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24/01/2017

Reprise des négociations sur la dette grecque sur fond de croissance moins vive que prévue

Euro & Finances

Reprise des négociations sur la dette grecque sur fond de croissance moins vive que prévue

Les négociations sur la dette grecque reprennent © Shutterstock

Les négociations entre Athènes et ses créanciers reprennent lundi, a indiqué dimanche soir une source gouvernementale grecque en soulignant qu’un entretien téléphonique avait eu lieu entre le Premier ministre grec Alexis Tsipras et la chancelière allemande Angela Merkel.

« Lors d’un entretien téléphonique entre Alexis Tsipras et la chancelière allemande, les deux dirigeants ont exprimé leur volonté d’établir une communication stable pendant toute la durée des négociations afin d’arriver dans un temps imminent à un accord réciproquement utile », a souligné cette source.

« Afin d’accélérer » les discussions, Alexis Tsipras s’est également entretenu avec le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. Nikos Houliarakis, qui représente Athènes au sein du « groupe de Bruxelles », chargé des négociations entre la Grèce et ses créanciers, a appelé le représentant de la Commission européenne Declan Costello. Ils se sont accordés sur la tenue d’une téléconférence lundi avant une réunion mercredi à Bruxelles.

Ces appels successifs interviennent deux jours après le coup de froid entre le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis et les dix-huit membres de la zone euro, au cours d’une réunion de l’Eurogroupe à Riga en Lettonie qui n’a abouti à aucun accord.

Lors de cette réunion, la zone euro a exprimé « ses inquiétudes sur les progrès limités dans les discussions » entre Athènes et ses créanciers.

Jeudi, en marge du sommet européen à Bruxelles sur l’immigration, Alexis Tsipras s’est entretenu avec Angela Merkel ainsi qu’avec le président français François Hollande, dans l’espoir de faciliter les négociations entre Athènes et ses créanciers qui stagnent depuis deux mois.

« Il ne peut pas ne pas y avoir d’accord. Nous allons tous faire ce qu’il faut pour qu’il y ait un accord », a déclaré dimanche sur la radio française RTL le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, pour qui « la place de la Grèce est dans la zone euro ».

Estimant que le gouvernement grec a « entendu » le message « dur, en tous cas ferme » de l’Eurogroupe, le responsable européen s’est dit confiant dans la capacité des Européens de s’entendre avec la Grèce avant l’expiration fin juin du programme de sauvetage financier prévu pour Athènes.

Les créanciers réclament qu’Athènes procède « à une série de réformes » pour augmenter ses recettes publiques, alors qu’Athènes refuse d’adopter de nouvelles mesures de rigueur.

« Notre devoir est de convaincre nos partenaires que nous oeuvrons pour des réformes profondes et une politique raisonnable de finances publiques; leur devoir est de sortir de leur attachement stérile à la +logique+ des mémorandums qui a échoué », a déclaré Yanis Varoufakis dimanche au journal grec Realnews.

De son côté, le vice-président du gouvernement grec Ioannis Dragasakis a souligné qu’« il était urgent d’agir » et qu’il n’était « de l’intérêt de personne de prolonger l’incertitude » dans un entretien publié dimanche dans Avghi, journal proche du Syriza.

Une croissance plus faible que prévu

La Commission européenne a par ailleurs indiqué qu’elle allait abaisser sa prévision de croissance pour la Grèce, en proie à de nouvelles difficultés, pour cette année, a indiqué son vice-président, Valdis Dombrovskis, dans le quotidien allemand Handelsblatt lundi.
« Notre prévision de printemps pour la Grèce sera plus pessimiste que les 2,5% » de croissance du Produit intérieur brut (PIB) pronostiqués jusqu’ici par Bruxelles, a-t-il affirmé.
Il n’a pas donné d’autres précisions ; la Commission européenne doit publier le 5 mai ses nouvelles prévisions économiques.
Le gouvernement grec, dirigé depuis fin janvier par la gauche radicale du Premier ministre Alexis Tsipras, table sur une croissance de 2,9 % cette année mais l’économie grecque, qui s’était pourtant redressée en milieu d’année dernière, s’est contractée de nouveau fin 2014.
L’inquiétude semble en effet s’être emparée de certains secteurs d’activité en raison des difficultés importantes entre Athènes et ses créanciers qui négocient de nouvelles réformes en échange du versement d’une dernière tranche d’aide financière. La Grèce, frappée par un chômage de masse, a perdu un quart de son PIB au cours de six années d’une profonde récession.

Contexte

Le parti anti-austérité Syriza a remporté une victoire écrasante lors des élections anticipées du 25 janvier dernier en Grèce, mais n'a pas obtenu une majorité absolue au parlement.

Son chef de file, Alexis Tsipras, a affirmé que le « cercle vicieux de l'austérité » était terminé, déclenchant ainsi des réactions variées au sein de l'UE.

Avant une réunion avec l'Eurogroupe ce 26 janvier, Alexis Tsipras a déclaré que la dette publique grecque n'était pas viable et souhaite sa restructuration. Elle correspond à 177 % de leur PIB.

>> Lire : La victoire de Syriza brave l'austérité en Europe