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30/09/2016

Varoufakis appelle les Espagnols à dire non à Bruxelles

Euro & Finances

Varoufakis appelle les Espagnols à dire non à Bruxelles

Yanis Varoufakis

[Marc Lozano/Flickr]

L’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a appelé dimanche (21 février) les futurs dirigeants de l’Espagne à défier l’Union européenne et à dire non à l’austérité, dans un discours devant plusieurs centaines de personnes à Madrid.

L’ancien ministre grec s’exprimait dans le cadre du forum « Plan B » réunissant militants, associations et hommes politiques de gauche et d’extrême gauche venus notamment d’Espagne, de France, de Grande-Bretagne pour dire leur opposition à l’austérité dans l’Union européenne.

>> Lire : Varoufakis s’apprête à lancer un « plan B » pour l’Europe

« Il y a un peu plus d’un an… la Troïka a tenté de convaincre le peuple grec que le programme d’austérité de l’Espagne était une success-story », a déclaré M. Varoufakis, faisant référence à la Commission européenne, au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque centrale européenne (BCE).

« Vous ne devez pas avaler ce mensonge », a-t-il dit, évoquant les élections de janvier 2015 qui ont porté le parti de la gauche radicale grecque Syriza au pouvoir en Grèce.

« En décembre, on a dit au peuple espagnol ‘si vous faites comme nous l’avons fait (en Grèce), vous serez écrasés’… le peuple espagnol ne doit pas avaler ce mensonge », a-t-il martelé qualifiant de « cruciale » la conjoncture en Espagne.

Le chef du Parti socialiste espagnol Pedro Sanchez, qui a obtenu 90 sièges sur 350 aux élections législatives du 20 décembre 2015, a été chargé par le roi de former un gouvernement après que le Premier ministre conservateur sortant Mariano Rajoy a renoncé, faute d’alliés.

>> Lire : Jeu d’échecs pour la formation d’un gouvernement en Espagne

Sanchez tente actuellement de s’assurer le soutien d’autres formations ayant remporté des sièges au parlement, dont Podemos, le parti anti-austérité ami de Syriza. Le nouveau gouvernement devra obtenir l’investiture des députés début mars.

« Peu importe qui est au gouvernement, ce qui compte c’est que le prochain gouvernement respecte les demandes du peuple espagnol réclamant des changements, qu’il aille à Bruxelles et dise “no pasarán” “, a asséné M. Varoufakis.

L’ancien ministre grec des Finances a lancé début février, sept mois après sa démission du gouvernement d’Alexis Tsipras, un mouvement paneuropéen baptisé DIEM 25 pour plus de démocratie et de transparence dans une Europe qui, selon lui, risque de se désintégrer sur fond de crise des réfugiés. Il a appelé les « radicaux, libéraux, socialistes, et verts » à le rejoindre.

Le forum « Plan B » de Madrid succède à un rassemblement similaire qui s’est déroulé à Paris en janvier.