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24/01/2017

Tsipras dénonce «les solutions déraisonnables» du FMI et de l’UE

Euro & Finances

Tsipras dénonce «les solutions déraisonnables» du FMI et de l’UE

Alexis Tsipras ey Angela Merkel à Berlin, le 23 mars dernier.

[Shutterstock]

Le premier ministre grec s’en est pris aux créanciers de son pays qui « insistent sur des solutions déraisonnables » tout en s’engageant à faire une série de réformes, dans une tribune publiée dans Le Monde.

Le Premier ministre grec a déploré le fait que « certains fuitent dans la presse que son gouvernement était intransigeant et qu’il n’est pas prêt à un accord avec les créanciers [UE et FMI] » sur l’avenir financier du pays.

« Ce n’est pas à cause de notre intransigeance ni à cause des positions incompréhensibles du côté grec. Cela serait plutôt à cause de l’obsession de certains représentants institutionnels qui insistent sur des solutions déraisonnables », écrit Alexis Tsipras.

Selon le Premier ministre, la conclusion d’un accord « permettra de mettre un terme à l’incertitude politique et économique ressentie au niveau européen et mondial, qui se prolonge à cause de la question grecque » et mettre fin aux scénarios sur le « Grexit » (sortie de la Grèce de la zone euro).

Malgré certains progrès enregistrés dans les négociations entre Athènes et ses créanciers, ces derniers ont indiqué qu’il faudra encore du temps pour conclure un accord.

Athènes toujours prête à des réformes

Alexis Tsipras s’est dit prêt à adopter une série de réformes visant à l’assainissement des finances publiques grecques.

>> Lire : Athènes en quête d’un nouveau prêt

« En vertu de nos propositions, nous nous engageons notamment à réaliser des excédents primaires moins élevés pour 2015 et 2016 et plus élevés pour les années suivantes étant donné que nous attendons une augmentation correspondante des taux de croissance de l’économie grecque », explique-t-il dans le Monde.

Avec les créanciers, « nous sommes également tombés d’accord pour réaliser une grande réforme de la TVA […] mettre en œuvre une grande réforme du système de sécurité sociale avec l’unification des caisses d’assurance sociale, la suppression de dispositions autorisant à tort l’octroi de retraites anticipées, en augmentant de cette façon l’âge réel de la retraite », ajoute-t-il.

Le Premier ministre affirme que la Grèce a fait « des concessions » et que la solution se trouvait à présent « entre les mains des leaders de l’Europe ».

>> Lire : La Grèce s’engage à accélérer les réformes à l’issue du mini-sommet

Un accord avec les créanciers, « la seule voie »

Trouver un accord avec les créanciers, UE et FMI, est la « seule voie » pour la Grèce, a affirmé le ministre grec de l’Économie, Giorgios Stathakis, dans un entretien paru dimanche au journal Realnews.

« La conclusion d’un accord est la seule voie, il n’y a pas d’autre possibilité », a indiqué le ministre. « Dans le cas contraire, surtout la Grèce mais aussi l’Union européenne vont entrer en territoire inconnu », a-t-il prévenu.

Les négociations entre le gouvernement grec de gauche radicale et ses créanciers pour débloquer la dernière tranche des prêts UE-FMI au pays, soit environ 7 milliards d’euros, durent depuis plusieurs mois.

Ces derniers jours les deux parties ont indiqué que des progrès avaient été enregistrés malgré des divergences.

« Nous souhaitons conclure l’accord pour nous assurer des sommes nécessaires, qui nous permettront de remplir nos obligations à la fois à l’intérieur du pays et à l’étranger », a souligné Giorgios Stathakis.

Remboursement au FMI

Le ministre a affirmé que le pays allait honorer ses dettes vis-à-vis de ses créanciers et verser le 5 juin la tranche des prêts de 300 millions euros au FMI.

Le Premier ministre Alexis Tsipras s’est entretenu jeudi au téléphone avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande, qui se sont rencontrés lundi 1 juin à Berlin avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, pour discuter du renforcement de la zone euro mais le sujet de la Grèce est également à l’ordre du jour, selon des médias grecs.

>> Lire : Le FMI se montre conciliant sur la crise grecque

Juncker répète son opposition à une sortie de l’euro

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a répété son opposition à une sortie de la Grèce de la zone euro, estimant que cela ferait fuir les investisseurs, dans un entretien avec le Süddeutsche Zeitung de lundi.

« Je ne partage pas l’idée selon laquelle nous aurons moins de problèmes et de contraintes si la Grèce abandonnait l’euro », a déclaré Jean-Claude Juncker avant sa rencontre lundi soir à Berlin avec la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande.

Bien que la dette grecque ne soit pas la raison officielle de ce mini-sommet, le patron de l’exécutif européen serait « très étonné » qu’elle ne soit pas au cœur des discussions. Les participants à cette réunion doivent d’ailleurs s’entretenir ce dimanche soir au téléphone avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, a-t-il précisé.

Très actif ces dernières semaines pour faire baisser les tensions entre le nouveau gouvernement grec de gauche radicale et ses partenaires européens, M. Juncker dit redouter qu’une éventuelle sortie de la Grèce de la devise européenne n’ancre dans les esprits « l’idée que l’euro n’est pas irréversible ».

>> Lire : Juncker : les Anglo-Saxons feront tout pour faire éclater la zone euro en cas de Grexit

Confiance

Au cours de sa récente visite au Japon, le Premier ministre Shinzo Abe lui a parlé de la crise grecque avec insistance et lui a fait comprendre que les investissements de son pays en Europe « dépendaient de la confiance » qu’inspire la monnaie unique à l’étranger, a poursuivi M. Juncker.

Athènes et ses partenaires européens, en particulier l’Allemagne, se sont employés depuis le sommet européen des 19 et 20 mars à renouer le dialogue, après des semaines de bras de fer ayant fait resurgir la menace d’une sortie de la Grèce de la zone euro.

Toutefois, sur le fond, les créanciers de ce pays, au premier rang desquels l’Allemagne, attendent toujours des engagements sur des réformes concrètes pour débloquer la dernière tranche, de quelque 7,2 milliards d’euros, des 240 milliards d’euros de prêts qui lui ont été consentis depuis 2010.

>> Lire aussi : La stratégie du « containment », ou l’échec de l’Europe