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28/08/2016

Une pétition impose un débat sur la sortie de l’euro en Finlande

Euro & Finances

Une pétition impose un débat sur la sortie de l’euro en Finlande

Helsinki contrainte de débattre d'une sortie de l'euro.

[Mariano Mantel/Flickr]

Une pétition signée en Finlande par plus de 50 000 citoyens, et déposée jeudi devant le parlement, va forcer les députés à débattre de l’éventualité d’un référendum pour que le pays abandonne l’euro.

Si un retour au mark finlandais, le markka, semble complètement improbable, l’initiative a dépassé le seuil exigé pour être mis à l’ordre du jour au parlement et illustre l’euroscepticisme ambiant.

Elle a été lancée par le député européen Paavo Väyrynen, 69 ans, huit fois ministre, qui agit en franc-tireur dans cette affaire. Il n’est soutenu par aucun parti, ni le sien, le Centre du Premier ministre Juha Sipilä, ni même le parti eurosceptique des Vrais Finlandais, membres de la coalition au pouvoir.

Une sortie de la zone euro « populaire »

« Au sein de la population, une sortie de la zone euro serait très populaire », a toutefois assuré Paavo Väyrynen lors d’une conférence de presse à Helsinki. Et cette popularité va croissant : selon le dernier sondage sur la question, en décembre, 31 % des Finlandais se déclarent pour, alors qu’ils n’étaient que 19 % en 2011.

Les divers référendums tenus sur l’Union européenne dans d’autres pays membres ces dernières années ont vu la montée de l’hostilité à l’intégration européenne. Les Britanniques doivent voter le 23 juin sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE, et un Brexit est une hypothèse tout à fait envisageable.

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En Finlande, l’hostilité d’une partie de l’opinion publique à l’euro peut s’expliquer par la crise économique que traverse le pays depuis quatre ans, alimentée par sa perte de compétitivité.

Les nostalgiques du markka se souviennent comment le pays avait laissé se déprécier sa monnaie lors de la récession du début des années 1990, aidant ses exportateurs à se relancer. Ils pointent aussi vers le voisin suédois, qui a refusé d’adopter l’euro, et qui bénéficie aujourd’hui d’une forte croissance, aidée par le faible niveau de la couronne.

Le gouvernement de droite en Finlande, pro-austérité, essaie depuis son arrivée au pouvoir en mai d’appliquer les recettes de la dévaluation interne (rigueur salariale et budgétaire), sans grand succès jusqu’ici.

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