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28/09/2016

Un Allemand sur deux en faveur du « Grexit »

Euro & Finances

Un Allemand sur deux en faveur du « Grexit »

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[Panoramas/Flickr]

Une enquête révèle que 48 % des Allemands sont en faveur de la sortie de la Grèce de la zone euro, dont une majorité est issu du parti eurosceptique Alternative pour l’Allemagne (AfD). Un article d’EurActiv Allemagne 

Les Allemands sont divisés sur l’avenir européen de la Grèce. Selon une enquête, ils sont 48%  à être favorable à une sortie de la Grèce de la zone euro.  Par ailleurs, 29 % des personnes interrogées veulent que la Grèce conserve l’euro et 23 % se montrent indécis. 

L’étude, réalisée en fonction de l’affiliation des répondants à un parti politique, indique que la plupart des défenseurs d’un Grexit sont membres de l’AfD, le parti eurosceptique Alternative  pour l’Allemagne. En effet, 82 % des sympathisants de l’AfD sont en faveur d’un Grexit.

Ce résultat est de 47 % parmi les électeurs de centre-droit et de 43 % chez les sociaux-démocrates. La plupart des membres du parti écologiste (47 %), du parti de gauche (41 %) et du parti libéral FDP (40 %) veulent que la Grèce reste dans la zone euro.

Concernant la renégociation de la dette, actuellement débattue, 44 % des Allemands espèrent qu’elle aura lieu. La plupart des partis politiques sont d’accord à ce sujet : 42 % des sociaux-démocrates, 48 % des libéraux FDP, 54 % des Verts et 58 % des électeurs du parti de gauche prédisent une annulation de la dette.

Seule une majorité d’électeurs de centre-droit ne pense pas que la dette sera renégociée. Dans ce groupe, ils sont 40 % à penser que l’annulation de la dette n’aura pas lieu et 45 % président le contraire.

>> Lire : Le débat sur la Grèce et la zone euro s’anime en Allemagne

Lars Feld, expert en affaires économiques, a mis la Grèce en garde contre une sortie de la zone euro. « Le gouvernement grec continue à jouer les lâches et ne parvient pas à reconnaître qu’il est temps de se montrer coopératif », a déclaré Lars Feld au journal Handelsblatt.

« Un Grexit comme dommage collatéral de cette politique serait avant tout dangereux pour la Grèce », a-t-il insisté. La zone euro, quant à elle, serait capable de faire face à un tel scénario, a-t-il rappelé.

« Sans un programme [de réformes], ce serait très difficile pour la Grèce », a déclaré le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble à Istanbul lors du G20 des ministres des Finances.

Si Athènes veut que ses partenaires européens acceptent de renégocier sa dette, alors « nous avons besoin d’un programme ». Dans le cas contraire, je ne sais pas comment le pays veut faire face à cette situation, a-t-il ajouté. « Je ne comprends pas comment le gouvernement grec espère s’en sortir », a commenté le ministre des Finances, rappelant au passage qu’il était prêt à apporter son aide, mais que « si mon aide n’est pas désirée, ce n’est pas un problème ».

« Le temps presse pour la Grèce et l’Europe », a expliqué Udo Bullman, président du parti social-démocrate (SPD) aux eurodéputés le 10 février.

« Bien sûr, les dettes doivent être maintenues, mais le respect dogmatique de la politique anti-crise n’a visiblement pas été d’un grand secours. Aucun partenaire de négociation ne peut vouloir continuer comme cela. Ni l’UE ni le gouvernement grec ne devraient souhaiter un Grexit », a déclaré Udo Bullman.

>> Lire : À Athènes, les avis sont divisés sur le « Grexit »

Steffen Kampeter, secrétaire d’État aux finances a mis l’accent sur la position allemande : la Grèce ne peut pas mettre fin à un contrat de manière unilatérale. Nous n’excluons pas les négociations, mais la Grèce doit agir, a-t-il insisté sur la chaîne de télévision ARD.

Le secrétaire d’État aux finances a clairement exposé sa position. « Ce n’est pas à l’Europe de dire ce qui devrait être fait, les Grecs doivent reconsidérer leur position », a-t-il dit, ajoutant qu’il espérait voir un signal dans cette direction le 11 février.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a appelé la Grèce à présenter un plan d’action clair pour résoudre la crise liée à sa dette.

Les ministres des Finances de la zone euro se sont rencontré  le 11 février à Bruxelles pour une réunion extraordinaire afin de trouver un accord sur la question de la dette grecque. L’Eurogroupe s’est finalement séparé sans avoir trouver de position commune, et se réuniera de nouveau le 16 février dans l’espoir de trouver un accord. 

Contexte

Le parti anti-austérité Syriza a remporté une victoire écrasante lors des élections anticipées du 25 janvier dernier en Grèce, mais il n'a pas obtenu une majorité absolue au parlement.

Son chef de file, Alexis Tsipras, a affirmé que le « cercle vicieux de l'austérité » était terminé, déclenchant ainsi des réactions variées au sein de l'UE.

Avant une réunion avec l'Eurogroupe ce 26 janvier, Alexis Tsipras a déclaré que la dette publique grecque n'était pas viable et souhaite sa restructuration. Elle correspond à 177 % de leur PIB.

Du 2 au 6 février, le nouveau gouvernement grec s'est lancé dans un tour d'Europe, dans l'optique de négocier des conditions plus favorables pour le remboursement de la dette contractée auprès de l'UE et du FMI.

>> Lire : Jean-Claude Juncker rejette l’idée de supprimer la dette grecque