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26/09/2016

Moscovici optimiste quant au déficit français

Euro & Finances

Moscovici optimiste quant au déficit français

Moins de 3% de déficit en 2017, c'est «tout à fait jouable», selon pierre Moscovici.

[Parti socialiste/Flickr]

Le commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici, estime possible que la France ramène son déficit sous la barre des 3% du PIB en 2017, conformément à ses engagements.

« Passer sous 3% de déficit en 2017, comme la France s’y est engagée, est possible à condition que le budget 2017 soit un budget sérieux », a déclaré Pierre Moscovici sur LCI.

« Ça me paraît tout à fait jouable », a déclaré le commissaire européen, estimant que « la tendance économique est la bonne », mais qu’il faudra rester vigilant sur la santé des finances publiques : « Il faudra que le budget 2017 qui sera présenté à l’automne continue d’être un budget sur la voie des efforts. »

>> Lire : La France dépasse son objectif en matière de déficit public

C’est la première fois que Bruxelles dit croire que la France atteindra son objectif de déficit public pour l’an prochain.

En février, la Commission européenne tablait encore sur 3,2% pour 2017, un chiffre supérieur aux exigences du pacte de stabilité (3%), alors que la France a déjà obtenu en 2015 un délai supplémentaire de deux ans pour tenir l’engagement.

Pierre Moscovici a rappelé que seuls trois pays de la zone euro, la France, le Portugal et l’Espagne, avaient un déficit public supérieur à 3% du PIB alors que « le niveau moyen des déficits est sous 2% pour la zone euro ».

Réduit à 3,5% du PIB en 2015 (7% en 2010), le déficit public de la France devrait repasser sous les 3% en 2017, selon les objectifs budgétaires du gouvernement.

« La croissance ne durera pas sans réforme »

Tout le monde ne partage cependant pas l’optimiste du commissaire européen.  Selon Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE),  l’embellie économique que connaît actuellement la France n’est en effet pas suffisante pour régler ses problèmes et ne durera pas sans réformes.

« Ça va mieux », a-t-il reconnu, reprenant le leitmotiv de François Hollande et du gouvernement français depuis quelques jours, mais « ça ne va pas assez bien, la croissance n’est pas suffisante pour régler les problèmes de la France ».

« La croissance aujourd’hui est soutenue essentiellement par la politique monétaire […], y compris la baisse de l’euro qui en fait partie, et par la baisse du pétrole », a-t-il poursuivi. « Aucun de ces deux moteurs n’est durable […] cette croissance ne durera pas s’il n’y a pas de réformes. »

Benoît Coeuré a défendu la politique monétaire de la BCE, tout en admettant que cela prendrait du temps en ce qui concerne l’inflation.

>> Lire aussi : «Les gouvernements critiquent la BCE pour couvrir leurs propres échecs»

« On veut que l’inflation remonte vers 2% », a-t-il assuré. « On pense qu’en 2018 […] l’inflation sera de 1,6% […]. D’ici là, notamment sur l’année 2016, l’inflation va rester autour de zéro, voire même peut-être rester négative. »

Benoît Coeuré a par ailleurs souhaité que le Royaume-Uni reste au sein de l’Union européenne, pour éviter une période d’incertitudes préjudiciables à l’Europe, et estimé que la Grèce resterait dans la zone euro et verrait sa dette allégée.