Michel Sapin ne partage pas l’enthousiasme de Yanis Varoufakis

Yanis Varoufakis [European Council]

Le ministre des Finance grec, Yanis Varoufakis, estime pouvoir parvenir rapidement à un accord avec les bailleurs de fonds de la Grèce.

Yanis Varoufakis s’est adressé à un public nombreux lors du sommet européen des affaires (EBS) le 7 mai. Il a indiqué qu’un accord serait obtenu « dans les jours à venir » entre Athènes et ses prêteurs internationaux. Le 12 mai, la Grèce doit rembourser 750 millions d’euros de dette au Fonds monétaire international (FMI).

« Nous avons certainement l’intention de rembourser le FMI et nous rembourserons le FMI », a déclaré le ministre grec, qui présentait un nouveau plan de reprise.

La Grèce attend de recevoir la prochaine tranche d’aide financière issue du plan de sauvetage international de 245 milliards d’euros.

« La Grèce souhaite rester dans la zone euro. Nous nous approchons d’un accord, la question est de savoir si nous sommes assez proches. Nous dressons un bilan de la situation et nous approchons un accord », a déclaré Pierre Moscovici, commissaire européen chargé des affaires économiques et financières.

>> Lire : Les négociations Grèce-UE en bonne voie

L’accord devra inclure un plan « raisonnable » pour la politique fiscale et la durabilité de la dette grecque, ainsi que des réformes à mettre en place, a insisté Yanis Varoufakis.

Il a également souligné qu’une reprise économique durable ne serait possible qu’à l’aide de réformes harmonisées qui permettraient au pays d’accéder à son grand potentiel en supprimant les entraves dans plusieurs secteurs : l’investissement productif, l’octroi de crédits, l’innovation, la concurrence, la sécurité sociale, l’administration publique, le système judiciaire, le marché du travail, la production culturelle et, élément d’une importance capitale, la gouvernance démocratique.

https://youtube.com/watch?v=raSuHle_Itg

Les sept années de déflation de dette, associées à une longue austérité, ont anéanti les investissements privé et public et forcé les banques à cesser d’accorder des prêts.

Les banques grecques sont aux prises avec des prêts non productifs et, sans marge de manœuvre fiscale, la seule solution pour aller de l’avant est de mobiliser les actifs restants de l’État et de débloquer les crédits bancaires à destination des pans sains du secteur privé.

Le ministre grec des Finance a répété son projet de créer deux nouvelles institutions publiques : une banque de développement qui mobilise les actifs publics, et une structure de défaisance, une « bad bank », qui permettent au système bancaire de restaurer les crédits vers des entreprises rentables et tournées vers l’exportation.

>> Lire : Varoufakis, le ministre des finances star de l’analyse économique

Michel Sapin dubitatif

Quelques kilomètres plus loin, le ministre des Finances français, Michel Sapin, n’était pas aussi assuré que son homologue grec. Il estime que la réunion des ministres des finances de la zone euro du 11 mai pourrait ne pas aboutir à un accord.

Le Français ajoute que si l’économie grecque ne parvient pas à se stabiliser, cela aurait des effets sur la croissance économique de toute l’Union européenne.

« Si nous ne stabilisons pas la situation en Grèce… Ce serait un désastre pour l’économie grecque », a-t-il assuré à la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen. « Ce ne serait pas un désastre pour la zone euro, mais cela ralentirait la reprise économique globale. Trouver des solutions durables est donc dans l’intérêt de tous », conclut-il.

Contexte

Athènes a obtenu est un délai de quatre mois pour son plan de sauvetage le 24 février dernier lorsque les ministres des Finances de la zone euro ont approuvé le plan de réforme grec qui revient sur des mesures clés et qui assure que les dépenses réalisées pour alléger la détresse sociale ne feront pas dérailler le budget du pays.

Le refus de l'Allemagne de la demande grecque pour une prolongation de six mois du délai de remboursement du prêt a poussé Athènes à faire des concessions, à repousser ses promesses de campagne de renverser l'austérité, d'abandonner le plan de sauvetage et de mettre un terme à la coopération avec la troïka.

Prochaines étapes

  • 12 mai : Échéance de remboursement de la Grèce au Fonds monétaire international.