Standard & Poor’s voit d’un mauvais oeil le soutien de l’UE à la Grèce

L’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) envisage d’abaisser la note de solvabilité financière de l’Union européenne, en raison notamment du soutien apporté à la Grèce, pays à haut risque.

S&P a abaissé la perspective de la note à long terme de l’Union de « stable » à « négative », selon un communiqué publié lundi.

Cette décision suggère que l’agence de notation américaine pourrait dégrader cette note, actuellement à AA+, d’ici les deux prochaines années.

S&P justifie sa position par la crise grecque, et notamment les engagements pris par l’UE pour éviter à Athènes une déconfiture aux conséquences potentiellement dommageables pour la zone euro.

« Le fait que l’Union européenne puise de manière répétée dans ses fonds pour aider des États membres financièrement à haut risque sans que ceux-ci n’aient d’apport » est une des raisons de cette décision, justifie S&P.

Sans le dire clairement, l’agence américaine laisse entendre que la Grèce ne pourrait pas honorer ses dettes vis-à-vis de l’UE.

S&P dit en outre être convaincue que l’UE va prêter pour la première fois à perte dans le cadre du Plan Juncker de relance économique présenté fin 2014.

Ce plan, du nom de président de la Commission européenne, est destiné à mobiliser 315 milliards d’euros d’investissements en trois ans.

S&P s’inquiète également lundi de voir le Royaume-Uni sortir de l’Union européenne suite au référendum annoncé pour 2016. Or Londres est avec l’Allemagne et la France l’un des plus gros contributeurs au budget de l’UE, soit environ 70 % à eux trois.

Tous ces facteurs font dire à S&P qu’il y a plus d’une chance sur trois de voir la note de l’UE dégradée dans les deux ans à venir.