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27/07/2016

Varoufakis dénonce le refus de l’aide de la Chine à la Grèce

Euro & Finances

Varoufakis dénonce le refus de l’aide de la Chine à la Grèce

L’été dernier, au comble de la crise qui opposait la Grèce et ses créanciers, Athènes a obtenu un accord de financement de la Chine, une solution qui a pourtant disparu après un coup de fil de Berlin à Pékin, révèle Yanis Varoufakis. Un article d’EurActiv Grèce.

Dans une interview avec Skai TV le 19 janvier, l’ancien ministre des Finances grec a admis qu’Athènes avait un « plan X », au cas où le pays ne trouvait pas d’accord avec ses créanciers internationaux et avec le ministre allemand Wolfgang Schäuble, qui souhaitait un Grexit.

Yanis Varoufakis a révélé qu’à l’époque une équipe de six personnes essayaient de trouver des moyens permettant au pays de continuer de se fournir en médicaments, essence et nourriture en cas de Grexit.

Yanis Varoufakis a souligné avoir conseillé au Premier ministre, Alexis Tsipras, de faire défaut de la dette nationale de 27 milliards d’euros auprès de la BCE, dès l’annonce du référendum.

« Pour moi, si nous avions appliqué ce que nous, l’équipe de négociations, avions décidé et que nous avions annoncé que nous allions restructurer ces obligations et mettre en place un système de paiement parallèle, la discussion que nous attendions entre [le président de la BCE] Mario Draghi, et Angela Merkel aurait eu lieu » dans les jours suivants, explique-t-il.

« Le Premier ministre y a soigneusement réfléchi », poursuit-il. « Je l’ai vu s’interroger puis il a fini par décider de suivre les recommandations du [vice-Premier ministre, Yannis] Dragasakis plutôt que les miennes. »

Connexion chinoise

Yanis Varoufakis explique également qu’il était opposé à l’idée de recevoir des financements de la Russie, mais qu’un accord sur l’investissement et les obligations grecques avait été passé avec la Chine. « Cet accord a été rejeté à cause d’un appel de Berlin », assure-t-il.

En ce qui concerne les jours fatidiques du référendum, l’ancien ministre des Finances indique que la décision d’organiser un vote a été prise par le Premier ministre après que les négociations avec Bruxelles se soient grippées à la fin du mois de juin.

Lors de ce référendum, qui s’est déroulé le 5 juin 2015, 61 % des Grecs se sont opposés aux conditions du programme de renflouement imposées par la Commission européenne, le FMI et la Banque centrale européenne.

 >> Lire : Le « non » grec au référendum ébranle l’Europe

Yanis Varoufakis explique qu’il était sceptique, parce qu’il pressentait déjà que même en cas de victoire du « non », Athènes finirait peut-être par accepter les conditions de ces créanciers.

L’ancien ministre indique franchement que sa participation au gouvernement a cessé le soir du référendum, quand Alexis Tsipras a décidé de faire marche-arrière et d’accepter les propositions des institutions.

Selon Mario Monti, l’ancien Premier ministre italien, Alexis Tsipras a enfreint les principes démocratiques en ne respectant pas le « Non » du peuple grec.

 >> Lire : Mario Monti dénonce le gros déficit démocratique de la gestion de la crise grecque

« Nombre d’entre nous ont salué la décision d’Alexis Tsipras de se tourner directement vers le peuple avec ce référendum. Le « non » a remporté une grande majorité des voix. Il a ensuite décidé de ne pas tenir compte du résultat du référendum et d’accepter un accord très lourd pour les Grecs. Je pense que cette décision était sage et a été prise dans l’intérêt du peuple grec, mais elle était tout à fait non-démocratique », a-t-il récemment déclaré.

Réactions

« Nous attendons avec impatience la réponse du Premier ministre », a indiqué Giorgos Koumoutsakos, porte-parole du parti grec de centre-droit Nouvelle démocratie après les déclarations de Yanis Varoufakis.

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