monétaires – sont déjà partis faire campagne pour les élections européennes de mai 2014, laissant ainsi leur poste à Bruxelles.

Le tandem de l’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Pierre Moscovici et du commissaire finlandais laissera donc place au nouveau ministre des Finances, Michel Sapin,  et au commissaire estonien Siim Kallas, en charge des transports, qui récupère le portefeuille de son collègue.  

Violons désaccordés

Dans la foulée, Michel Sapin a confirmé les propos des Manuel Valls, affirmant que la France respecterait ses engagements budgétaires, mais qu’elle le ferait sur  un rythme « un peu moins rapide.

« Le rythme lui-même est modifié, il a été discuté avec nos partenaires européens pour qu’il soit bien compris. Donc nous avons un rythme un peu moins rapide de diminution des déficits que ce qui était prévu, mais évidemment nous respectons tous nos engagements » a-t-il déclaré sur RTL.

De son côté, le ministre de l’Économie Arnaud Montebourg  a fait entendre un discours sensiblement différent sur la question budgétaire, en réclamant des mesures de compensations à la Commission européenne et à la BCE, dans un entretien au quotidien Les Échos.

>>Lire : Arnaud Montebourg dénonce un euro trop fort et trop cher

« Nous assumons nos responsabilités en ce qui concerne le déficit public » a  déclare le ministre. « Mais en échange, nous avons des choses à demander à Bruxelles » a-t-il prévenu, citant un soutien à la croissance d’États membres et de mesures pour faire baisser  l’euro. 

Contexte

Avec un déficit annuel probablement supérieur à 4,1 % de son PIB pour 2013, la France est sortie des clous balisés par le traité de Maastricht. La Commission, qui avait engagé une procédure pour déficit excessif, lui a donné deux ans pour revenir à un niveau de 3 %. La dette publique frôle les 95 % du PIB. Le taux de prélèvements obligatoires à 46 % est déjà élevé. L'option qui consiste à réduire les dépenses de l'État tente d'être privilégiée via un plan d’économie de 50 milliards d’euros entre 2015 et 2017. 

Prochaines étapes

  • 23 avril : Le gouvernement français présente son programme de stabilité
  • 30 avril :  le programme de stabilité est soumis au vote de l’Assemblée nationale
  • Fin avril : les États membres présentent leurs plans budgétaires à la Commission européenne
  • Début juin : la Commission présente ses recommandations par pays sur la base des plans budgétaires