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04/12/2016

Pour la BCE, Trump multiplie les risques économiques pour l’UE

Euro & Finances

Pour la BCE, Trump multiplie les risques économiques pour l’UE

La Banque centrale européenne considère que depuis l’élection de Donald Trump, l’incertitude liée à la politique économique des États-Unis a multiplié les risques pour la stabilité de la zone euro. Un article d’EurActiv Espagne.

Lors de la présentation sur le dernier rapport de stabilité financière de l’institution le 24 novembre, le vice-président de la Banque centrale européenne (BCE), Vítor Constancio, a déclaré qu’il existait des risques importants pour la zone euro. Et pour cause le possible ajustement des prix des actifs financiers entrainés par le changement de politique aux États-Unis suite à la victoire du magnat de l’immobilier, Donald Trump.

Actuellement, les principaux risques pour la stabilité des marchés sont de caractère politique puisque l’incertitude plane depuis que le Royaume-Uni a décidé de sortir de l’UE, que Donald Trump a remporté les élections américaines et que l’Italie a convoqué un référendum sur des changements faits à sa Constitution.

>> Lire : Trump, Wall Street et les banques : vers une dérégulation massive

Depuis l’élection de Donald Trump, les prix des actions ont augmenté et ceux des obligations souveraines ont chuté, même si dans ce dernier cas, leur rentabilité augmente.

« Les conséquences des changements de politiques économiques américaines pour la stabilité financière de la zone euro sont très incertaines pour le moment », a déclaré la BCE.

La zone euro va ressentir les effets de l’élection de Donald Trump via différents canaux comme le commerce, des taux d’intérêt plus élevés et une inflation plus haute aux États-Unis, estime l’institution bancaire.

Durant la première semaine suivant l’élection de Donald Trump, s’est produit un déplacement d’obligations à actions : le prix des actions a grimpé alors que la valeur des obligations a chuté dans le monde entier d’environ 1 milliard d’euros, selon des données présentées par Vítor Constancio la semaine dernière.

« Les marchés européens ont aussi été affectés, bien que dans une moindre mesure », montre le rapport semestriel sur la stabilité financière de la zone euro.

Malgré la volatilité des marchés financiers mondiaux, la BCE signale dans le rapport que le système financier de la zone euro avait fait preuve de résistance face aux turbulences financières qui se sont produites ces derniers mois.

Les indicateurs de tension des banques et des gouvernements de la zone euro « sont restés plutôt stables à des niveaux peu élevés ».

Interrogé sur la possibilité d’un vote négatif lors du référendum du 4 décembre en Italie, Vítor Constancio a expliqué que si tout le monde envisageait ce risque, il était très difficile d’anticiper le résultat.

>> Lire : L’Italie, talon d’Achille de l’Europe

L’Italie organise le 4 décembre un référendum pour approuver ou refuser la proposition de réforme de la Constitution poussée par le Premier ministre, Matteo Renzi, qui prévoit de limiter le pouvoir du Sénat.

L’inquiétude des marchés face à l’éventualité d’un « non » a fait grimper les écarts différentiels de la dette souveraine italienne et a miné la confiance des consommateurs.

Le rapport de la BCE montre aussi qu’une des grandes préoccupations des marchés est la très faible rentabilité des banques de la zone euro. En effet, les banques doivent affronter plusieurs défis, dont la grande quantité de créances douteuses, des coûts opérationnels élevés et la surcapacité, a précisé la BCE qui voit toutefois des différences entre les pays européens.