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24/09/2016

Le Portugal veut s’affranchir des règles européennes pour aider ses banques

Euro & Finances

Le Portugal veut s’affranchir des règles européennes pour aider ses banques

Le Portugal souhaite suivre l'exemple de l'Italie et de son fonds Alta.

[দেবর্ষি রায়/Flickr]

Le président de la Banque centrale du Portugal veut imiter l’Italie, en instaurant un mécanisme d’achat de prêts non performants. Un article de notre partenaire Milano Finanza.

Le président de la banque centrale portugaise, Carlos Costa, a les yeux rivés sur la création d’un mécanisme utilisant le fonds d’investissement Atlante comme modèle. Ce fonds privé a été créé afin de recapitaliser certaines banques en difficulté, et racheter des prêts non performants (NPL). Pour sa création, 4,3 milliards d’euros de fonds non publics ont été injectés, mais la Commission européenne a ensuite autorisé des mesures d’exemption pour que les prêts improductifs pèsent moins sur les finances bancaires.

Bien sûr, le fonds créé au Portugal devra être adapté aux besoins spécifiques du pays.

« Il est crucial que les banques puissent se débarrasser de ces actifs. Nous avons besoin d’un mécanisme qui leur permette d’abandonner les actifs qui ne génèrent pas de revenus, mais pour cela, nous avons besoin d’être exemptés des règles européennes en matière d’aides d’État », a expliqué Carlos Costa.

>> Lire : La Commission sanctionne l’Espagne et le Portugal mais pardonne l’Italie

Sans cette exemption, toute mesure centralisée visant à aider les banques en difficulté devra être précédée de la cessation de paiement de la banque en question. Carlos Costa a souligné que les banques d’Europe du Nord avaient obtenu cette exemption durant la crise financière de 2008-2009.

Durant son programme de renflouement qui a duré trois ans et qui a pris fin en 2014, le Portugal a respecté à la lettre le modèle d’austérité proposé par l’Allemagne grâce aux efforts du gouvernement de centre droit du Premier ministre de l’époque, Pedro Passos Coelho.

>> Lire : Succès électoral très relatif de l’austérité au Portugal

Le déficit budgétaire du pays a dégringolé, passant de 10 % du PIB en 2010 à 3 % l’année dernière. Toutefois, l’économie peine toujours à décoller. Le PIB n’a augmenté que de 0,1 % par trimestre et de 0,8 % par an à cause d’un ralentissement des exportations. Ces chiffres laissent à penser que le gouvernement n’atteindra peut-être pas son objectif de 1,8 % de croissance pour 2016.

Par ailleurs, l’investissement reste très faible, et le chômage atteint les 12 %. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que ces six prochaines années, l’économie du Portugal progressera en moyenne de 1,3 % par an, un rythme trop lent pour réduire sa dette, équivalente à 129 % du PIB.

Fin avril, l’agence de notation de crédit DBRS a confirmé la note BBB attribuée au Portugal, ce qui signifie qu’elle considère que le pays a une qualité de crédit adéquate, mais reste « vulnérable aux événements futurs ». DBRS reconnaît aussi que le Portugal doit faire face à des défis considérables tels qu’une dette publique très élevée et un potentiel de croissance plutôt bas.

Milano finanza

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