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22/01/2017

Reprise à la baisse pour le marché du porc breton

Euro & Finances

Reprise à la baisse pour le marché du porc breton

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Crédit : [shutterstock/Dusan Petkovic]

Le prix du kilo de porc a chuté à 1,389 euro par kilo. Le ministre de l’Agriculture s’est engagé à porter le sujet à Bruxelles.

 

Vivement réclamée par des éleveurs qui peinent à gérer leurs stocks d’animaux invendus, la reprise des cotations s’est tenue mardi à 11h00 au MPB (marché du porc breton) de Plérin (Côtes-d’Armor), qui ne représente que 15% des ventes de porcs hebdomadaires mais fixe le prix de référence au niveau national.

Cette séance exceptionnelle – habituellement, le marché ouvre le lundi et le jeudi – a été annoncée lundi par le président du MPB, Daniel Picart, à l’issue d’une réunion de crise au ministère de l’Agriculture alors que les cotations étaient suspendues depuis le 10 août.

Mais la reprise s’est traduite par une forte baisse, en l’absence des deux principaux acheteurs français, Bigard et la coopérative Cooperl, qui représentent environ 30 % des achats au MPB.

« Les transactions se sont déroulées avec tout de même un sentiment d’excès d’offres dans la mesure où Bigard, Socopa et Cooperl étaient toujours absents. 33 641 porcs ont été vendus pendant la vente, 15 748 porcs n’ont pas trouvé preneur aux enchères. Le cours moyen a baissé de 1,5 cent à 1,389 € » a précisé le MPB.

>> Lire : L’aide alimentaire européenne appelée à la rescousse pour soutenir l’élevage en France

Lundi soir, le ministre Stéphane Le Foll avait indiqué que les représentants des éleveurs et des responsables du MPB, lors de la réunion de crise, avaient exprimé la « nécessité d’avoir un marché du cadran », avec « en même temps nécessité de voir comment faire évoluer cette cotation (…) pour tenir compte d’un certain nombre de pratiques ».

« J’ai demandé que les engagements de tous les acteurs qui sont sur le marché au cadran soient respectés, ça vaut bien sûr pour la Cooperl et pour Bigard », a-t-il ajouté.

« Nous affecterons les quotas de Cooperl et Bigard et nous verrons bien » a indiqué pour sa part M. Picart, estimant que le marché était la « meilleure protection pour tous les éleveurs : les jeunes éleveurs, les petits éleveurs, les éleveurs isolés… »

Évolution du système

Au delà de la reprise des échanges à Plérin, la question d’une réforme de la fixation des prix du porc est désormais officiellement posée.

Pour Guillaume Roué de l’Inaporc (interprofession nationale porcine), « un certain nombre de discussions vont s’engager, dès la semaine prochaine pour la mise en place d’une évolution du système de fixation du prix, notamment par l’adaptation partielle du fonctionnement du marché du porc breton ».

Le ministre a aussi insisté sur plusieurs points qui nécessitent la mise en place d’une stratégie « sur la question des prix, qui s’appuie sur la valorisation de l’origine des viandes », ou le travail sur les promotions.

Le 27 août aura lieu une réunion de travail avec les professionnels et la distribution « afin de travailler sur les modalités pratiques de mise en oeuvre des promotions de septembre ». Ce même jour, aura également lieu une réunion avec les acteurs du marché de Plérin pour « envisager des pistes de commercialisation plus sécurisantes », comme la contractualisation.

Alléger le marché européen

Dans un communiqué du 17 août, Stéphane Le Foll a annoncé qu’afin de préparer le Conseil européen du 7 septembre, il échangerait avec Phil Hogan, commissaire européen à l’agriculture, lors d’un entretien téléphonique le 18 août. Des rencontres avec plusieurs États membres, dont l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Pologne et l’Allemagne par exemple, sont prévues d’ici à la fin de l’été.

>> Lire : Les éleveurs veulent faire de la crise du porc un sujet européen

Selon le communiqué du ministère de l’Agriculture, ces échanges « doivent permettre de rappeler que l’Europe doit prendre des décisions pour soutenir les promotions à l’export et proposer des mesures pour alléger le marché européen ». Le Ministre s’est également engagé à évoquer les problématiques de distorsions de concurrence fiscales et sociales notamment dans la filière porcine.