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29/09/2016

Tsipras propose une alliance anti-austérité

Euro & Finances

Tsipras propose une alliance anti-austérité

Sommet des dirigeants socialistes à Paris.

Le gouvernement grec a invité les dirigeants de six pays du sud de l’Europe, dont la France, à forger une alliance anti-austérité.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a invité les dirigeants de six autres États de l’UE à une conférence qui se tiendra à Athènes le 9 septembre, selon la presse grecque. Cette rencontre se concentrera sur les difficultés « communes » auxquelles fait face l’Europe aux niveaux économique, politique et institutionnel, et surtout sur l’austérité, la discipline fiscale et l’immigration.

Des représentants de France, d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Chypre et de Malte devraient être présents. Les discussions se poursuivront ensuite lors d’une visite d’Alexis Tsipras à Rome, où il participera à une rencontre des socialistes européens.

Lors du dernier sommet européen, les 28 et 29 juin derniers, Alexis Tsipras et son homologue italien, Matteo Renzi, ont discuté de la possibilité de mettre en place une « alliance du sud de l’Europe », qui soutiendrait un programme procroissance.

Le président français, François Hollande, et le Premier ministre portugais, Antonio Costa, semblent poursuivre le même but, surtout après le Brexit.

En avril, Alexis Tsipras et Antonio Costa, tous deux élus sur des programmes anti-austérité, ont signé une déclaration commune dénonçant les politiques européennes. « Les économies restent déprimées et les sociétés divisées à cause des politiques d’austérité », ont assuré les deux dirigeants, qui ont également critiqué la politique d’immigration de l’UE.

>> Lire : L’austérité a fragilisé de nombreux droits fondamentaux en UE

Mêmes problèmes, même avenir ?

Athènes cherche à instaurer une coopération plus étroite entre les États du sud du continent. Selon les médias grecs, l’objectif du Premier ministre serait d’adoucir les mesures d’austérité et d’introduire plus de flexibilité dans les règles sur l’excédent budgétaire s’appliquant au troisième plan de sauvetage du pays.

Lors d’une visite récente à Athènes, Pierre Moscovici, le commissaire aux affaires économiques, a conseillé au gouvernement grec de ne pas ouvrir la discussion sur l’excédent budgétaire, mais de se concentrer sur l’application de ses engagements en matière budgétaire.

« Il est temps que la Grèce tourne la page et cesser de professer le micromanagement de la crise », a-t-il soutenu. La deuxième évaluation du programme de sauvetage aura lieu en septembre, et se penchera notamment sur le marché du travail. Les négociations s’annoncent d’ores et déjà tendues.

>> Lire : Athènes adopte de nouvelles mesures d’austérité avant l’Eurogroupe

Seuls face aux réfugiés

Par ailleurs, Athènes et Rome sont également déçues de l’attitude de leurs partenaires du nord de l’Europe face à la crise des réfugiés. En septembre 2015, les dirigeants européens avaient promis de relocaliser 160 000 personnes d’ici septembre 2017. À ce jour, seules 3 056 personnes (2 213 de Grèce et 843 d’Italie) ont été relocalisées.

>> Lire : La France va accueillir plus de réfugiés en provenance de Grèce

Le gouvernement socialiste français est pour sa part aux prises avec un Front national toujours plus populaire et une Marine Le Pen dont les rhétoriques anti-Europe trouvent des oreilles complaisantes.

Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe, a récemment critiqué la « tolérance fiscale » de Jean-Claude Juncker vis-à-vis de la France, qui, selon lui, nuit à la crédibilité de la Commission.

L’Italie est confrontée à une crise bancaire sans précédent et la pression monte pour Matteo Renzi après la victoire du groupe de droite du Mouvement 5 étoiles aux élections locales.

De son côté, la Commission pousse Portugal et l’Espagne à réduire leurs déficits, toujours au-delà du plafond de 3 % du PIB, et les deux pays ont promis de mettre en place davantage de mesures d’austérité pour éviter des sanctions.

>> Lire  : L’Espagne et le Portugal tentent d’éviter les sanctions de Bruxelles

Engagement du Conseil

Gilles Pargneaux, eurodéputé français du S&D, estime que « le Brexit nous force à revoir notre manière de faire en Europe ».

« Des pays comme la France, l’Italie, la Grèce, l’Espagne et le Portugal sont confrontés à des défis similaires : l’immigration, la sécurité, un voisinage instable,… Des questions qui justifient une coopération renforcée », explique-t-il à EurActiv, ajoutant que des alliances fortes entre dirigeants progressistes dans ces pays doivent être nouées.

Il trouve donc que des actions doivent être mises en place au niveau du Conseil européen. « La relation [franco-allemande] est essentielle, mais il faut aussi assumer les contradictions qui existent », conclut l’eurodéputé.

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