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30/09/2016

Redistribution des cartes sur les questions européennes entre l’Elysée et Matignon

Euro & Finances

Redistribution des cartes sur les questions européennes entre l’Elysée et Matignon

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Une nouvelle répartition des tâches à l’Elysée va répondre à la disparition du poste de conseiller aux Affaires européennes. L’ancien titulaire du poste, Philippe Leglise-Costa va se consacrer à mieux engager le gouvernement Valls dans les affaires européennes, à la tête du SGAE.

Le conseiller aux Affaires européennes de l’Élysée, Philippe Leglise-Costa, a quitté ses fonctions le 5 janvier. Annoncé le 19 décembre, ce départ a été confirmé par le Journal Officiel du 3 janvier, et anticipé par le site Internet de l’Elysée.

Ancien numéro deux de la Représentation de la France auprès de l’Union européenne, M. Leglise-Costa se consacrera désormais au Secrétaire Général aux Affaires européennes (SGAE), une fonction qu’il occupait déjà depuis avril dernier. Un changement de fonction qui reflète le souhait du Premier ministre, Manuel Valls, « de mieux engager le gouvernement français dans les affaires européennes ». Et qui permet aussi au chef du gouvernement de reprendre la main sur cette administration en charge de la coordination des ministères sur les sujets européens, qui rassemble pas moins de 200 personnes rue de Bellechasse, dans le VIIième arrondissement à Paris.

L’UE dispersée à l’Élysée

A l’Élysée, les questions européennes seront désormais dispersées un peu partout : la conseillère économique, Laurence Boon, reprend les sujets financiers, alors qu’au sein du « pôle diplomatique » géré par Jacques Audibert depuis juillet dernier seront traitées les questions bilatérales. Au sein de cette cellule, Sophie Martin-Lang est plus particulièrement spécialisée sur les affaires européennes. Elle était auparavant conseillère à la représentation permanente de la France auprès de l’OTAN.

Le conseiller sortant, reconnu à Bruxelles pour ses compétences techniques et sa connaissance des dossiers, n’est pas totalement écarté de la présidence pour autant, puisqu’il devrait continuer à préparer les Conseils européens avec les autres « sherpa », et y participer. 

« En Allemagne l’organisation est la même : le conseiller affaires européennes ne se charge pas des relations bilatérales » souligne une source à l’Élysée. En pratique, cette « réorganisation » le prive néanmoins des contacts directs avec les chefs d’Etat . A commencer par le premier sommet franco-allemand de l’année, qui a lieu dimanche soir à Strasbourg entre Angela Merkel et François Holllande, et auquel participeront Jacques Audibert et Laurence Boone.

>>Lire aussi : Rencontre Hollande-Merkel prévue le 11 janvier sur l’avenir de l’Europe

Tentative de rebond sur l’influence française en Europe

Cette reprise des affaires européennes par le Premier ministre intervient alors que l’influence française au sein de l’UE n’est pas au mieux.

Le nombre de Français aux manettes de l’exécutif européen a en effet nettement reculé, avec seulement un directeur de cabinet français, Olivier Bailly, qui travaille pour Pierre Moscovici, contre 4 allemands. Pour les postes de directeurs de cabinet adjoints, la France a obtenu seulement 2 postes : auprès du commissaire allemand ( ce qui est systématique) et auprès du commissaire lituanien. Contre 5 pour les Allemands, 4 pour les Italiens et 3 pour les Britanniques. Si plusieurs Français ont des postes de conseillers en communication ou d’attachés de presse, ces fonctions sont considérées comme moins prestigieuses. « C’est un raté, et tout a été géré de façon centralisée et pas très bien de Paris par l’Élysée » assure un lobbyiste français déçu.

« Le sujet européen a été porté par le président pendant plus de 2 ans, c’est important que le gouvernement reprenne sa part » assure-t-on du côté de l’exécutif.  Après la période plus institutionnelle avec les élections européennes et le renouvellement de la Commission, les dossiers techniques vont s’accumuler dès le premier semestre : le numérique, la fiscalité, doivent s’ajouter au plan d’investissement et la France veut tenter d’être force de proposition sur ces sujets.

 

Contexte

Les institutions françaises confèrent au président de la République tout pouvoir en matière de politique étrangère, qui appartient à son domaine réservé, comme la défense nationale. Le président représente la France notamment dans ses relations avec l'Union européenne et au Conseil européen.